Le mécanisme Pedretti

De nombreux types de mécanisme existent, ils ont un intérêt plus ou moins prononcé et couvrent une plage d’utilisations ou d’utilisateurs plus ou moins variée. Tous méritent que l’on y prête attention…ne serait ce qu’à des fin de formation et d’étude de la diversité.

Je rencontre souvent un mécanisme qui pour moi porte le nom de Pedretti (c’est sous ce nom que je l’ai croisé la première fois). Par la suite, c’est sous d’autres noms.

C’est une arme simple peu chère et très répandue.

Il partage le même segment d’utilisation que les fusils Simplex, Harrington et Richardson, Baikal à un coup.

I Les pièces maîtresses

La bascule

La bascule est en acier. Elle entre dans un bloc capable de : 31,5 mm x 57,5 mm x 157 mm.

Des traces d’usinages et même des bavures (plus ou moins importantes) sont présentes un peu partout. Il serait opportun d’ébavurer les pièces avant remontage.

Le diamètre du canal de percuteur est : 2,6 mm. L’épaisseur de métal de chaque côté du pied de canon mesure (pour chaque coté) : 10,5 mm.

L’emplacement du pied de canon a une largeur de 10 mm.

Quelques soit le calibre (36, 20 , 16, 12) des armes que j’ai eu entre les mains, la bascule est la même.

Bien que très proche, on trouve au moins deux versions de bascule (selon le fabricant). La principale différence est l’emplacement de la goupille de basculage. Les canons de ces deux versions ne sont donc pas interchangeables sans adaptation lourde. J’entends par là le rebouchage du passage de la goupille de basculage sur le canon et reperçage d’un nouveau.

L’axe de basculage à un diamètre de : 10 mm. Il est vissé dans la bascule par un filetage de 9 x 100. Pour démonter le canon, il faut extraire l’axe puis le canon.

Un revêtement de surface est apposé sur la pièce, cela ressemble à un nickelage. Par endroit, l’oxydation prend le dessus sur le traitement de surface.

Le pontet

Le pontet est en acier, c’est une pièce lourde. Le pontet est en place sur la bascule par un axe en acier de 4 mm de diamètre et une encoche en queue d’aronde.

Cet élément est le support de la queue de détente et du marteau. Il est aussi le point d’appui du ressort de marteau.

Le filetage de la vis de crosse se fixe à l’arrière du pontet par un filetage de 6 x 100. La vis traverse toute la crosse. La tête de la vis est accessible sous la plaque de couche.

La frette du canon

La frette du canon est le bloc arrière du canon sur laquelle est soudé le tube du canon.

Ce bloc est en acier. Il est difficile de citer le poids de la frette car selon le calibre le poids change. Les dimensions du bloc capable sont :

Quelque soit le calibre, les dimensions externes de la frette du canon sont les mêmes. Seul l’extracteur change.

II Les fonctions de bases de ce fusil

L’ouverture, le verrouillage

L’ouverture se fait via la clé qui se trouve sur le dessus de la bascule, en la pivotant vers la droite pour l’ouverture. La clé reviendra a sa position d’origine sous l’effet d’un ressort de rappel.

Ce n’est pas la clé qui fait tout le travail d’ouverture. La clé est reliée à une pièce d’acier, le verrou, par une came.

La clé est une pièce de micro-fusion en acier.

La course de la clé est réglable, une vis agit sur la course. Une contre-vis verrouille la vis de réglage. Le déplacement arrière du verrou se fait sur une longueur de : 5 mm .

Le verrou est biseauté à l’avant. C’est ce biseau qui sera au contact avec le pan incliné ,logement du verrou, sur le canon.

Le verrou est un petite plaquette d’acier, ses dimensions sont 35,5 mm x 17 mm x 5 mm.

L’armement du marteau

Depuis qu’il existe des armes à marteau interne (hammerless : sans marteau. Ce qui est impropre car il existe néanmoins un ou plusieurs marteaux. Il faudrait dire : sans marteau apparent), il faut un dispositif pour armer ce ou ces marteaux. C’est ce que nous allons voir ici.

L’armement du marteau ne pouvant se faire de manière manuelle (car il n’est pas accessible par le tireur), il faut un dispositif interne. En l’occurrence ici, l’armement du marteau se fait par le verrou du canon. En effet, lorsque le tireur manipule la clé d’ouverture, une came déplace le verrou d’avant en arrière. C’est lorsque le verrou recul que ce dernier vient au contacte du marteau et le force à pivoter autour de son axe. Passée une certaine course, le marteau reste à l’armé sur la queue de détente.

L’effort utile à l’armement le marteau est transparent pour le tireur car la came du levier de démontage décuple la force à l’ouverture.

La percussion

La percussion est assurée par un marteau qui frappe un percuteur cylindrique.

Le marteau est porté par le pontet, le percuteur est porté par la bascule.

Le cran d’armé du marteau a une hauteur de : 0,9 mm.

Le ressort de marteau agit sur le marteau par une pièce intermédiaire : le poussoir du ressort. Les dimensions du ressort de marteau sont : longueur : 15 mm, diamètre externe : 5 mm, diamètre de fil : 0,5 mm.

Le percuteur est obtenu dans un cylindre d’acier de 6 mm de diamètre. La longueur du percuteur est de 32 mm. Le diamètre de la pointe du percuteur est : 2,5 mm.

La détente

La détente du mécanisme de percussion se fait par la queue de détente uniquement. Donc la détente est directe, c’est à dire qu’il n’y a pas de jeu entre les deux pièces car la queue de détente est en prise directe avec le marteau et reçoit l’effort du ressort de marteau.

Si l’on voulait qu’un léger jeu existe entre la queue de détente et le marteau, il faudrait ajouter une troisième (une gâchette) pièce entre les deux. La pièce intermédiaire serait en prise directe avec le marteau et ainsi le léger jeu pourrait exister entre la queue de détente et la pièce intermédiaire.

La queue de détente est soumise à l’action du doigt du tireur mais aussi à son ressort et son poussoir qui lorsque le tireur relâche son action sur la queue de détente, elle reprend sa place et peut ainsi saisir le cran d’armé du marteau lors du prochain réarmement (si le tireur n’agit pas sur la queue de détente, dans le cas inverse il n’y aura pas d’armement).

La sureté

Le levier de sureté manuelle est un petit poussoir qui se trouve sur le dessus de la bascule, à proximité de la clé. A l’intérieur de la bascule une pièce en U prend le relais du levier externe et vient s’interposer sur le passage de la queue de détente. Selon la position du levier de sureté, le tireur peut ou non actionner la queue de détente.

Une lame ressort marque les deux positions : arme à la sureté, arme prête à faire feu.

L’extraction

L’extraction de la cartouche ou de l’étui tiré se fait par une pièce qui est logée sous la chambre : l’extracteur. Une seconde pièce complète le corps de l’extracteur, il s’agit d’une sorte de clavette. Cette pièce est l’intermédiaire entre la bascule et le corps de l’extracteur.

Lorsque l’on bascule le canon, jusqu’à une certaine course, la clavette de corps d’extracteur entre dans un logement prévu à cet effet sur la bascule et commande la course de l’extracteur en fonction de l’ouverture du canon.

III Une évolution possible

Cette arme est momentanément figée dans des versions à canon lisse. Pour autant, on pourrait envisager des versions à canon rayé adaptées à la résistance de la bascule.

Je pense qu’il pourrait être amusant pour un étudiant en armurerie ou professionnel de concevoir et réaliser un coffret composé d’une base commune (la bascule) et de toute une série de canons lisses (410, 14 mm, 20, 16, 12) et rayés (22 hornet, 222 remington, 30-30, 44-40, 45 long colt…) .

Dans le cadre cité supra, une autre chose me parait intéressante à définir : A quel type de calibre et à combien de cycle résiste une bascule “Pedretti”. Comment savoir ? A mon humble niveau, je ne sais pas comment définir ni même comment circonscrire ce problème mathématiquement. Je serais donc partisan de l’essai grandeur nature, à l’aide d’une bascule témoin et d’une frette “universelle”, sur laquelle, il serait possible de visser des canons de divers calibres. Après chaque série d’un calibre donné, la bascule serait mesurée selon un protocole défini à l’avance pour tenter de déceler des débuts de rupture. Cet examen se ferait également sur le verrou du canon et la frette du canon (notamment au niveau du cran de verrouillage du canon).

Si un étudiant en armurerie ou un professionnel souhaite tenter cette aventure grandeur nature, je serais ravi de collecter les informations et de publier les résultats sur le présent site.

Si des spécialistes en résistance des matériaux savent ou ont des pistes pour calculer la résistance des pièces sans tests physiques, je suis intéressé pour connaitre et la méthode employées et les résultats théoriques. Quel bonheur que de comparer les résultats des uns et des autres, la théorie et la pratique.

Conclusion

C’est une arme rustique, simple, à faible coût qui convient pour ce type de segment d’utilisation. Je ne pense pas qu’elle supporte le même nombre de cartouches qu’un Simplex, Baikal, Harrington et Richardson. Car les bascules de ces trois armes me semblent plus robustes.

Il n’existe pas de fabricant de ce type d’arme en France. Pourquoi aucun industriel ne veut tenter l’aventure ? Peut être ne serait il pas compétitif face à des armes qui viendraient d’Italie ou d’ailleurs (Turquie par exemple).

Toutes les pièces du mécanisme sont en acier usiné sauf la clé d’ouverture qui est une pièce de micro-fusion usinée après moulage.

L’approche d’une arme à travers l’étude de ses fonctionnalités nous permet de voir ce qui est proposer au client pour un prix donné.

A ce jour, l’arme est figée dans des versions à canon lisse. Je serais ravi de suivre et de rédiger un nouvel article sur les travaux d’un étudiant ou d’un professionnel qui réaliserait une version à canon rayé et/ou d’un spécialiste en résistance des matériaux qui par calculs tenterait de quantifier la résistance de ce mécanisme. Quels calibres et combien de cycle peut supporter ce mécanisme ?

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