Un canon fileté pour Glock 17

Le catalogue Glock est bien achalandé, on y trouve toute sorte de déclinaison du pistolet phare. De cet éventail, il est possible d’obtenir, en option, une arme dotée d’un canon fileté.

J’ai eu l’opportunité d’avoir un Glock 17 de ce type entre les mains. Cela m’a donné l’envie de rédiger le présent article et de l’orienter sur le canon fileté uniquement, sur l’option et non sur le produit.

Les informations du site Glock.com

Les photos de ce chapitre sont extraites du site Glock.com.

Pour le calibre 9 mm x 19 mm, le pas du filetage indiqué sur le site internet du constructeur est : M13,5 mm x 1 mm, c’est un pas à gauche.

Les versions G42 et G43, bien qu’en 9 mm également, auraient des dimensions autres, à savoir : M 12 mm x 0,75 mm (0,75 mm est un pas fin pour un diamètre de filetage de 12 mm. A titre de comparaison, les vis de 4 mm de diamètre ont un pas ISO de 0,7 mm)  .

Sur le site internet de la firme Autrichienne, on trouve pour chaque filetage une photo de ce dernier. Je pense que les  graphistes se sont trompés dans la numérotation des photos, entrainant la mauvaise indexation des données. Voici les photos des filetages proposés.

La première photo montre un filetage à droite alors que l’on attend un pas à gauche. Cette photo est sensée être la photo de notre filetage. A quelle photo correspondra le profile de notre canon ?

Le canon physique

Ce chapitre concerne le canon du pistolet “réel”, comparons ce dernier avec les informations du site.

Les caractéristiques prises sur le canon photographié :

  • Calibre : 9 x 19 ;
  • Longueur du canon : 128 mm ;
  • Longueur de canon dépassant de la culasse fermée : 16,8 mm ;
  • Diamètre interne du canon en fond de “rayures” : 9,02 mm ;
  • Diamètre externe du corps du canon : 14,45 mm ;
  • Diamètre du renfort de calage de la culasse (avant du canon) : 14,5 mm ;
  • Diamètre du dégagement de l’outil : 11,45 mm ;
  • Épaisseur des parois au niveau du corps du canon : 2,715 mm ;
  • Épaisseur des parois au niveau du filetage du silencieux (haut de filet) : 1,99 mm ;
  • Épaisseur des parois au niveau du filetage du silencieux (gorge de dégagement de l’outil de filetage) :  1,215 mm ;
  • Filetage du canon : M 13 mm x 1 mm ;
  • Direction du pas : à gauche ;
  • Longueur du filetage  : 10,5 mm ;
  • Distance séparant la face avant de la culasse et la surface d’appui de l’accessoire : 6,3 mm ;

Globalement les valeurs citées ci-dessus suffisent à ceux qui ont un peu de métier pour en déduire diverses informations. Dans le but de donner un maximum de contenu et de faciliter la compréhension de tous les lecteurs, nous détaillerons certaines de ces valeurs.

La longueur du canon est supérieur à la version : Glock 17 standard car le canon dépasse de la culasse. Dans sa version standard (sans filetage silencieux) le canon mesure 114 mm (selon le site internet Glock.com). Le canon fileté mesure lui : 128 mm. Soit une différence de 14 mm entre les deux versions.

Le canon dépasse de 16,8 mm à l’avant de la culasse fermée.

Le profil extérieur du canon a forcément son importance. A l’origine, le canon résiste à la pression interne lors des tirs (c’est un minimum me direz vous ! et c’est normal : il est prévu pour et proposé à la vente par une entreprise sérieuse qui a les reins solides) mais à partir du moment ou l’on réduit de façon conséquente le diamètre externe du canon, on peut se demander si le résultat va résister aux pressions internes et/ou sollicitations externes. Bien que testé avant commercialisation, ce genre d’opération amène forcément certaines faiblesses sachant qu’il n’est pas rare de voir des canons “bagués” ou avec des déformations de bouche dues à des chocs divers.

Le diamètre extérieur de la partie cylindrique du canon n’est pas rigoureusement cylindrique. Une surépaisseur existe en bout de canon (coté bouche). Elle sert, lors du verrouillage, au calage du canon dans la culasse. Voyons de plus près l’épaisseur des parois du canon et tentons de réunir des informations intéressantes. Sachant que le diamètre interne en creux de “rayures” est de : 9,02 mm, quel est l’épaisseur des parois à divers endroit du canon ?

L’épaisseur courante du canon est d’environ : 2,715 mm au rayon.

En haut de filet, l’épaisseur passe à 1,99 mm.

L’épaisseur de parois la plus fine se trouve au niveau de la gorge de dégagement de l’outil de filetage soit : 1,215 mm au rayon.

On voit qu’avec des épaisseurs aussi fines, il serait aisé de déformer la bouche du canon si l’arme ou le canon seul tombait au sol sans bague de protection.

Pour limiter les éventuels dommages, une bague amovible protège le filetage. C’est une bague en acier. Je ne suis pas certain qu’il s’agisse de la pièce d’origine car elle n’est pas concentrique par rapport au canon et le bronzage n’a pas la même couleur.

Le diamètre, le pas du filetage et le sens de rotation relevé sur le canon est : M 13 mm x 1 mm. Il s’agit d’un pas à gauche. Dit autrement pour visser un modérateur de son ou un frein de bouche, il faudra visser l’accessoire dans le sens des aiguilles d’une montre.

La longueur du filetage est : 10,5 mm. Cette distance se compose de plusieurs parties importantes: le filetage, la gorge de dégagement de l’outil, la surface d’appui.

La surface d’appui de l’accessoire sur le canon est très importante. Elle doit être suffisamment étendue pour permettre un serrage de qualité et être perpendiculaire à l’axe du canon afin que la balle en sortant du canon ne vienne pas toucher les parois de l’accessoire (surtout si ce dernier est long).

La taille de la surface d’appui dépend de différents critères comme le diamètre externe du canon, le calibre utilisé, le diamètre et le pas du filetage, la longueur du filetage, les matériaux usités.

Les canons accessoires

Il n’y a pas que Glock qui propose des canons filetés pour ses armes. Sur le web, on accède à des fournisseurs qui vendent des canons seuls. C’est la raison pour laquelle je nomme ces pièces des canons accessoires : ils s’achètent comme des accessoires (selon la réglementation en vigueur).

Il n’est pas possible de débattre de toutes les offres disponibles en ligne, j’en ai juste choisi quelques unes.

Vous pourrez trouver à l’adresse suivante un éventail de canon fileté pour Glock 17. Il s’agit d’un site américain. Voici quelques photos.

On s’aperçoit que les canons proposés pour un Glock 17, n’ont pas le même filetage que le canon d’origine. Ils ont un filetage de : 1/2 x 28 soit un diamètre de 12,7 mm et un pas de 0,90 mm. Outre atlantique, certains manufacturiers utilisent un diamètre plus petit que le diamètre d’origine (de 0,8 mm d’écart) et compense par un pas plus fin soit une différence globale de 0,7 mm au diamètre et 0,35 mm au rayon alors que l’épaisseur de parois est déjà faible. L’offre américaine est adapté à la culture du pays, les filetage sont en pouces.

Conclusion

Le filetage et le profile du filetage du canon physique ne correspondent pas aux informations du site du constructeur. C’est dommage de ne pouvoir compter sur les données d’un constructeur aussi important.

On a vu à travers cet article qu’au moins trois filetages différents existent (M13,5 x 1, M13 x 1, 1/2 x 28) faisant varier la taille de la surface d’appui, l’épaisseur des parois du canon… Il faut vérifier la compatibilité des  filetages de l’accessoire et du canon avant montage pour ne pas risquer d’endommager les pièces et surtout ne pas forcer le montage. Y a t’il d’autres filetages possibles ? Probablement oui, lesquels ?

Avant montage, les filetages et les surfaces d’appui doivent être propres et sans bavures.

Le filetage aurait pu être fait sur un canon standard à la condition de faire entrer le filetage dans la culasse via une extension de l’accessoire, de prendre soin au calage du canon dans la culasse, de ne pas oublier de remettre la bague de protection avant un tir sans accessoire.

Je n’ai pas d’instrument pour mesurer la résistance du métal. C’est une donnée que j’aurais aimé relever car selon le métal employé, les dimensions peuvent évoluées.

La question de la résistance des matériaux après filetage se pose peu ici car il ne s’agit pas d’une opération réalisée par un amateur ayant peu d’expérience et des moyens limités. Cependant la question peut se poser dans certain cas.

J’ai détaillé ici un canon fileté de Glock 17. Les dimensions données sont valables pour un canon d’origine Glock en 9 mm. Cependant ces dimensions peuvent évoluer selon la qualité de l’acier, les tolérances d’usinage, le chargement de la cartouche, le type d’accessoire, la résistance des matériaux  sollicités…

Le présent article est rédigé à titre informatif. Le site gunsmithdesigner décline toute responsabilité dans le cas ou une personne, avec ou sans expérience, tenterait de fileter un canon de tout calibre ce qui pourrait la mener, elle même ou autrui, à un accident.

Les armes ne sont pas des jouets quelques soit le calibre.

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Le pistolet Manufrance Le Français en 6,35 mm

Le Browning 1905 a lancé la mode du pistolet automatique de défense très compacte en 6,35 mm. Une arme, née en 1913/1914, est pour moi une certaine quintessence de ce type de produit. Une quintessence technique car le calibre choisi est un peu léger pour avoir un réel impacte capable de stopper net un assaillant (on ne peut pas tout avoir non plus : une arme très compacte et la puissance de feu d’un avion de chasse !). Cette arme est le pistolet Manufrance Le Français en calibre 6,35 mm.

L’arme qui sera détaillée ici est un modèle 802.

Un autre article disponible sur le site traite de la version en 7,65 mm (lire l’article). La photo ci-dessus montre la différence de volume entre la version en 6,35 mm et 7,65 mm.

Les caractéristiques de l’arme

  • Longueur de l’arme : 133 mm ;
  • Hauteur de l’arme : 84,5 mm ;
  • Épaisseur de l’arme : 23,5 mm ;
  • Le poids de l’arme : 339 grammes ;
  • Le calibre : 25 acp ;
  • Rayure du canon : 6 ;
  • Pas des rayures : 1 tour sur 254 mm (selon les normes CIP) ;
  • Longueur du canon (entrée de chambre à la bouche) : 60 mm ;
  • Capacité du chargeur : 7 coups ;
  • Production de 1913 à 1969.

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La carcasse assemblée

La carcasse assemblée pèse : 224  grammes (avec l’axe de basculage du canon et le canon).

Les éléments de la carcasse

La carcasse nue est en acier. Elle entre dans un bloc capable de dimension : 107,5 mm x 69,7 mm (sans inclure l’éjecteur) x 13,3 mm. La pièce pèse : 115 grammes (avec l’éjecteur).

Là aussi, le logement du ressort récupérateur est placé à l’avant du chargeur. Il a un axe quasi perpendiculaire à l’axe du canon. Le ressort n’est évidemment pas dimensionné comme celui de la version en 7,65 mm.

Un logement, prévu pour chaque bras relais de ressort récupérateur, est aménagé sur la carcasse. Il y en a un de chaque coté.

Il n’y a pas de petits axes qui servent de butée au bras relais, la carcasse couvre cette fonction.

Le logement du canon a une largeur de 5 mm.

Le puit du chargeur sur la carcasse a une section de : 25 mm x 9 mm.

On remarquera que sous les plaquettes de crosse, les flans de la carcasse sont ouvragées. Le pourtour de cet usinage, caché des utilisateurs, n’est pas géométrique. Au contraire les formes sont complexes.

Une fois de plus, on voit ici que le brochage est un  procédé très utilisé pour la réalisation du logement de la détente et du puit de chargeur…entre autre. De nos jours, la carcasse serait une pièce métallique issue de micro-fusion ou une pièce en plastique coulée obtenue par moulage.

La butée de la queue de détente sur la carcasse n’est pas au même endroit que la version en 7,65 mm. Au lieu de se trouver à l’arrière, elle se trouve à l’avant du chargeur.

L’éjecteur est une pièce rapportée. Il n’est pas évident de définir par quel moyen l’éjecteur est tenu sur la carcasse.  Il semble être maintenu en place par deux petits rivets. Il n’y a pas de jeu entre l’éjecteur et la carcasse. L’éjecteur est obtenu dans une tôle de 1,15 mm d’épaisseur. Il dépasse de 4,2 mm de la surface supérieur de la carcasse.

Le canon est monté sur la carcasse par une goupille inamovible sans outils. Le canon mesure :  60 mm de longueur. Le corps du canon a un diamètre de : 12 mm. Soit une épaisseur de parois de : 2,825 mm au minimum (6,35 mm en fond de rayures, selon les dimensions des normes CIP).

Le bourrelet de la cartouche dépasse très légèrement de la face arrière du canon (quelques centièmes de millimètre). Cette côte dépend de l’épaisseur du bourrelet de la cartouche, selon les tolérances de fabrication, la dimension peut évoluer. Le bourrelet vient en butée sur un épaulement interne. La munition de 6,35 est une munition à semi bourrelet.

Deux excroissances existent sous le canon. Une à l’avant sert de pivot au canon, elle a une largeur de 5 mm. La seconde à l’arrière sert à immobiliser le canon verrouillé (en position basse), elle a une largeur de 5 mm également.

La chambre est entourée, sur le dessus, d’un “renfort”. Le diamètre de ce dernier est : 13,6 mm.

Le guidon est taillé dans le canon. Il a une hauteur de 2,3 mm.

La rampe d’alimentation est usinée sur le canon.

L’axe de canon est en acier. Cette pièce n’est pas amovible par le servant sans outillage.  Il n’est pas nécessaire de démonter le canon pour extraire la culasse (contrairement à la version en 7,65 mm). Il faut juste le relever suffisamment. L’axe de rotation a un diamètre de 3 mm pour une longueur de 14 mm. L’axe n’est pas maté par le pied du canon.

La queue de détente est en acier. Le corps de la détente est une tôle pliée. L’épaisseur de la tôle utilisée : 1 mm. La gâchette est une pièce rapportée sur l’arrière de la queue de détente. Les traces de la liaison sont flagrantes pour celui qui a l’œil. Il n’y a pas de “roulette” pour limiter les frottement entre la queue de détente et la carcasse.

Il est à noter sur cette arme, qu’elle ne possède pas de barrette séparatrice. La queue de détente et la gâchette ne font qu’une seule pièce, elles ne peuvent par conséquent pas être séparées.

Le cran de la gâchette a une hauteur de : 0,7 mm (dimension difficile à relever car elle dépend de l’angle que l’on donne à la jauge de profondeur). La largeur de la gâchette est de : 4 mm.

Le ressort de queue de détente et la tige guide de ressort de queue de détente ramène la queue de détente sur sa butée avant et la plaque sur sa surface de guidage. La longueur du ressort dépliée  : 33 mm. Le diamètre externe du ressort est : 4,7 mm. Une des extrémités est évasée, elle mesure 5 mm. Le diamètre du fil est : 0,4 mm. Une petite rondelle vient s’interposer entre le ressort et la gâchette.

Le ressort récupérateur est très dur. Je n’ai pas désolidarisé le ressort de l’ensemble. Monté sur sa pièce support, le ressort n’est pas compressible à la main. Le diamètre extérieur du ressort est 7,8 mm. Le diamètre du fil est d’environ 1,5 mm. Il n’y a pas de grosse différence de diamètre entre le ressort du 6,35 mm et celui du 7,65 mm : 0,6 mm (je ne parle pas de la longueur).

La tige guide du ressort récupérateur est en acier. Elle maintien le tout assemblé. Un trou oblong est usiné dans sa partie basse.

Le support du ressort récupérateur est en acier. Il coulisse dans un logement prévu à cet effet, à l’avant du logement du chargeur, dans la carcasse. Il est usiné de sorte que deux petites oreilles sont présentes de chaque coté. C’est sur celles-ci que viennent reposer les bras relais de ressort récupérateur.

Les bras relais de ressort récupérateur sont en acier, ils sont répartis de chaque coté du chargeur.  Chaque bras a une lettre frappée près de la vis de maintien sur la carcasse : A pour le coté droit , B pour le coté gauche. Ces pièces proviennent d’une tôle de 1 mm d’épaisseur. Les pièces sont matricées afin de leur donner du relief destiné à éviter les frottements sur la carcasse.

Le ressort de clé de démontage a deux usages. Le premier est de maintenir dans son logement la clé de démontage. Le second usage est de la ramener en position d’origine, c’est à dire canon déverrouillé. Contrairement à la version en 7,65 mm, il ne s’agit que d’une seule pièce. Il est produit depuis une tôle de 0,6 mm d’épaisseur.

La clé de démontage est en acier. Elle verrouille le canon en position basse. Le canon reste verrouillé tant que le chargeur est engagé. Une fois que le chargeur est désengagé de son logement de quelques centimètres, la clé de démontage pivote sous l’effet du ressort de clé de démontage et libère le canon. Le levier accessible par le servant est disponible sur le coté droit de la carcasse.

Le pontet est une pièce rapportée en acier. Cette pièce est taillée dans une tôle de 1,6 mm d’épaisseur.

L’arrêtoir de chargeur est en acier, il se trouve en bas de la poignée pistolet. C’est un sous-ensemble composé de 4 pièces : l’arrêtoir de chargeur, l’axe de chargeur, le ressort de d’arrêtoir de chargeur, le poussoir de ressort d’arrêtoir de chargeur.

Les plaquettes de crosse sont en plastique noir. Chaque plaquette est maintenue par une vis. Les fentes des vis sont fines ce qui ajoute à l’élégance générale de l’arme.

La culasse assemblée

Cet ensemble pèse : 87 grammes.

Les éléments de la culasse

La culasse nue est en acier. Le bloc capable de cette pièce est : 95,5 mm x 18 mm x 17 mm. Le poids de la pièce nue est : 73 grammes. Il n’y a pas de grande différence entre le poids de la culasse complète et celui de la culasse nue car il y a peu de pièces d’écart. Manufrance est un des rare fabricant à faire fonctionner un pistolet automatique dont la culasse est composée de 5 pièces.

Le canal de percuteur a un diamètre de : 1,8 mm. La cuvette de tir est polie. (je n’en vois pas l’intérêt).

Le logement du percuteur est une succession de forage de divers diamètres. Un pour le canal de percuteur, un pour le logement du ressort de rebondissement, un pour le logement du ressort de percussion, un pour le logement du bouchon arrière. La profondeur de ces forages ont une importance car de ça dépendent certaines fonctionnalités de l’arme.

On retrouve en dessous de la culasse les rails de guidage de la culasse. Les encoches des bras relais de ressort récupérateur.

Une butée est aménagée à l’avant de la culasse. C’est cette surface qui est en contacte avec la carcasse en fin de course avant. Elle est perpendiculaire au dessous de la culasse. Sur la version en 7,65 mm et certains Beretta la butée est biseautée.

La face arrière de la culasse est aménagée (filetage) pour recevoir le bouchon arrière de la culasse.

Une petite pièce est maintenue sur le dessus de la culasse par une vis. La pièce est un ressort à lame qui empêche le bouchon arrière de se déserrer. Sur le dessus du ressort est taillé le cran de hausse.

Le bouchon arrière est en acier. Ce système permet de démonter rapidement le percuteur et ses ressorts. L’entretien est aisé, il suffit de dévisser le bouchon arrière et l’intégralité des pièces de la culasse peuvent être extraites. Des crans sont taillés tout autour du bouchon.

Le ressort de percussion a une longueur déplié de 30 mm. Le diamètre extérieur est : 7,1 mm. Le diamètre de fil est : 0,7 mm.

La chose importante concernant le ressort de percuteur est que ce dernier arrête sa course avant que le percuteur n’atteigne sa butée. De sorte que le percuteur effectue un “vol libre” jusqu’à l’amorce de la cartouche. La course de ce vol libre est d’environ de : 2,3 mm.

Le percuteur est en acier. La longueur du percuteur est : 51,4 mm. Le diamètre de la pointe du percuteur est : 1,8 mm.

Le percuteur est animé vers l’avant par le ressort de percuteur et repoussé hors de la cuvette de tir par le ressort de rebondissement.

Le ressort de rebondissement du percuteur est utile pour que la pointe du percuteur ne fasse pas saillie en permanence dans la cuvette de tir. La longueur du ressort est : 20 mm. Le diamètre extérieur est : 3,7 mm. Le diamètre de fil est : 0,4 mm.

Le second rôle du ressort de rebondissement du percuteur est de plaquer le percuteur en arrière afin que la gâchette vienne chercher ce dernier toujours au même endroit. La butée arrière du percuteur est le ressort de percussion.

En l’absence de ressort de rebondissement, le percuteur ne peut être saisi par la gâchette car il se trouve trop en avant. Il y a une différence de 2,3 mm entre les deux positions du percuteur, entre butée arrière (avec ressort de rebondissement) et butée avant (sans ressort de rebondissement).

Le principe de détente et de percussion

C’est une partie fondamentale de l’arme  Ce mécanisme est un des parents du mécanisme de percussion et de détente du Glock (et ce bien avant la naissance de ce pistolet emblématique).

La détente :

La gâchette est attelée sur la queue de détente. Lorsque le tireur appui sur la queue de détente, la gâchette recule. Après environ 1 mm de course arrière, la gâchette entre en contacte avec le percuteur. Le tireur continu son action sur la queue de détente, le percuteur est poussé en arrière par la gâchette. Passée une certaine course, la partie arrière de la queue de détente sur laquelle est attelée la gâchette est forcée de s’abaisser. C’est la carcasse qui commande la hauteur de la gâchette. Il en résulte que le percuteur est relâché par la gâchette. Il y a percussion.

Sur la version 6,35 mm, la course de détente est progressive, on n’a pas le sentiment de bossette comme sur la version en 7,65 mm. Ce sentiment de bossette provient du fait qu’il existe une transition franche entre la course linéaire et le pan incliné servant à abaisser la gâchette.

La percussion :

La percussion est linéaire. Le percuteur se déplace d’avant en arrière dans son logement sous les conditions citées supra, c’est à dire encadré par le ressort de percussion à l’arrière et le ressort de rebondissement à l’avant.

Il n’y a pas de sécurité de percuteur à proprement parlé (je veux dire une pièce ou un dispositif dédié à la sécurité du percuteur). Mais alors ! que ce passerait il si l’arme tombait et que, par un malheureux  hasard, un corps étranger venait à toucher l’arrière du percuteur ?…Il ne se passerait rien car sans avoir de dispositif dédié, il en existe un tout de même. Encore un tour des ingénieurs de Manufrance, moins il y a de pièces, plus il y a de fonctions.

En effet, il ne peut y avoir percussion que si la queue de détente a été pressée. Dans le cas inverse, le percuteur vient buter sur la gâchette (qui se trouve en position avant), cette dernière l’empêche de faire saillie dans la cuvette de tir.  La boucle est bouclée avec deux pièces et trois ressorts.

Le chargeur

Le profile du corps de chargeur mesure : 24,7 mm x 8,75 mm. Il est taillé dans une tôle de 0,5 mm d’épaisseur. La capacité du chargeur est : 7 cartouches.

La tôle du coté droit du chargeur est percée pour voir directement le nombre des cartouches encore disponibles. Les trous ne traversent pas le chargeur de part en part, seul un des cotés est percé.

L’élévateur de cartouche est en acier estampé. il se démonte par le haut du chargeur. Il est taillé dans une tôle de 1,5 mm d’épaisseur.

Le ressort a une longueur dépliée de : 108 mm. Le profile extérieur du ressort mesure :  19,5 mm x 7 mm. Le diamètre du fil est : 0,8 mm.

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Conclusion

Selon moi, le pistolet Le Français dépasse techniquement le Browning 1906 et le laisse loin derrière. Bien que le volume des deux armes soit proche, la prise en main du pistolet de Manufrance est bien plus agréable. Il est possible de mettre deux doigts sous le pontet du Le Français pour un seul pour son concurrent.

Browning a choisi d’employer une percussion linéare et un système de détente en simple action. Pour compenser la dangerosité du au fait d’avoir un percuteur armé et une munition en chambre, l’entreprise Belge a doté son modèle d’un levier de sûreté et d’une pédale de sûreté. Le pistolet Le Français est parfaitement sécure sans rien de tout cela. Une munition en chambre, pas de percuteur armé, pas de sûreté à manipuler sous stress, l’utilisateur n’a qu’à saisir son arme la pointer vers le danger puis presser la queue de détente. Comble du confort, on n’a pas à armer la culasse , il suffit juste de relever le canon pour y introduire la première cartouche, idéal pour les personnes faibles.

Partant du constat développé au chapitre précédent, pourquoi les firmes produisant à bas coût de l’époque n’ont ils pas copié le Le Français et ont préféré le Browning 1903 et 1906 (ce qui donnera le pistolet Ruby ultérieurement) ?

Grace aux deux articles sur le pistolet le Français (un sur le 7,65 mm et le présent article sur le 6,35 mm), on peut analyser les deux armes et  débattre de l’évolution du poids et du volume par rapport à l’évolution du calibre (voir par millimètre de calibre supplémentaire). Il faudrait étendre cette comparaison à la version “armée” en 9 mm. Si j’ai l’occasion d’avoir entre les mains un exemplaire de ce modèle, je ne me priverais pas de rédiger un article. Si vous en avez un n’hésitez pas à me contacter.

L’étude de l’évolution des techniques de fabrication selon l’époque et la compacité des versions (en 6,35 mm, en 7,65 mm…9 mm) peut nous amener à réfléchir d’avantage sur les choix des concepteurs :

  • Le ressort de clé de verrouillage du canon (fabrication en une ou plusieurs pièces) ;
  • La taille du ressort récupérateur (quelle force pour quel calibre et quel poids de culasse) ;
  • Le poids et la taille des culasses (quelle différence de poids pour quelle vitesse de projectile) ;
  • La longueur et la précision des canons (quelle hauteur H+L selon le calibre) ,
  • La position des ergots de guidage arrière de la culasse (sur la carcasse ou sur l’éjecteur) ;
  • Est il nécessaire d’avoir un extracteur sur la version en 7,65 mm alors qu’il n’y en a pas sur la version en 6,35 mm ;
  • Le diamètre des axes de canon (quel diamètre pour quel calibre ?) ;
  • L’épaisseur des parois du canon selon le calibre ;
  • Le pontet (usiné ou rapporté ?) ;
  • A fonction identique, quel est le poids de chaque pièce par calibre ? ;
  • Quels aciers utiliser ? ;
  • Combien de pièces détachées pour quelle version et quelles fonctionnalités ? ;

Pour conclure, je pense que c’est une arme techniquement parfaite qui mériterait qu’on l’a refabrique à l’identique, avec le même degré de finition. D’ailleurs, quel serait le prix actuel de ce produit ? Voir, pourquoi ne pas tenter une version moderne avec une carcasse en polymère. Quel serait le prix de cette version plus moderne ?

C’est article est un hommage aux ingénieurs et ouvriers de Manufrance qui ont travaillé sur ce projet très abouti.

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Le pistolet Manufrance Le français en 7,65 mm

Une fois encore les hasards de la vie m’ont apportés une arme que je souhaitais vous présenter depuis un certain temps. Celle-ci a une place particulière pour moi pour au moins deux raisons. Primo : je suis un fan de Manufrance, secundo : cette arme est pour moi un des ancêtres du pistolet Glock (pas pour son système de verrouillage car il n’y en a pas mais pour son mécanisme de détente et de percussion). Nous nous réunirons aujourd’hui autour du pistolet Manufrance Le Français en 7,65 mm.

Un second article sera consacré à la version en 6,35 mm. On pourra alors comparer les deux armes et voir s’il y a des différences significatives.

Les caractéristiques de l’arme

  • Longueur de l’arme :  177 mm ;
  • Hauteur de l’arme : 122,5 mm ;
  • Épaisseur de l’arme : 30,5 mm ;
  • Le poids de l’arme : 646 grammes ;
  • Le calibre : 32 acp ;
  • Rayure du canon : 6 ;
  • Pas des rayures : 1 tour sur 250 mm (selon les normes CIP) ;
  • Longueur du canon (entrée de chambre à la bouche) : 83 mm ;
  • Capacité du chargeur : 8 coups ;
  • Production : environ 10 000 exemplaires de 1950 à 1969.

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La carcasse assemblée

La carcasse assemblée pèse : 323 grammes (avec l’axe de basculage du canon).

Les éléments de la carcasse

La carcasse nue est en acier. Elle entre dans un bloc capable de dimension : 146 mm x 96,5 mm x 15 mm (sans les tenons de guidage de la culasse inclus à l’éjecteur) , 17,9 mm (si l’on inclus les tenons). La pièce pèse : 196 grammes.

Contrairement à la majorité des pistolets automatiques, le ressort récupérateur ne se trouve ni près ni dans l’axe du canon (en dessous, autour …) mais à l’avant du chargeur dans un axe quasi perpendiculaire à celui du canon.

Le logement de la queue de détente est usiné sur la face gauche de la carcasse. Grace à cette configuration, le servant peu démonté simplement la queue de détente et approfondir l’entretien de son arme.

Le logement du canon a une largeur de 7,3 mm.

L’éjecteur est une pièce rapportée, il est maintenu en place par deux goupilles serties. La culasse est guidée à l’avant par le canon et à l’arrière par deux petites “oreilles” de l’éjecteur qui empêche la culasse de se relever. Il n’y a pas de jeu entre l’éjecteur et la carcasse.

Un anneau de dragonne est monté sur le bas de la carcasse (coté gauche).

Le pontet est formé par l’usinage d’un trou oblong de dimensions : 24 mm x 36,2 mm.

Le logement du chargeur a une section : 27,5 mm x 11,1 mm.

Les bras relais de ressort récupérateur prennent place sur la carcasse dans deux alésages prévus à cet effet. Deux petits cylindres sont sertis sur la carcasse, il s’agit des butées de bras relais de ressort récupérateur. Il n’y a pas de jeu entre les pièces alors que les efforts du ressorts sont importants.

Sur la face gauche, un usinage important de la carcasse est la portée de la gâchette. Cette surface va donner à cette dernière sa position verticale. Dit autrement, selon la position de la gâchette sur cette portée, la gâchette sera plus ou moins haute. La gâchette et la queue de détente ne faisant qu’une seule pièce, c’est ainsi que le tir est commandé par l’action du doigt du tireur. On verra en détail cela dans un chapitre dédié au système de percussion et de détente.

Au même endroit mais sur la face droite de la carcasse, il existe la butée de la gâchette. Il s’agit de la butée avant.

L’axe de canon est en acier. Cette pièce est amovible, en enlevant cette pièce le canon peut être extrait de la carcasse. La tête de l’axe de canon se verrouille sur un pion porté par la carcasse. Pour désolidariser la culasse de l’arme, il faut au préalable démonter le canon.

L’axe de rotation a un diamètre de 4,5 mm. L’axe n’est pas maté par le pied du canon.

Le ressort et poussoir de relevage du canon est positionné à l’avant de la carcasse dans un logement prévu à cet effet. Lorsque l’utilisateur bascule la clé de démontage vers le bas ou enlève le chargeur, le canon se relève poussé vers le haut par le ressort et le poussoir de relevage.

La longueur dépliée est : 13 mm. Le diamètre extérieur du ressort est : 6 mm. Le diamètre du fil est : 1,1 mm.

La queue de détente est en acier. C’est une pièce complexe. On pourrait imaginer que cette dernière soit formée à partir de plusieurs pièces soudées. Ca ne semble pas être le cas. Il serait intéressant de se plonger dans les archives de Manufrance pour tenter de préciser les méthodes et moyens de production usités.

Il est à noter sur cette arme, qu’elle ne possède pas de barrette séparatrice. La barrette séparatrice sur un pistolet automatique est l’organe ou un des organes qui empêche le tir en rafale. Il n’est pas possible d’avoir de séparation de la gâchette et de la queue de détente sur le Le Français car la pièce est monobloc, elle ne peut par conséquent être déconnectée.

Le cran de gâchette a une hauteur de : 0,5 mm.

Une petite roue limite les frottements entre la queue de détente et la carcasse. Elle trouve sa place dans la queue de détente.

Le ressort de queue de détente et la tige guide de ressort de queue de détente ramène la queue de détente sur sa butée avant et sur le dessus de son rail de guidage. Les dimensions du ressort dépliée du ressort : 57 mm. Le diamètre externe du ressort est : 5 mm. Une des extrémités est évasée, elle mesure 5,5 mm. Le diamètre du fil est : 0,5 mm.

Le ressort récupérateur est très dur. Je n’ai pas désolidarisé le ressort de l’ensemble car la goupille est difficile à sortir. Monté sur sa pièce support, le ressort n’est pas compressible à la main. Le diamètre extérieur du ressort est 8,4 mm. Le diamètre du fil est d’environ 1,5 mm.

La tige guide du ressort récupérateur est en acier. Elle maintien le tout assemblé. Un trou existe sur le noyau de tige guide (près de l’entré du chargeur), ce qui permet d’y glisser une goupille ou autre ce qui va légèrement comprimé le ressort et permettre au servant de remonter la culasse plus facilement. L’effort sur les bras relais de ressort récupérateur sont importants.

Le logement du ressort récupérateur est en acier. Il coulisse dans un logement prévu à cet effet à l’avant du logement du chargeur. Il est usiné de sorte que deux petites oreilles sont présentes de chaque coté. C’est sur celle-ci que viennent reposer les bras relais de ressort récupérateur.

Les bras relais de ressort récupérateur sont en acier, ils sont au nombre de deux. Ils sont répartis de chaque coté du chargeur.  Bien que soumis à des efforts important du ressort de percuteur, les pièces n’ont que de très légères bavures.

Le ressort de clé de démontage a deux usages. Le premier est de maintenir dans son logement la clé de démontage. Le second usage est de la ramener en position d’origine.

Il s’agit d’un ensemble de trois pièces : un support, une lame ressort, un rivet.

La clé de démontage est en acier. Elle verrouille le canon en position basse. Le canon reste verrouillé tant que le chargeur est engagé. Une fois que le chargeur est désengagé de son logement de quelques centimètres, la clé de démontage pivote sous l’effet du ressort de clé de démontage et libère le canon. Le levier accessible par le servant est disponible sur le coté droit de la carcasse.

Les plaquettes de crosse sont composés de deux éléments, un support métallique et la plaquette en elle même.

Chaque plaquette est maintenue par une vis.

Je ne peux pas vous montrer de photo des vis de plaquettes car celles-ci ne me semblent pas d’origine.

Le canon

Le canon est monté sur la carcasse. Il mesure : 83 mm de longueur. Le corps du canon a un diamètre de : 12,5 mm. Soit une épaisseur de parois de : 2,34 mm au minimum.

Le bourrelet de la cartouche ne dépasse pas de la face arrière du canon mais est en revanche en retrait de 0,3 mm. Cette côte peut évoluer selon le fabricant de la cartouche. Il vient en butée sur un épaulement interne.

Deux excroissances existent sous le canon. Une à l’avant du canon sert de pivot au canon, elle a une largeur de 7,3 mm. Une à l’arrière qui sert à immobiliser le canon verrouillé en position basse, elle a une largeur inégale car le profile est conique, la partie haute est la plus large.

La chambre est entourée sur le dessus d’un renfort. Le diamètre de ce renfort est de : 17 mm. Trois stries servent de refroidisseur et “allègent” l’arme.

La rampe d’alimentation est en partie sur la carcasse et en partie sur le canon.

Le guidon est taillé dans le canon. Quelques usinages semblent obtenus par brochage ou par l’emploi d’étaux-limeur.

La culasse assemblée

Cet ensemble pèse : 208 grammes.

Les éléments de la culasse

La culasse nue est en acier. Le bloc capable de cette pièce est : 127,8 mm x 24,9 mm x 22,5 mm. Le poids de la pièce nue est : 187 grammes.

Le canal de percuteur a un diamètre de : 1,9 mm.

Le logement du percuteur est une succession de forage de divers diamètres. Un pour le canal de percuteur, un pour le logement du ressort de rebondissement, un pour le logement du ressort de percussion, un pour le logement du bouchon arrière. La profondeur de ces forages ont une grande importance car de ça dépendent certaines fonctionnalités de l’arme.

On retrouve en dessous de la culasse les rails de guidage de la culasse. Les encoches de bras relais de ressort récupérateur.

C’est marrant de noter qu’il n’y a pas de sécurité de percuteur. Rien d’anormal car il s’agit d’une arme ancienne … mais !! Est il nécessaire d’avoir ce genre de dispositif sur une arme qui utilise ce principe de percussion et de détente ?? Je lance le débat, qu’en pensez vous ? 

Une butée est aménagée à l’avant de la culasse. C’est cette surface qui est en contacte avec la carcasse. Il est à noter que cette butée est biseautée, elle n’est pas perpendiculaire au dessous de la culasse.

La face arrière de la culasse est aménagée pour recevoir le bouchon arrière de la culasse. Il est monté par un système d’encoche, il n’est pas vissé sur la culasse.

Le bouchon arrière est en acier. Ce système permet de démonter rapidement le percuteur et ses ressorts. L’entretien est aisé. Le corps de bouchon a un diamètre de 10,5 mm.

Le ressort de percussion a une longueur déplié de 53 mm. le diamètre extérieur est : 6,7 mm. Le diamètre de fil est : 0,8 mm.

La chose importante concernant le ressort de percuteur est que ce dernier arrête sa course avant que le percuteur n’atteigne sa butée, de sorte que le percuteur effectue un “vol libre” jusqu’à l’amorce de la cartouche

Le percuteur est en acier. La longueur du percuteur est : 68 mm. Le diamètre de la pointe du percuteur est : 1,8 mm.

Certaines parties du percuteur ont un diamètre diminué pour limiter les frottements.

Le percuteur est animé vers l’avant par le ressort de percuteur et repoussé hors de la cuvette de tir par le ressort de rebondissement.

Le ressort de rebondissement du percuteur est utile pour que la pointe du percuteur ne fasse pas saillie en permanence dans la cuvette de tir. La longueur du ressort est : 23 mm. Le diamètre extérieur est : 4,9 mm. Le diamètre de fil est : 0,6 mm.

Le second rôle du ressort de rebondissement du percuteur est de plaquer le percuteur en arrière afin que la gâchette vienne chercher ce dernier toujours au même endroit. La butée arrière du percuteur monté est le ressort de percussion.

En l’absence de ressort de rebondissement, le percuteur ne peut être saisi par la gâchette car il se trouve trop en avant. Il y a une différence de 2 mm entre les deux positions du percuteur entre butée arrière et butée avant (sans ressort de rebondissement).

L’extracteur, son ressort, son axe sont en acier. L’extracteur est monté sur le coté droit de la culasse.

L’extracteur est obtenu dans une tôle de 2,5 mm d’épaisseur. Attendu que la douille entre entièrement dans la chambre, la face arrière du canon doit avoir un usinage destiné au logement de l’extracteur.

Le ressort d’extracteur a un diamètre de 3,1 mm pour une longueur de 6,5 mm.

L’axe d’extracteur a deux diamètre, il est évasé. La partie inférieur a un diamètre de : 1,6 mm. La partie haute a un diamètre de 2,3 mm.

La hausse est en acier. Elle est montée par queue d’aronde sur le corps de la culasse. La largeur du cran de hausse est : 1,6 mm. La hausse dépasse de 2,7 mm du dessus de la culasse.

Le principe de détente et de percussion

C’est une des parties les plus intéressante de cette arme…enfin selon moi ! Elle demanderait à elle seule un article à part entière. C’est un dérivé de son petit frère en 6,35 mm, les mêmes principes ont été réutilisés ici.

La détente :

Comme nous l’avons déjà indiqué, la gâchette et la queue de détente ne font qu’une seule et même pièce. La butée avant et la hauteur de la gâchette sont commandées par des usinages sur la carcasse.

Bien que le tireur comprime le ressort de percussion en pressant la queue de détente, le poids du départ n’est pas insurmontable (probablement un peu plus compliqué pour une femme …selon le sujet observé). Le départ devient plus dur lorsque la gâchette atteint le pan incliné qui la forcera à s’abaisser et à libérer le percuteur. Il y a comme une bossette.

La percussion :

Pour qu’un cycle normal se produise, il faut que le percuteur soit sur sa butée arrière (c’est à dire sur le ressort de percussion grâce au ressort de rebondissement).

Le cycle de percussion peut avoir lieu. Le servant presse la queue de détente. La course de la détente se décompose en deux parties.

  • La première : La gâchette longe la portée parallèle au dessus de la carcasse , la gâchette conserve sa hauteur initiale. Cette course initiale existe pour comprimer le ressort de percussion.
  • La seconde : à la fin de première course, la gâchette rencontre un pan incliné vers le bas. Si le tireur continu son action sur la queue de détente, la gâchette s’effacera totalement vers le bas : le percuteur sera libéré.

Le chargeur

Sur le pistolet Le Français en 7,65 mm, le verrou du chargeur est porté par le chargeur lui même. L’encoche du crochet de chargeur se trouve à l’entrée du logement de chargeur.

Le profile du corps de chargeur mesure : 10,7 mm x 27 mm. La capacité du chargeur est : 8 cartouches.

Une large ouverture de 11,7 mm de large et 56 mm de haut traverse les cotés du chargeur.

L’élévateur de cartouche est en acier estampé. il se démonte par le haut ou par les larges ouvertures latérales.

Le ressort a une longueur dépliée de : 167 mm. Le profile extérieur du ressort mesure : 22,3 mm x 7,5 mm. Le diamètre du fil est : 0,9 mm.

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Conclusion

Je pense que le pistolet Le Français est une référence, un des jalons du schéma directeur menant aux pistolets modernes. Cette arme est pour moi un des ancêtres du pistolet Glock pour les raisons expliqués supra (pour son principe de détente et de percussion).

Manufrance est un manufacturier qui a un “truc” particulier. Toutes les armes de ce constructeur ont une conception optimisée et minimaliste mais terriblement efficace. Le nombre de pièce est minoré, les aciers et traitements thermiques sont bons, les finitions sont simples  mais de grande qualité. Ici pas de trace de micro-fusion. Cette arme est faite à l’ancienne, par des machines outils traditionnels : par tournage, fraisage, brochage, ajustage…

Le pistolet Le Français est une arme très bien conçue, il renaitra sous le nom Beretta des décennies après. Il est intéressant de voir que Beretta ne reprendra que le principe de ressort récupérateur porté par la poignée pistolet et le canon basculant. La marque italienne ne reprendra pas le principe de percussion et de détente. Mais ceci est une autre histoire. Le démontage utilisateur est rendu simple par la bonne conception générale.

Le calibre est très courant à cette époque. Il n’est pas étonnant que Manufrance ait cherchée à occuper une part de ce marché lorsque l’on voit le succès des pistolets concurrents (Browning…). Le volume du Le français en 7,65 mm est supérieur à celui du browning 1910 mais a un atout de choc : son principe de percussion. Totalement sécure, il autorise le port de l’arme chambrée sans que le percuteur ne soit armé, sans nécessité de sécurité de percuteur et près à l’emploi.

On parle le plus souvent des produits de Manufrance (en l’occurrence ici des armes) néanmoins, j’espère avoir la chance de pouvoir faire des recherches et rédiger plusieurs articles sur les ingénieurs qui ont conçus les produits de la marque. Quels étaient leurs noms ? Quelle était leur formation ? Combien d’années en moyenne restaient ils chez Manufrance ? Ou allaient t’ils après Manufrance ? De combien d’ingénieurs était formé le bureau d’étude ? Que sont devenus les recherches de ces cerveaux ? Y a t’il dans les cartons d’archive des projets non fabriqués ? Auprès de qui se fournissaient ils les matériaux ? …..

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Le pistolet Walther PP en 7,65 Browning

Le pistolet Walther PP est apparu en 1929. C’est une arme particulière qui est toujours très appréciée. Son design reste très actuel et encore agréable à regarder, même 90 ans après. Beaucoup de questions me viennent à l’esprit lorsque je vois cette arme, notamment : Où se situe t’elle par rapport à ces concurrents actuels ?  La conception est elle dépassée ? Que cache cette esthétique attractive ? Son successeur sera le pistolet P38, ont ils des points communs ? …

Si vous êtes un habitué de la maison, en l’occurrence du site gunsmithdesigner.com, vous devez savoir que la partie historique ne m’intéresse pas. Je me concentrerai alors sur la partie technique. 

Caractéristiques de l’arme :

  • Longueur de l’arme : 195 mm ;
  • Hauteur de l’arme : 110 mm ;
  • Épaisseur de l’arme : 30 mm ;
  • Le poids de l’arme : 675 grammes ;
  • Le calibre : 32 acp ;
  • Rayure du canon : 6 ;
  • Pas des rayures : 1 tour sur 250 mm (selon les normes CIP) ;
  • Longueur du canon (entrée de chambre à la bouche) : 98 mm ;
  • Capacité du chargeur : 8 coups .

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La carcasse assemblée

La carcasse assemblée seule pèse 405 grammes. Elle regroupe 33 pièces.

Les éléments de la carcasse

La carcasse nue est en acier. Le bloc capable de cette pièce est : 16 mm x 100 mm x 144 mm. Le poids de la pièce nue est : 239 grammes (avec la gâchette et ses axes).

Je n’ai pas trouvé de trace de test de dureté du matériau sur cette pièce.

L’angle de la poignée pistolet est très agréable, il est plus prononcé à l’arrière comme on peut le voir sur les photos car une légère extension  est présente en bas de poignée.

Les usinages sont fins, la pièce est très bien réalisée.

Le profil du logement du chargeur a les dimensions suivantes : 27,4 mm x 11,35 mm.

Le canon et sa goupille sont en acier. Le canon mesure 97,5 mm de long, il est maintenu par une goupille dans un logement cylindrique sur la carcasse.

Le diamètre du canon au niveau de la frette de la carcasse est de : 13 mm. La longueur prévue à cet effet est de : 24,5 mm.

Le canon n’est pas arrêté seulement par la goupille. Il y a aussi une butée sur le canon qui est représenté par un épaulement. Il est à noter que l’épaulement arrière (soit la partie la plus large du canon) ne sert pas au maintien du canon sur la carcasse car elle entre librement dans la carcasse. Cette dernière partie cylindrique a un diamètre de : 13,9 mm.

Le canon est une succession de 3 épaulements : le premier a un diamètre de 13,9 mm pour une longueur de 4 mm, le second a un diamètre de 13 mm pour un longueur de 24,5 mm, le troisième a un diamètre de 11,45 mm pour une longueur de 69 mm.

Le diamètre extérieur est 11,45 mm. Sachant que le diamètre en bas des rayures est de 7,82 mm, les parois du canon ont donc une épaisseur de : 1,815 mm environ.

Le bourrelet de la cartouche dépasse de la chambre. La face arrière du canon est la surface d’appui de la cartouche.

Une encoche est aménagée sur la face arrière du canon, elle est le logement de l’extracteur.

Le pontet est en acier. Il porte les traces d’un test de dureté du métal (sur sa face gauche, en haut). Il pivote autour d’un axe épaulé. Il sert de butée arrière à la culasse, il est la clé de démontage de l’arme.

Cette pièce est obtenue dans une “tôle” de 7,85 mm.

L’éjecteur / arrêtoir de culasse et son ressort sont en acier. Il porte les traces d’un test de dureté du matériau (sur sa face droite).

En fin de chargeur, la pièce pivote autour de son axe et maintien la culasse en arrière.

L’arrêtoir de chargeur est en acier. Il est placé sur le coté gauche de l’arme. Il porte la trace d’un test de dureté (sur la face coté chargeur).

L’arrêtoir de chargeur est mu par un ressort évasé de 7 mm de longueur, de 3,5 mm de diamètre externe. Une des extrémités de l’arrêtoir se termine en demi lune, probablement pour limiter ses mouvements (en rotation notamment)

La butée du ressort de percussion est un petit cylindre d’acier sur lequel s’appuie le ressort de marteau. Cette pièce est obtenue dans un cylindre d’acier de 9 mm de diamètre. Cette pièce ne porte pas de test de dureté. Elle est maintenue en place par une goupille en acier de diamètre 3 mm et de longueur 15,25 mm.

Le ressort de percussion est un ressort à boudin. Il mesure 39 mm au repos. Le diamètre externe est de 5,7 mm. Le diamètre de fil est de : 1 mm. Il s’appuie d’un coté sur la butée du ressort de marteau de l’autre sur la bielle de marteau.

La bielle du marteau est en acier. L’ébauche est obtenue par matriçage d’une tôle de 3 mm. Cette dernière est ensuite usinée. Elle ne porte pas de traces de test de dureté.

Le marteau est en acier, il est composé de 4 pièces. Il reprend les formes d’un chien de revolver ce qui apporte la double action à cette arme par l’emploi d’un cran d’armé double action qui est escamotable. Un second cran est utilisé pour la simple action.

La pièce porte une trace de test de dureté du matériau, elle se trouve sur la face droite près de la surface de contacte avec le percuteur.

L’axe du marteau a une tête très large. La raison est qu’il faut combler le trou fait, sur la face gauche, pour le logement du marteau. Le diamètre de l’axe de marteau est de 4 mm. La tête à un diamètre de : 16 mm.

Il ne porte pas de trace de test de dureté.

La queue de détente, son ressort et son axe sont en acier.

La pièce porte une trace de test de dureté de l’acier (sur le dessus, près du ressort).

L’axe de queue de détente est en acier. Il a un diamètre de 3 mm de diamètre pour une longueur de : 16,9 mm. Il y a une petite gorge qui sert à l’arrêt de l’axe. Cet arrêt s’opère par le ressort de queue de détente dont une branche apparait sur le passage de l’axe.

La barrette séparatrice est en acier. Son emplacement se trouve sur le coté droit de l’arme. Elle est attelée à la queue de détente et agit sur la gâchette.

Le ressort de rappel de marteau agit sur cette pièce et la force vers le haut.

Deux traces de tests de dureté sont visibles, l’un sur la face externe, l’autre sur la face interne

La gâchette et ses axes sont en acier. Elle a du servir de modèle à la conception de celle du P38 car les deux pièces sont très semblables.

Les deux petits axes sont sertis sur le corps de la gâchette.

Le poussoir de gâchette et son ressort sont en acier. Cet ensemble de pièces agit sur la gâchette et la force à redescendre vers le bas. Sans ça, la gâchette serait flottante.

Le levier de désarmement est en acier. Il s’agit d’une petite plaquette en acier qui est l’intermédiaire entre le levier de sûreté manuelle porté par la culasse et la gâchette portée par la carcasse. Cette pièce éloigne la gâchette du cran d’armé simple action du marteau lorsque le servant bascule la sûreté manuelle. 

Les plaquettes de crosses sont en plastique noir. La vis de plaquette de crosse est en acier. Un insert en acier est contenu sur la plaquette gauche, c’est dans ce dernier que la vis de plaquettes prend place.

L’intérieur des plaquettes est creusé laissant apparaitre des nervures servant à renforcer et alléger les plaquettes de crosse.

La culasse assemblée

La culasse assemblée regroupe 11 pièces. L’ensemble pèse 225 grammes. 

Les éléments de la culasse

Le corps de la culasse est en acier. Le bloc capable de  la culasse nue est : 29 mm x 22 mm x 156,4 mm. La pièce est finement polie et bronzée d’un noir profond.

Le poids de la pièce nue est : 209 grammes.

Le logement de ressort de poussoir d’extracteur et de levier de sûreté est percé de l’extérieur de la carcasse. Cela a son importance pour les amateurs de détails techniques.

L’encoche en arc de cercle, logement de la barrette séparatrice, se trouve sur le coté droit de la culasse. L’encoche a une profondeur de : 2,7 mm.

Le passage du canon à l’avant de culasse mesure 11,8 mm pour un diamètre de canon de 11,45 mm.

L’indicateur de chargement trouve sa place au dessus du percuteur. Un trou oblong est usiné au dessus du canal de percuteur. L’extrémité de la pièce ressort à l’arrière de la culasse. L’usinage du logement de l’indicateur de chargement nécessite d’ajourer le logement du percuteur.

Le percuteur et son ressort sont en acier. Le percuteur à une longueur de 40,4 mm. La pointe du percuteur a un diamètre de : 2 mm.

Trois tests de dureté du matériau ont laissés des traces à l’arrière. Il est logique de trouver des traces de ce type ici car c’est la partie qui retient le percuteur lorsque la sûreté est engagée.

Une petite flèche est frappée sur une des faces de l’arrière du percuteur. Au remontage, la flèche doit être positionnée vers le bas de la culasse.

Le ressort de percuteur a une longueur de 30 mm. Le diamètre extérieur est : 4,5 mm. Le fil a un diamètre de 0,5 mm.

L’extracteur, son poussoir et son ressort sont en acier. L’extracteur porte une trace de test du matériau (à l’avant, près de la griffe d’extracteur).

Le poussoir de l’extracteur est aussi le verrou de ce dernier. Dit autrement, il empêche l’extracteur de sortir de son logement.

Le ressort d’extracteur a une longueur de 16 mm pour un diamètre externe de : 3 mm.

L’indicateur de chargement et son ressort sont en acier. Au remontage, il faut commencer par engager l’arrière de l’indicateur. L’extension du ressort sert à maintenir l’indicateur vers le bas du trou oblong de la culasse. L’extension du ressort se monte coté canal de percuteur.

Lorsqu’une munition est chambrée, l’indicateur de chargement fait saillie sur la tranche arrière de la culasse, au dessus du marteau. Il dépasse d’environ de 3,5 mm.

Le levier de sûreté et son poussoir sont en acier. Lorsque le tireur abaisse ce levier, il immobilise le percuteur en position arrière et libère le marteau. Cela n’aboutira pas à la percussion de la munition chambrée car le percuteur est immobilisé par le corps de levier de sûreté et le marteau vient frapper le corps de levier de sûreté (et non le percuteur).

Le poussoir de levier de sûreté est mu par le ressort d’extracteur. Un coté du ressort agit sur le poussoir d’extracteur, l’autre sur le poussoir de levier de sûreté.

Le logement du levier de sûreté se trouve sur la face gauche de la culasse, elle est aisément accessible par le pouce d’un tireur droitier.

Le corps de levier de sûreté porte une trace de test de dureté du matériau.

La hausse en acier est une pièce ajoutée sur la culasse. Cette dernière est montée par queue d’aronde. Elle est potentiellement échangeable, ce qui permettrait d’adapter le tir à la vue du tireur.

Le guidon est taillé dans la culasse. Il n’est pas par conséquent non réglable et non démontable. La largeur du guidon est : 1,8 mm. La hauteur du guidon est : 2,4 mm.

Le chargeur

Le chargeur à pile unique contient 8 cartouches. Le corps semble être une tôle pliée et soudée sur la tranche arrière. Les traces de ce procédés ne sont pas flagrantes car la soudure et les finitions sont très fines et bien faites.

La section du corps de chargeur est : 11,1 mm x 27,1 mm. La tôle a une épaisseur de 0,7 mm.

Le logo du constructeur, le modèle d’arme pour lequel est destiné le chargeur et le calibre sont gravés en bas de la face gauche du chargeur.

Il regroupe 5 pièces en acier, il s’agit :

  • Du corps ;
  • Du fond de chargeur ;
  • Du verrou de fond de chargeur ;
  • Du ressort récupérateur ;
  • De l’élévateur.

L’ensemble récupérateur

L’ensemble récupérateur ne regroupe qu’une seule pièce : le ressort récupérateur. Au repos, il mesure 116 mm de long. Le diamètre du fil est : 1 mm. Le ressort est cylindrique sur sa majeure partie. A environ deux tour de la fin d’un coté, le diamètre augmente. La partie la plus évasée correspond à la bouche de l’arme.  Le diamètre extérieur de la base du ressort est : 14,2 mm. Le diamètre extérieur de la partie évasée est de : 15,8 mm.

Le démontage de l’arme

Le démontage “utilisateur” de l’arme se fait après après avoir ôté le chargeur et contrôlé que la chambre soit vide.

Une portion du pontet limite la course de la culasse. En abaissant le pontet (la butée est effacée), la course de la culasse en arrière est alors plus importante de 6 mm .

Donc une fois le pontet abaissé et la culasse en fin de course arrière, il suffit de lever l’arrière de la culasse pour sortir cette dernière de ses rails de guidage.

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Conclusion

Cette arme a pleinement sa place dans le schéma directeur des avancées techniques des pistolets automatiques à culasse non calée à cause de son mécanisme, de sa fiabilité, de sa supériorité technique, de son avant-gardisme, de son mécanisme en simple action.

C’est sous une esthétique un peu austère que le pistolet Walther PP a vu le jour. Par la suite, elle sera remplacé par une esthétique très sympa pour ne pas dire avant-gardiste si l’on regarde ses concurrents. C’est pour cette raison qu’elle est toujours très en vogue et copiée.

L’article sur le pistolet Walther PP démontre que, dès 1929, les concepteurs et fabricants allemands sont en avance. On se rappelera un précédent article gunsmithdesigner.com sur un pistolet de même calibre : le Lepage (lire l’article). Ce dernier est très en deçà du Walther PP alors qu’il provient d’un grand nom de l’armurerie et de la même époque. 

Une majorité des pièces a bénéficié d’un test de dureté des matériaux.

Bien que parfait, le pistolet Walther reste une arme en 7,65 browning. On se rappel, la relative faible puissance de ce calibre (lire l’article). Il sera un test pour son successeur, le Walther P38 reprendra notamment le mécanisme de chien, détente, barrette/séparatrice dans un calibre plus à la page et qui deviendra un standard : le 9 x 19.

On voit à travers ces articles les multiples intérêts donnés par la comparaison d’armes de même type. Des pistolets de même volume et de même calibre existent toujours. Quelles sont les évolutions existantes ou probables pour une arme de ce type ?

  • Une carcasse en matériau composite ou en aluminium faisant gagner un gain de poids, une plus grande rapidité dans la fabrication, pas de départ d’oxydation, pas de traitement de surface ;
  • Un chargeur à grande capacité.

 

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Le mécanisme Pedretti

De nombreux types de mécanisme existent, ils ont un intérêt plus ou moins prononcé et couvrent une plage d’utilisations ou d’utilisateurs plus ou moins variée. Tous méritent que l’on y prête attention…ne serait ce qu’à des fin de formation et d’étude de la diversité.

Je rencontre souvent un mécanisme qui pour moi porte le nom de Pedretti (c’est sous ce nom que je l’ai croisé la première fois). Par la suite, c’est sous d’autres noms.

C’est une arme simple peu chère et très répandue.

Il partage le même segment d’utilisation que les fusils Simplex, Harrington et Richardson, Baikal à un coup.

I Les pièces maîtresses

La bascule

La bascule est en acier. Elle entre dans un bloc capable de : 31,5 mm x 57,5 mm x 157 mm.

Des traces d’usinages et même des bavures (plus ou moins importantes) sont présentes un peu partout. Il serait opportun d’ébavurer les pièces avant remontage.

Le diamètre du canal de percuteur est : 2,6 mm. L’épaisseur de métal de chaque côté du pied de canon mesure (pour chaque coté) : 10,5 mm.

L’emplacement du pied de canon a une largeur de 10 mm.

Quelques soit le calibre (36, 20 , 16, 12) des armes que j’ai eu entre les mains, la bascule est la même.

Bien que très proche, on trouve au moins deux versions de bascule (selon le fabricant). La principale différence est l’emplacement de la goupille de basculage. Les canons de ces deux versions ne sont donc pas interchangeables sans adaptation lourde. J’entends par là le rebouchage du passage de la goupille de basculage sur le canon et reperçage d’un nouveau.

L’axe de basculage à un diamètre de : 10 mm. Il est vissé dans la bascule par un filetage de 9 x 100. Pour démonter le canon, il faut extraire l’axe puis le canon.

Un revêtement de surface est apposé sur la pièce, cela ressemble à un nickelage. Par endroit, l’oxydation prend le dessus sur le traitement de surface.

Le pontet

Le pontet est en acier, c’est une pièce lourde. Le pontet est en place sur la bascule par un axe en acier de 4 mm de diamètre et une encoche en queue d’aronde.

Cet élément est le support de la queue de détente et du marteau. Il est aussi le point d’appui du ressort de marteau.

Le filetage de la vis de crosse se fixe à l’arrière du pontet par un filetage de 6 x 100. La vis traverse toute la crosse. La tête de la vis est accessible sous la plaque de couche.

La frette du canon

La frette du canon est le bloc arrière du canon sur laquelle est soudé le tube du canon.

Ce bloc est en acier. Il est difficile de citer le poids de la frette car selon le calibre le poids change. Les dimensions du bloc capable sont :

Quelque soit le calibre, les dimensions externes de la frette du canon sont les mêmes. Seul l’extracteur change.

II Les fonctions de bases de ce fusil

L’ouverture, le verrouillage

L’ouverture se fait via la clé qui se trouve sur le dessus de la bascule, en la pivotant vers la droite pour l’ouverture. La clé reviendra a sa position d’origine sous l’effet d’un ressort de rappel.

Ce n’est pas la clé qui fait tout le travail d’ouverture. La clé est reliée à une pièce d’acier, le verrou, par une came.

La clé est une pièce de micro-fusion en acier.

La course de la clé est réglable, une vis agit sur la course. Une contre-vis verrouille la vis de réglage. Le déplacement arrière du verrou se fait sur une longueur de : 5 mm .

Le verrou est biseauté à l’avant. C’est ce biseau qui sera au contact avec le pan incliné ,logement du verrou, sur le canon.

Le verrou est un petite plaquette d’acier, ses dimensions sont 35,5 mm x 17 mm x 5 mm.

L’armement du marteau

Depuis qu’il existe des armes à marteau interne (hammerless : sans marteau. Ce qui est impropre car il existe néanmoins un ou plusieurs marteaux. Il faudrait dire : sans marteau apparent), il faut un dispositif pour armer ce ou ces marteaux. C’est ce que nous allons voir ici.

L’armement du marteau ne pouvant se faire de manière manuelle (car il n’est pas accessible par le tireur), il faut un dispositif interne. En l’occurrence ici, l’armement du marteau se fait par le verrou du canon. En effet, lorsque le tireur manipule la clé d’ouverture, une came déplace le verrou d’avant en arrière. C’est lorsque le verrou recul que ce dernier vient au contacte du marteau et le force à pivoter autour de son axe. Passée une certaine course, le marteau reste à l’armé sur la queue de détente.

L’effort utile à l’armement le marteau est transparent pour le tireur car la came du levier de démontage décuple la force à l’ouverture.

La percussion

La percussion est assurée par un marteau qui frappe un percuteur cylindrique.

Le marteau est porté par le pontet, le percuteur est porté par la bascule.

Le cran d’armé du marteau a une hauteur de : 0,9 mm.

Le ressort de marteau agit sur le marteau par une pièce intermédiaire : le poussoir du ressort. Les dimensions du ressort de marteau sont : longueur : 15 mm, diamètre externe : 5 mm, diamètre de fil : 0,5 mm.

Le percuteur est obtenu dans un cylindre d’acier de 6 mm de diamètre. La longueur du percuteur est de 32 mm. Le diamètre de la pointe du percuteur est : 2,5 mm.

La détente

La détente du mécanisme de percussion se fait par la queue de détente uniquement. Donc la détente est directe, c’est à dire qu’il n’y a pas de jeu entre les deux pièces car la queue de détente est en prise directe avec le marteau et reçoit l’effort du ressort de marteau.

Si l’on voulait qu’un léger jeu existe entre la queue de détente et le marteau, il faudrait ajouter une troisième (une gâchette) pièce entre les deux. La pièce intermédiaire serait en prise directe avec le marteau et ainsi le léger jeu pourrait exister entre la queue de détente et la pièce intermédiaire.

La queue de détente est soumise à l’action du doigt du tireur mais aussi à son ressort et son poussoir qui lorsque le tireur relâche son action sur la queue de détente, elle reprend sa place et peut ainsi saisir le cran d’armé du marteau lors du prochain réarmement (si le tireur n’agit pas sur la queue de détente, dans le cas inverse il n’y aura pas d’armement).

La sureté

Le levier de sureté manuelle est un petit poussoir qui se trouve sur le dessus de la bascule, à proximité de la clé. A l’intérieur de la bascule une pièce en U prend le relais du levier externe et vient s’interposer sur le passage de la queue de détente. Selon la position du levier de sureté, le tireur peut ou non actionner la queue de détente.

Une lame ressort marque les deux positions : arme à la sureté, arme prête à faire feu.

L’extraction

L’extraction de la cartouche ou de l’étui tiré se fait par une pièce qui est logée sous la chambre : l’extracteur. Une seconde pièce complète le corps de l’extracteur, il s’agit d’une sorte de clavette. Cette pièce est l’intermédiaire entre la bascule et le corps de l’extracteur.

Lorsque l’on bascule le canon, jusqu’à une certaine course, la clavette de corps d’extracteur entre dans un logement prévu à cet effet sur la bascule et commande la course de l’extracteur en fonction de l’ouverture du canon.

III Une évolution possible

Cette arme est momentanément figée dans des versions à canon lisse. Pour autant, on pourrait envisager des versions à canon rayé adaptées à la résistance de la bascule.

Je pense qu’il pourrait être amusant pour un étudiant en armurerie ou professionnel de concevoir et réaliser un coffret composé d’une base commune (la bascule) et de toute une série de canons lisses (410, 14 mm, 20, 16, 12) et rayés (22 hornet, 222 remington, 30-30, 44-40, 45 long colt…) .

Dans le cadre cité supra, une autre chose me parait intéressante à définir : A quel type de calibre et à combien de cycle résiste une bascule “Pedretti”. Comment savoir ? A mon humble niveau, je ne sais pas comment définir ni même comment circonscrire ce problème mathématiquement. Je serais donc partisan de l’essai grandeur nature, à l’aide d’une bascule témoin et d’une frette “universelle”, sur laquelle, il serait possible de visser des canons de divers calibres. Après chaque série d’un calibre donné, la bascule serait mesurée selon un protocole défini à l’avance pour tenter de déceler des débuts de rupture. Cet examen se ferait également sur le verrou du canon et la frette du canon (notamment au niveau du cran de verrouillage du canon).

Si un étudiant en armurerie ou un professionnel souhaite tenter cette aventure grandeur nature, je serais ravi de collecter les informations et de publier les résultats sur le présent site.

Si des spécialistes en résistance des matériaux savent ou ont des pistes pour calculer la résistance des pièces sans tests physiques, je suis intéressé pour connaitre et la méthode employées et les résultats théoriques. Quel bonheur que de comparer les résultats des uns et des autres, la théorie et la pratique.

Conclusion

C’est une arme rustique, simple, à faible coût qui convient pour ce type de segment d’utilisation. Je ne pense pas qu’elle supporte le même nombre de cartouches qu’un Simplex, Baikal, Harrington et Richardson. Car les bascules de ces trois armes me semblent plus robustes.

Il n’existe pas de fabricant de ce type d’arme en France. Pourquoi aucun industriel ne veut tenter l’aventure ? Peut être ne serait il pas compétitif face à des armes qui viendraient d’Italie ou d’ailleurs (Turquie par exemple).

Toutes les pièces du mécanisme sont en acier usiné sauf la clé d’ouverture qui est une pièce de micro-fusion usinée après moulage.

L’approche d’une arme à travers l’étude de ses fonctionnalités nous permet de voir ce qui est proposer au client pour un prix donné.

A ce jour, l’arme est figée dans des versions à canon lisse. Je serais ravi de suivre et de rédiger un nouvel article sur les travaux d’un étudiant ou d’un professionnel qui réaliserait une version à canon rayé et/ou d’un spécialiste en résistance des matériaux qui par calculs tenterait de quantifier la résistance de ce mécanisme. Quels calibres et combien de cycle peut supporter ce mécanisme ?

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