Le PA MAS G1 S 1/2

Nous avons détaillé dans un précédent article le pistolet Walther P38/P1 (voir l’article ici). Il y est écrit qu’il est dommage de ne pas avoir eu de croisement entre deux armes : le Walther P38/P1 et le Browning GP 35. Cela aurait pu donner plusieurs choses mais notamment un P38 de grande capacité.

Et bien, ce croisement a eu lieu. Plusieurs décennies après l’adoption du P38, une troisième grande marque européenne a repris le principe de verrouillage, la double action du P38 et le principe de la grande capacité du GP35. Le tout réuni dans un héritage esthétique propre à ce troisième constructeur.

Ce troisième pistolet : le Beretta 92 est un dérivé du mle 1951. L’objet de cet article est d’étudier  un des dérivés. Il s’agit du pistolet MAS G1 S qui est un descendant, fabriqué par Giat industries, du Beretta 92 FS .

Bon nombre de fonctionnalités du Walther P38/P1 figure sur le MAS G1 S. Ce qui permet de dire que le P38 avait atteint très tôt (par rapport à ses concurrents) une certaine quintessence du pistolet automatique “moderne” et qu’il est, dans le schéma directeur des avancés techniques du pistolet automatique, un précurseur.

Une arme étant une somme de fonctionnalités habillée par l’esthétique historique du constructeur, je vous propose à travers plusieurs articles, une présentation du MAS G1 S à travers ses fonctionnalités, vous pourrez les comparer à celles du P38/P1 ou autres armes de même type.

L’arme et ses accessoires.

Caractéristiques de l’arme :

  • La longueur de l’arme : 217 mm ;
  • L’épaisseur de l’arme :
  • Le poids de l’arme (avec chargeur vide) : 975 grammes ;
  • Le calibre : 9 x 19 ;
  • La capacité du chargeur : 15 cartouches.

Les fonctionnalités du PA MAS G1S

La percussion

Le pièces maitresses du système de percussion.

Le système de percussion se décompose comme suit :

  • Le percuteur ;
  • Le ressort de percuteur ;
  • Le poussoir de percuteur ;
  • Le marteau ;
  • Le guide du ressort de percussion ;
  • Le ressort de percussion ;
  • La butée du ressort de percussion.

Le percuteur est en acier, il est parfaitement usiné. Le percuteur que nous avons sous les yeux est marqué : 03-89PB. Il s’agit d’une pièce fabriquée par Beretta. Il est obtenu dans un cylindre de 6 mm, sa longueur est de : 48,55 mm. Cette pièce n’est pas toute neuve (près de 30 ans) et pourtant elle n’est pas excessivement marquée par les coups du marteau. C’est l’extracteur qui maintien le percuteur en place. Pour le démonter, il faut extraire l’axe de l’extracteur puis l’extracteur.

Le ressort de percuteur est classique, il se positionne à l’avant du percuteur et le repousse en arrière. Le diamètre du ressort est : 5,6 mm. Le diamètre du fil : 0,5 mm. La longueur du ressort : 18,5 mm.

Le ressort de percuteur.

Le poussoir de percuteur est une petite pièce en acier qui prend place entre le percuteur et le marteau. L’ajout de cette pièce donne un degré de sécurité plus important que sur le P38/P1. Elle permet une vrai séparation entre le marteau et le percuteur. On verra cela plus loin au chapitre sur le levier de désarmement.

Le marteau est en acier. Il est recouvert d’une peinture. Celle-ci est très résistante mais est partie à divers endroit notamment au niveau de la percussion et des crans d’armé simple et double action. Il ne porte pas de trace de micro-fusion. Cette pièce est dotée de divers cran. Il en existe 3 : un cran de sécurité , un cran d’armé simple action, un cran d’armé double action.

Le guide du ressort de percussion est en acier estampée. L’épaisseur de la pièce est de 2,6 mm. La partie haute du guide se loge à la base du marteau.

Le ressort de percuteur est plus dur que celui du P38/P1. Le diamètre extérieur est : 6,5 mm. L’épaisseur du fil est de 1,1 mm. La longueur du ressort : 64,5 mm.

L’anneau de dragonne et la butée du ressort de percussion se confondent. La pièce existe en plusieurs matières. Il y en a en aluminium, en acier, en plastique. il est ambidextre et est placé sous la poignée pistolet dans l’axe de l”arme. Ici, il s’agit d’une pièce en aluminium.

La détente

Les pièces constituant le mécanisme de détente.

Elle comprend les pièces suivantes :

  • La queue de détente ;
  • L’axe de la queue de détente ;
  • Le ressort de la queue de détente ;
  • La barrette séparatrice ;
  • Le ressort de barrette séparatrice ;
  • La gâchette ;
  • L’axe de gâchette ;
  • Le ressort de gâchette.

La queue de détente est en acier. Elle provient probablement de barres étirées, découpées puis usinées. Une peinture noire recouvre la pièce.

La queue de détente.

Contrairement au P38/P1, le ressort de queue de détente n’est pas captif de la queue de détente. Ce qui est moins pratique au remontage sans être pour autant insurmontable.

La gâchette est une pièce massive en acier. Elle ne porte pas de trace de micro-fusion. Elle possède une petite excroissance qui est la surface d’appui de son ressort. Trois surfaces sont importantes sur cette pièce : le bec de désarmement (la portée du levier d’abattu de marteau), la tête de gâchette (le cran d’armé simple action),  le talon de gâchette (portée de la barrette lors de tir en double action).

Le ressort de gâchette est un fil d’acier. le diamètre du fil est : 1 mm.

La barrette séparatrice est en acier. Elle ne porte pas de trace de micro-fusion mais de fines traces d’usinages. Une peinture noire recouvre aussi cette pièce.

Le ressort de barrette maintien la barrette en position haute. Il est obtenu dans un fil de : 0,5 mm.

Croquis de la barrette séparatrice.

La sécurité de percuteur

Les pièces de la sécurité de percuteur.

La sécurité de percuteur inclue les pièces suivantes :

  • La sécurité du percuteur ;
  • Le ressort de la sécurité de percuteur ;
  • La goupille de sécurité de percuteur ;
  • Le levier de sécurité de percuteur ;
  • L’axe de la sécurité de percuteur ;
  • La barrette séparatrice ;
  • La queue de détente.

La sécurité de percuteur est une fonction obligée sur une arme moderne. Elle bride le percuteur dans certaines conditions et le laisse libre dans d’autres. Elle s’efface lorsque le tireur appui sur la queue de détente, laissant libre le percuteur d’être projeté en  avant.

De façon plus précise, c’est la barrette séparatrice qui agit sur le levier de sécurité de percuteur. En pivotant autour de son axe, une des branche de ce levier lève la sécurité de percuteur ce qui libère le percuteur de toute entrave. Cette dernière reviendra en place sous l’action de son ressort. C’est le schéma type, on le verra sur bon nombre de pistolet.

Il est à noter que la barrette séparatrice possède une échancrure. Sachant que les constructeurs ne font pas d’usinages inutiles, à quoi sert elle ? Lorsque la barrette séparatrice est en position basse (c’est à dire que lorsque la culasse n’est pas verrouillée), l’échancrure est en face du levier de sécurité de percuteur. Donc même non fermée, il ne peut y avoir percussion. Ce dispositif s’additionne à d’autres.

Vue en coupe du mécanisme de sécurité de percuteur.

Au grand étonnement de certaines personnes qui, après s’être faites surprendre par un départ de coup, tente de se dédouaner en invoquant le fait que le coup est parti tout seul, que le marteau s’est abattu sur le percuteur tout seul et que le coup est parti. C’est impossible…à cause de la sécurité de percuteur…entre autre.

Le levier de désarmement

Les pièces du levier de désarmement.

La sécurité de percuteur inclue les pièces suivantes :

  • Le levier gauche de désarmement ;
  • Le levier droit de désarmement ;
  • Les ressort de rappel du levier ;
  • Les poussoirs des ressort de rappel ;
  • Le poussoir de percuteur ;
  • La gâchette

Le MAS G1 S est différent de son grand frère Beretta ou du P38/P1 par son levier de désarmement. Sur le PA MAS G1 S, ce n’est pas une sûreté manuelle qui désarme le marteau et qui reste en position sûreté mais un levier qui désarme le marteau et reprend sa position initiale de lui même.

La position des pièces avant de manœuvrer le levier de désarmement.

Le levier est ambidextre. Il est possible de l’actionner à droite ou à gauche de la culasse.

La position des pièces après avoir appuyé sur le levier de désarmement.

Une fois basculé, le levier de désarmement agit sur la gâchette par l’intermédiaire du levier d’abattu de marteau ce qui libère le marteau. Bien que le marteau soit libéré, il ne vient pas frapper le percuteur et il n’y a pas percussion. En effet, le poussoir de percuteur s’escamote, il pivote en même temps que le levier de désarmement.

Le marteau frappe en fait le corps de la culasse et non le poussoir de percuteur donc le mouvement n’est pas transmis au percuteur.

Lorsque le tireur relâche sa pression sur le levier de désarmement, ce dernier reprend sa place en position haute sous l’effet de deux ressorts de rappel.

Au démontage, une des difficultés est d’extraire et de remettre en place les deux petites goupilles du coté droit du levier car ses goupilles sont de faible diamètre.

Le levier d’abattu de marteau est la pièce intermédiaire entre la gâchette et la came du levier de désarmement. La pièce est montée sur la carcasse.

L’indication de chargement / l’extraction

L’indicateur de chargement du pistolet P38/P1 a amené une certaine complexité de la culasse. Placer cette pièce sur le dessus de la culasse a obligé le constructeur à des usinages plus nombreux et à l’emploi de pièces plus complexes.

Sur le MAS G1 S, l’indicateur de chargement se confond avec l’extracteur. Si une munition est en chambre, l’avant de l’extracteur ressort de son logement sur 1 ou deux millimètres. L’utilisateur peut alors sentir l’excroissance et donc savoir si une munition est chambré ou non. De la peinture rouge a été apposée à l’extrémité de l’extracteur.

L’éjection

L’éjecteur est en acier. Il est porté par la carcasse et est maintenu en place par 2 goupilles. La goupille avant se chasse de la droite vers la gauche.

Une des deux goupilles est commune avec le levier de sécurité de percuteur et le levier d’abattu du marteau, il s’agit de la goupille avant.

Le ressort récupérateur et sa tige guide

La fonction de récupération est opérée par une tige-guide en acier et un ressort.  le P38/P1 compte deux pièces de chaque.

La tige guide est en deux parties. Elles sont liées ensemble par une goupille.

  • Le diamètre du corps de la tige guide est de : 7,5 mm ;
  • Le diamètre de la tête : 10,6 mm ;
  • La longueur de la tige guide montée est : 91 mm.

Les dimensions du ressort sont :

  • La longueur du ressort : 134 mm ;
  • Le diamètre du ressort : 9,9 mm ;
  • Le diamètre du fil : 1 mm.

L’alimentation

Pour la première fois avec l’adoption du MAS G1S, une arme de poing réglementaire française a une grande capacité : 15 cartouches par chargeur /2 chargeurs par arme donc 30 cartouches…théoriquement car c’est sous la menace terroriste que la dotation par personnel passera à 30 cartouches par agent.

Des fissures sur le corps des chargeurs peuvent apparaitre. Notamment sur la face arrière, au départ des lèvres.

Il existe des contrôleurs pour vérifier l’écartement des lèvres du chargeurs et ainsi tenter de diagnostiquer d’éventuels défauts d’alimentation.

L’arrêtoir de chargeur

Selon l’évolution des membres de la famille allant du modèle 1951 au 92FS, l’arrêtoir de chargeur se trouve à divers endroits : en bas de la poignée pistolet ou à la base du pontet.

Sur le pistolet MAS G1S, il se trouve à la base du pontet, à porté de pouce ou d’index selon les gouts.

Le logement de l’arrêtoir de chargeur

Le bouton poussoir du chargeur est ambidextre. Il peut être démonté et inversé aisément au gré des désirs de l’utilisateur. Pour le démonter, il faut pousser le “dos” du poussoir vers l’intérieur du puit de chargeur.

L’arrêtoir de culasse

Il s’agit d’une pièce de micro-fusion en acier. On peut voir les traces de moulage sur la face interne. Il est placé sur le coté gauche de l’arme, il n’est pas ambidextre.

L’arrêtoir de chargeur est en position basse sous l’action de son ressort. En fin de chargeur, la planchette élévatrice du chargeur fait pivoter vers le haut l’arrêtoir de chargeur, la culasse restera en position arrière.

Le démontage

Le levier de démontage est placé au même niveau que sur le P38/P1, c’est à dire à l’avant du verrou. Dit autrement, le levier de démontage est la butée avant du canon. La carcasse est sa butée arrière. Le levier de démontage est aussi la butée arrière de la tige guide du ressort récupérateur.

Le levier de démontage et son verrou

Contrairement au P38/P1, la culasse ne limite pas les mouvements du levier de démontage. Pour cette raison, il a été ajouté un verrou au levier de démontage. Pour pouvoir faire pivoter le levier de démontage vers le bas, il faut au préalable effacer son verrou. Le levier de démontage est accessible à gauche de l’arme, le verrou l’est sur la face droite.

La visée

Le guidon est usiné sur la culasse. En cas de fort dommage du profil du guidon, il faudrait remplacer la culasse…donc selon le prix de la culasse seule : de changer l’arme. Car parfois, le prix de la culasse est plus élevée que le prix de l’arme.

Les éléments du PA MAS G1 S.

La hausse est en acier, elle est montée sur la culasse par queue d’aronde. Le réglage en dérive est possible mais pour le réglage en hauteur, il faut remplacer la pièce par une plus basse ou une plus haute. Ce qui n’est pas prévu à l’origine pour cette arme.

De la peinture blanche est apposé sur les deux pièces pour aider le servant à prendre sa visée.

La préhension

Le confort est assuré en partie par les plaquettes de crosse. Les plaquettes de crosse du MAS G1S sont en plastique noir.

Chacune est maintenue sur la carcasse par deux vis en acier qui sont vissés dans des inserts acier, sertis sur la carcasse aluminium. Des rondelles étoilées limitent le mouvement des vis de plaquette.

La poignée du PA MAS G1 S est large, elle peut être un handicape pour les personnels ayant de petites mains, les personnels féminin par exemple.

A lire prochainement, le second volet consacré au PA MAS G1S.

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