Le pistolet Walther PP en 7,65 Browning

Le pistolet Walther PP est apparu en 1929. C’est une arme particulière qui est toujours très appréciée. Son design reste très actuel et encore agréable à regarder, même 90 ans après. Beaucoup de questions me viennent à l’esprit lorsque je vois cette arme, notamment : Où se situe t’elle par rapport à ces concurrents actuels ?  La conception est elle dépassée ? Que cache cette esthétique attractive ? Son successeur sera le pistolet P38, ont ils des points communs ? …

Si vous êtes un habitué de la maison, en l’occurrence du site gunsmithdesigner.com, vous devez savoir que la partie historique ne m’intéresse pas. Je me concentrerai alors sur la partie technique. 

Caractéristiques de l’arme :

  • Longueur de l’arme : 195 mm ;
  • Hauteur de l’arme : 110 mm ;
  • Épaisseur de l’arme : 30 mm ;
  • Le poids de l’arme : 675 grammes ;
  • Le calibre : 32 acp ;
  • Rayure du canon : 6 ;
  • Pas des rayures : 1 tour sur 250 mm (selon les normes CIP) ;
  • Longueur du canon (entrée de chambre à la bouche) : 98 mm ;
  • Capacité du chargeur : 8 coups .

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La carcasse assemblée

La carcasse assemblée seule pèse 405 grammes. Elle regroupe 33 pièces.

Les éléments de la carcasse

La carcasse nue est en acier. Le bloc capable de cette pièce est : 16 mm x 100 mm x 144 mm. Le poids de la pièce nue est : 239 grammes (avec la gâchette et ses axes).

Je n’ai pas trouvé de trace de test de dureté du matériau sur cette pièce.

L’angle de la poignée pistolet est très agréable, il est plus prononcé à l’arrière comme on peut le voir sur les photos car une légère extension  est présente en bas de poignée.

Les usinages sont fins, la pièce est très bien réalisée.

Le profil du logement du chargeur a les dimensions suivantes : 27,4 mm x 11,35 mm.

Le canon et sa goupille sont en acier. Le canon mesure 97,5 mm de long, il est maintenu par une goupille dans un logement cylindrique sur la carcasse.

Le diamètre du canon au niveau de la frette de la carcasse est de : 13 mm. La longueur prévue à cet effet est de : 24,5 mm.

Le canon n’est pas arrêté seulement par la goupille. Il y a aussi une butée sur le canon qui est représenté par un épaulement. Il est à noter que l’épaulement arrière (soit la partie la plus large du canon) ne sert pas au maintien du canon sur la carcasse car elle entre librement dans la carcasse. Cette dernière partie cylindrique a un diamètre de : 13,9 mm.

Le canon est une succession de 3 épaulements : le premier a un diamètre de 13,9 mm pour une longueur de 4 mm, le second a un diamètre de 13 mm pour un longueur de 24,5 mm, le troisième a un diamètre de 11,45 mm pour une longueur de 69 mm.

Le diamètre extérieur est 11,45 mm. Sachant que le diamètre en bas des rayures est de 7,82 mm, les parois du canon ont donc une épaisseur de : 1,815 mm environ.

Le bourrelet de la cartouche dépasse de la chambre. La face arrière du canon est la surface d’appui de la cartouche.

Une encoche est aménagée sur la face arrière du canon, elle est le logement de l’extracteur.

Le pontet est en acier. Il porte les traces d’un test de dureté du métal (sur sa face gauche, en haut). Il pivote autour d’un axe épaulé. Il sert de butée arrière à la culasse, il est la clé de démontage de l’arme.

Cette pièce est obtenue dans une “tôle” de 7,85 mm.

L’éjecteur / arrêtoir de culasse et son ressort sont en acier. Il porte les traces d’un test de dureté du matériau (sur sa face droite).

En fin de chargeur, la pièce pivote autour de son axe et maintien la culasse en arrière.

L’arrêtoir de chargeur est en acier. Il est placé sur le coté gauche de l’arme. Il porte la trace d’un test de dureté (sur la face coté chargeur).

L’arrêtoir de chargeur est mu par un ressort évasé de 7 mm de longueur, de 3,5 mm de diamètre externe. Une des extrémités de l’arrêtoir se termine en demi lune, probablement pour limiter ses mouvements (en rotation notamment)

La butée du ressort de percussion est un petit cylindre d’acier sur lequel s’appuie le ressort de marteau. Cette pièce est obtenue dans un cylindre d’acier de 9 mm de diamètre. Cette pièce ne porte pas de test de dureté. Elle est maintenue en place par une goupille en acier de diamètre 3 mm et de longueur 15,25 mm.

Le ressort de percussion est un ressort à boudin. Il mesure 39 mm au repos. Le diamètre externe est de 5,7 mm. Le diamètre de fil est de : 1 mm. Il s’appuie d’un coté sur la butée du ressort de marteau de l’autre sur la bielle de marteau.

La bielle du marteau est en acier. L’ébauche est obtenue par matriçage d’une tôle de 3 mm. Cette dernière est ensuite usinée. Elle ne porte pas de traces de test de dureté.

Le marteau est en acier, il est composé de 4 pièces. Il reprend les formes d’un chien de revolver ce qui apporte la double action à cette arme par l’emploi d’un cran d’armé double action qui est escamotable. Un second cran est utilisé pour la simple action.

La pièce porte une trace de test de dureté du matériau, elle se trouve sur la face droite près de la surface de contacte avec le percuteur.

L’axe du marteau a une tête très large. La raison est qu’il faut combler le trou fait, sur la face gauche, pour le logement du marteau. Le diamètre de l’axe de marteau est de 4 mm. La tête à un diamètre de : 16 mm.

Il ne porte pas de trace de test de dureté.

La queue de détente, son ressort et son axe sont en acier.

La pièce porte une trace de test de dureté de l’acier (sur le dessus, près du ressort).

L’axe de queue de détente est en acier. Il a un diamètre de 3 mm de diamètre pour une longueur de : 16,9 mm. Il y a une petite gorge qui sert à l’arrêt de l’axe. Cet arrêt s’opère par le ressort de queue de détente dont une branche apparait sur le passage de l’axe.

La barrette séparatrice est en acier. Son emplacement se trouve sur le coté droit de l’arme. Elle est attelée à la queue de détente et agit sur la gâchette.

Le ressort de rappel de marteau agit sur cette pièce et la force vers le haut.

Deux traces de tests de dureté sont visibles, l’un sur la face externe, l’autre sur la face interne

La gâchette et ses axes sont en acier. Elle a du servir de modèle à la conception de celle du P38 car les deux pièces sont très semblables.

Les deux petits axes sont sertis sur le corps de la gâchette.

Le poussoir de gâchette et son ressort sont en acier. Cet ensemble de pièces agit sur la gâchette et la force à redescendre vers le bas. Sans ça, la gâchette serait flottante.

Le levier de désarmement est en acier. Il s’agit d’une petite plaquette en acier qui est l’intermédiaire entre le levier de sûreté manuelle porté par la culasse et la gâchette portée par la carcasse. Cette pièce éloigne la gâchette du cran d’armé simple action du marteau lorsque le servant bascule la sûreté manuelle. 

Les plaquettes de crosses sont en plastique noir. La vis de plaquette de crosse est en acier. Un insert en acier est contenu sur la plaquette gauche, c’est dans ce dernier que la vis de plaquettes prend place.

L’intérieur des plaquettes est creusé laissant apparaitre des nervures servant à renforcer et alléger les plaquettes de crosse.

La culasse assemblée

La culasse assemblée regroupe 11 pièces. L’ensemble pèse 225 grammes. 

Les éléments de la culasse

Le corps de la culasse est en acier. Le bloc capable de  la culasse nue est : 29 mm x 22 mm x 156,4 mm. La pièce est finement polie et bronzée d’un noir profond.

Le poids de la pièce nue est : 209 grammes.

Le logement de ressort de poussoir d’extracteur et de levier de sûreté est percé de l’extérieur de la carcasse. Cela a son importance pour les amateurs de détails techniques.

L’encoche en arc de cercle, logement de la barrette séparatrice, se trouve sur le coté droit de la culasse. L’encoche a une profondeur de : 2,7 mm.

Le passage du canon à l’avant de culasse mesure 11,8 mm pour un diamètre de canon de 11,45 mm.

L’indicateur de chargement trouve sa place au dessus du percuteur. Un trou oblong est usiné au dessus du canal de percuteur. L’extrémité de la pièce ressort à l’arrière de la culasse. L’usinage du logement de l’indicateur de chargement nécessite d’ajourer le logement du percuteur.

Le percuteur et son ressort sont en acier. Le percuteur à une longueur de 40,4 mm. La pointe du percuteur a un diamètre de : 2 mm.

Trois tests de dureté du matériau ont laissés des traces à l’arrière. Il est logique de trouver des traces de ce type ici car c’est la partie qui retient le percuteur lorsque la sûreté est engagée.

Une petite flèche est frappée sur une des faces de l’arrière du percuteur. Au remontage, la flèche doit être positionnée vers le bas de la culasse.

Le ressort de percuteur a une longueur de 30 mm. Le diamètre extérieur est : 4,5 mm. Le fil a un diamètre de 0,5 mm.

L’extracteur, son poussoir et son ressort sont en acier. L’extracteur porte une trace de test du matériau (à l’avant, près de la griffe d’extracteur).

Le poussoir de l’extracteur est aussi le verrou de ce dernier. Dit autrement, il empêche l’extracteur de sortir de son logement.

Le ressort d’extracteur a une longueur de 16 mm pour un diamètre externe de : 3 mm.

L’indicateur de chargement et son ressort sont en acier. Au remontage, il faut commencer par engager l’arrière de l’indicateur. L’extension du ressort sert à maintenir l’indicateur vers le bas du trou oblong de la culasse. L’extension du ressort se monte coté canal de percuteur.

Lorsqu’une munition est chambrée, l’indicateur de chargement fait saillie sur la tranche arrière de la culasse, au dessus du marteau. Il dépasse d’environ de 3,5 mm.

Le levier de sûreté et son poussoir sont en acier. Lorsque le tireur abaisse ce levier, il immobilise le percuteur en position arrière et libère le marteau. Cela n’aboutira pas à la percussion de la munition chambrée car le percuteur est immobilisé par le corps de levier de sûreté et le marteau vient frapper le corps de levier de sûreté (et non le percuteur).

Le poussoir de levier de sûreté est mu par le ressort d’extracteur. Un coté du ressort agit sur le poussoir d’extracteur, l’autre sur le poussoir de levier de sûreté.

Le logement du levier de sûreté se trouve sur la face gauche de la culasse, elle est aisément accessible par le pouce d’un tireur droitier.

Le corps de levier de sûreté porte une trace de test de dureté du matériau.

La hausse en acier est une pièce ajoutée sur la culasse. Cette dernière est montée par queue d’aronde. Elle est potentiellement échangeable, ce qui permettrait d’adapter le tir à la vue du tireur.

Le guidon est taillé dans la culasse. Il n’est pas par conséquent non réglable et non démontable. La largeur du guidon est : 1,8 mm. La hauteur du guidon est : 2,4 mm.

Le chargeur

Le chargeur à pile unique contient 8 cartouches. Le corps semble être une tôle pliée et soudée sur la tranche arrière. Les traces de ce procédés ne sont pas flagrantes car la soudure et les finitions sont très fines et bien faites.

La section du corps de chargeur est : 11,1 mm x 27,1 mm. La tôle a une épaisseur de 0,7 mm.

Le logo du constructeur, le modèle d’arme pour lequel est destiné le chargeur et le calibre sont gravés en bas de la face gauche du chargeur.

Il regroupe 5 pièces en acier, il s’agit :

  • Du corps ;
  • Du fond de chargeur ;
  • Du verrou de fond de chargeur ;
  • Du ressort récupérateur ;
  • De l’élévateur.

L’ensemble récupérateur

L’ensemble récupérateur ne regroupe qu’une seule pièce : le ressort récupérateur. Au repos, il mesure 116 mm de long. Le diamètre du fil est : 1 mm. Le ressort est cylindrique sur sa majeure partie. A environ deux tour de la fin d’un coté, le diamètre augmente. La partie la plus évasée correspond à la bouche de l’arme.  Le diamètre extérieur de la base du ressort est : 14,2 mm. Le diamètre extérieur de la partie évasée est de : 15,8 mm.

Le démontage de l’arme

Le démontage “utilisateur” de l’arme se fait après après avoir ôté le chargeur et contrôlé que la chambre soit vide.

Une portion du pontet limite la course de la culasse. En abaissant le pontet (la butée est effacée), la course de la culasse en arrière est alors plus importante de 6 mm .

Donc une fois le pontet abaissé et la culasse en fin de course arrière, il suffit de lever l’arrière de la culasse pour sortir cette dernière de ses rails de guidage.

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Conclusion

Cette arme a pleinement sa place dans le schéma directeur des avancées techniques des pistolets automatiques à culasse non calée à cause de son mécanisme, de sa fiabilité, de sa supériorité technique, de son avant-gardisme, de son mécanisme en simple action.

C’est sous une esthétique un peu austère que le pistolet Walther PP a vu le jour. Par la suite, elle sera remplacé par une esthétique très sympa pour ne pas dire avant-gardiste si l’on regarde ses concurrents. C’est pour cette raison qu’elle est toujours très en vogue et copiée.

L’article sur le pistolet Walther PP démontre que, dès 1929, les concepteurs et fabricants allemands sont en avance. On se rappelera un précédent article gunsmithdesigner.com sur un pistolet de même calibre : le Lepage (lire l’article). Ce dernier est très en deçà du Walther PP alors qu’il provient d’un grand nom de l’armurerie et de la même époque. 

Une majorité des pièces a bénéficié d’un test de dureté des matériaux.

Bien que parfait, le pistolet Walther reste une arme en 7,65 browning. On se rappel, la relative faible puissance de ce calibre (lire l’article). Il sera un test pour son successeur, le Walther P38 reprendra notamment le mécanisme de chien, détente, barrette/séparatrice dans un calibre plus à la page et qui deviendra un standard : le 9 x 19.

On voit à travers ces articles les multiples intérêts donnés par la comparaison d’armes de même type. Des pistolets de même volume et de même calibre existent toujours. Quelles sont les évolutions existantes ou probables pour une arme de ce type ?

  • Une carcasse en matériau composite ou en aluminium faisant gagner un gain de poids, une plus grande rapidité dans la fabrication, pas de départ d’oxydation, pas de traitement de surface ;
  • Un chargeur à grande capacité.

 

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