Le pistolet Colt Combat Commander en 45 ACP

On ne présente plus le pistolet 1911. Cette arme a été déclinée par bon nombre de constructeurs, incarnée sous divers modèles, calibres, matières…Cependant, connait on vraiment ce qu’il y a à l’intérieur ? De quoi sont ils faits exactement ? Existe t’il des différences importantes entre les premières versions et les modèles plus récents ? Le présent article constituera un des éléments permettant de mieux connaitre et d’analyser les membres de la famille des 1911.

Cet article se penchera sur une version “courte” du 1911 : le Colt 1911 modèle Combat Commander. Cette arme est une série 70, il n’y a pas de sécurité de percuteur. Elle nous ramène à l’origine du 1911. Une arme “simple”, virile, efficace et qui a de la gueule.

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Caractéristiques de l’arme :

  • Longueur de l’arme : 230 mm ;
  • Hauteur de l’arme : 135 mm ;
  • Épaisseur de l’arme : 33 mm ;
  • Le poids de l’arme : 980 grammes ;
  • Le calibre : 45 ACP ;
  • Rayure du canon : 6 ;
  • Pas des rayures : 1 tour sur 406 mm ;
  • Longueur du canon (entrée de chambre à la bouche) : 105 mm ;
  • Capacité du chargeur : 7 coups ;

La carcasse assemblée

Le poids de la carcasse assemblée est : 527 grammes.

Les éléments de la carcasse

La carcasse est en acier. Le bloc capable est : 19,2 mm x 111,5 mm x 163,5 mm.

Le poids de la carcasse nue est : 322 grammes.

Les dimensions du rail en T de guidage de la culasse sont : Largeur des branches : 19 mm soit 0,2 mm de moins que le corps de la carcasse. La hauteur des branches : 2,5 mm. La hauteur sous les branches du T : 3 mm. La largeur sous les branches : 15,8 mm.

Toutes pièces mécaniques sont les fruits d’opérations techniques (moulage, tournage, fraisage, brochage, soudage…). L’étude des traces laissées par la technique employée est particulièrement intéressante pour définir ou tenter de définir le nombre d’étapes, les types d’usinages, les outils utilisés pour produire ces pièces. On apprend ainsi énormément de choses. Sur les armes d’un certain age, il est relativement aisé de trouver ces traces et de les interpréter. C’est moins le cas sur les fabrications plus modernes, très automatisés, car les traces sont plus fines voir absentes.

Pour les usinages les plus simple et pour les personnes qui ont un peu d’expérience en la matière, la question ne se pose que très brièvement car il est aisé de répondre.

En revanche, pour des usinages complexes comme le logement de la queue de détente, la réalisation du logement de mécanisme, il devient plus difficile de déterminer le nombre d’étapes et la chronologie de celles-ci. Si l’on regarde macro et que l’on tente l’exercice au niveau de la carcasse complète, on se rendra vite compte que cette pièce additionne un nombre d’étapes élevé.

Une pièce est sertie sur le coté gauche de la carcasse. Il s’agit du logement des poussoirs d’arrêtoirs de culasse et de sûreté.

La queue de détente est en acier. Sur le modèle que nous étudions ici, la queue de détente est large : 8,8 mm. Une vis de backlash limite la course de queue de détente après le départ de coup. Cette vis n’est pas une vis de réglage de l’effort de détente. La butée de la vis de backlash est le corps d’arrêtoir de chargeur.

L’avant de la queue de détente est profondément striée. La largeur de la pièce plus les stries apportent d’avantage de confort.

La gâchette est en acier. Il n’y a pas beaucoup de formes géométriques simples sur cette pièce. Cette dernière n’a pas évoluée depuis le modèle d’origine.

L‘axe de gâchette a un diamètre de 2,8 mm. Il a une tête fraisée, de sorte qu’on ne peut l’extraire que du coté gauche de la carcasse après démontage de la sureté.

Le séparateur est en acier. Son rôle est de désolidariser la queue de détente et la gâchette. Lorsque la culasse est reculée de quelques millimètres, le séparateur est enfoncé. Ce qui le désolidarise de la gâchette.

Le marteau et son axe sont en acier. Le marteau est relié au ressort de percussion par une bielle attelée par un axe.

Tout comme l’axe de gâchette, l’axe de marteau a une tête fraisée. On ne peut l’extraire de sont logement que par le coté gauche de la carcasse.

Deux crans sont taillés : un cran de sécurité et le cran d’armé. Le cran d’armé mesure 0,8 mm et le cran de sécurité : 1,7 mm.

Le ressort trois lames a trois usages, un par branche. Une branche pour la gâchette et la queue de détente, une branche pour la pédale de sécurité, une branche pour le séparateur.

L’arrêtoir de chargeur regroupe trois pièces. Le corps, le ressort, le tendeur de ressort. Les trois pièces sont en acier. Le corps d’arrêtoir ne semble pas produit par micro-fusion ou du moins, il n’en porte pas les traces. Il est la butée de la vis de backlash de queue de détente.

La pédale de sûreté est en acier. C’est une pièce de micro-fusion. Elle agit sur la course de la queue de détente. Tant que le tireur ne presse correctement la pédale de sûreté, la course de la queue de détente est limitée.

Afin d’alléger l’arme, il aurait pu être possible d’utiliser une pièce de même forme mais en aluminium. Il en a été décidé autrement, la robustesse avant tout. C’est probablement pour uniformiser l’état de surface des pièces aussi.

Le logement de ressort de marteau est un bloc d’acier. La pièce ne porte pas de trace de micro-fusion. Il coulisse dans la carcasse et est maintenu par un axe en bas de la poignée pistolet.

Cette pièce contient plusieurs autres pièces. A savoir :

  • Le ressort de marteau est en acier. Ces dimensions sont : diamètre externe : 6,9 mm, longueur non compressée : 52 mm, diamètre de fil : 1,1 mm.
  • Le poussoir de bielle de marteau est un petit poussoir en acier. Elle est l’intermédiaire entre le ressort de marteau et la bielle de marteau. Il est taillé dans un cylindre d’acier de diamètre 7 mm et de longueur 19 mm.
  • Le verrou de goupille de logement de ressort est en acier. Il est taillé dans un cylindre de 6,8 mm et 13,5 mm de long.
  • La goupille d’arrêt de poussoir de bielle de marteau conserve le tout à l’intérieur du corps de logement de ressort de marteau. Elle permet de désolidariser aisément le logement de ressort de marteau de l’arme sans rien perdre. La goupille a une tête fraisée, son corps a un diamètre de 2,1 mm. Cette goupille ne peut s’extraire que par l’arrière après démontage du logement de ressort de marteau.

Le logement de ressort de marteau est maintenu sur la carcasse par une goupille qui la traverse. Une gorge existe au milieu de la goupille, elle est le logement du verrou de goupille cela empêche que l’axe sorte de son logement de manière intempestive.

Les inserts de vis de plaquettes sont en acier. Ils sont vissés sur la carcasse. Ils sont présents pour que le serrage des vis de plaquettes ne se fasse pas directement sur la carcasse car l’épaisseur de métal est trop faible. Cela risquerait, à force de montage/démontage des plaquettes de crosse, d’arracher les filetages de la carcasse.

L’éjecteur est en acier. Il est monté sur la carcasse par deux pions. Un des deux pions est traversé par une goupille, cette dernière traverse également la carcasse.

Les plaquettes de crosse apportent du confort. Bien que l’arme a un certain age, les plaquettes sont restées en bel-état. Le quadrillage est franc, non émoussé.

Les vis de plaquettes sont au nombre de quatre, deux par plaquette. Elles sont un peu oxydées. Elles mériteraient un bon polissage. Elles ne sont pas vissées directement dans la carcasse.

L’arrêtoir de culasse est en acier. Le diamètre de l’axe de biellette est de 5 mm. C’est cet axe qui entre dans la biellette de canon pour servir au verrouillage/déverrouillage.

La culasse assemblée

La culasse assemblée rassemble peu de pièces. Le verrou de percuteur aurait pu être remplacé par une goupille. Cependant, en remplaçant le verrou du percuteur par une goupille, le démontage, le nettoyage du percuteur et de son logement par le servant n’aurait pas été possible. C’est une arme de guerre, l’entretien est primordiale pour ce genre de matériel et ce genre d’utilisation.

Les éléments de la culasse

Le corps de culasse est une pièce en acier. Les dimensions du bloc capable sont : 36,7 mm x 23 mm x 170 mm.

La culasse est massive. Le poids de la culasse nue avec le guidon et la hausse est : 324 grammes (autant que la carcasse nue).

Le diamètre du trou du logement du canon est de : 17,9 mm alors que le diamètre du canon est 17,5 mm. Il existe donc un jeu théorique de 0,2 mm de chaque coté du canon.

La distance entre la cuvette de tir et la butée du marteau sur la culasse est : 58,5 mm.

J’ignore si la hausse photographiée ici est la hausse d’origine. Elle est très basse mais est néanmoins réglable. La pièce photographiée est bonne a changer car elle est déformée par des chocs. Une petite hausse réglable est une bonne chose mais cela amène une certaine fragilité.

Le guidon est en acier, il est serti sur la culasse. La largeur du guidon est : 2,7 mm.

Le bushing du canon guide ce dernier au niveau de la bouche. Attendu que le Combat Commander est une version courte du pistolet 1911 standard, cette pièce est plus courte aussi. Cela est fait pour que la pièce ne bute pas sur le canon en fin de course arrière de la culasse. La longueur totale de la pièce est : 13,5 mm.

L’extracteur est en acier. Il se suffit à lui même car il fait office de ressort et donc n’en a pas besoin ni de poussoir, ni de goupille non plus. C’est le verrou de percuteur qui le maintien en place. Il est usiné dans un cylindre d’acier de 6,88 mm de diamètre et de 67,7 mm de longueur.

Le percuteur est cylindrique. Il est obtenu dans un cylindre d’acier de diamètre 5,4 mm. Sa longueur est de : 58 mm. La pointe du percuteur a un diamètre de : 2,26 mm.

Le ressort de percuteur entoure le percuteur. Les dimensions du ressort sont : diamètre externe : 5,3 mm, longueur : 43 mm. Le diamètre de fil : 0,6 mm.

Le verrou du percuteur est une petite plaquette en acier. Les dimensions du bloc capable sont : 16,7 mm x 11,8 mm x 3,3 mm.

Elle s’extrait aisément de son logement. Pour cela, il faut enfoncer le percuteur et abaisser la planchette vers le bas.

Le canon

Le canon rassemble plusieurs pièces. Il est en trois parties. Le canon, la biellette, l’axe de biellette. Sur certaines armes utilisant le principe de verrouillage type Colt, le canon est monobloc. Dans ce cas, il n’y a pas de biellette mais le verrouillage/déverrouillage est fait via un trou oblong qui est usiné sous le canon.

La longueur du canon est : 105 mm. La longueur totale (avec l’excroissance arrière) est 108,7 mm. Le contraste entre le diamètre extérieur du canon et le diamètre d’âme est amusant. En effet, les parois du canon paraissent fines si on les comparent au calibre de l’arme. Le diamètre externe du canon est : 14,7 mm. Le diamètre d’âme : 11,43 mm. Soit, l’épaisseur des parois est :1,635 mm. Le diamètre externe au niveau de la chambre est : 17,5 mm.

Le culot de la cartouche dépasse de 3,5 mm à l’arrière de la chambre.

Dans une certaine mesure, il est possible de jouer sur la distance entre l’axe de biellette et l’axe d’arrêtoir de culasse pour faire varier le verrouillage. En l’occurrence, il existe des jeux de biellettes ayant des entre-axe différents.

Le chargeur

Le chargeur est en acier. Son corps est une tôle de 0,7 mm pliée et soudée. La soudure se trouve sur le dos du chargeur.

Le nombre de pièces est limitée. En effet, cinq pièces sont couramment utilisées sur bon nombre de chargeurs. Ici, 3 seulement. Cela provient du fait que le fond de chargeur est soudé sur le corps. Il n’y a donc pas de fond de chargeur amovible ni de verrou de fond de chargeur.

La section externe du chargeur mesure : 13,9 mm x 34,45 mm.

L’ensemble récupérateur

Pour sa version d’origine, l’ensemble récupérateur de cette arme est composé de trois pièces : le ressort, la tige guide et le guide avant. Il existe bon nombre de type de tige guide pour les 1911.

Les guides avant et arrière sont des versions courtes des pièces du 1911 standard. La longueur totale du guide arrière est : 31 mm. La longueur totale du guide avant est : 27,5 mm.

La longueur du ressort récupérateur est : 120 mm. Le diamètre externe est : 11 mm. Le diamètre du fil est : 1,1 mm.

Le démontage de l’arme

De nombreuses vidéos se trouvent en ligne sur le net et je ne vois pas l’intérêt de redonner les mêmes informations.

On peut dire que le démontage est subordonné à deux pièces : la clé de démontage et le bushing de canon. Peu de pistolets automatiques ont une une pièce additionnelle en bout de canon. Cette pièce aurait pu être supprimée à la condition de complexifier la culasse. Ici, il a été préféré l’emploi de deux pièces.

Après une bonne instruction, le Colt 1911 est entièrement démontable par le servant. Le seul outil nécessaire serait un chasse goupille pour extraire la goupille de logement du ressort de marteau. Le reste des pièces peut être démonté sans outils.

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Conclusion

Si on le compare aux pistolets modernes, le Colt Combat Commander est une arme d’un autre temps. Ce n’est pas étonnant car bien qu’il ait été réalisé “récemment” , il est basé sur son modèle d’origine. Il est entièrement en acier usiné, de faible capacité, en simple action, lourd , viril. Il utilise un projectile de fort diamètre mais de faible vitesse (émanent des calibres réglementaires du 19 ° siècle).

Le présent article est rédigé non pas pour se poser la question si c’est une bonne arme ou si elle fonctionne correctement (comment critiquer ce modèle qui vient de la maison mère). Mais pour jeter : des éléments, des photos, des formes de pièces, des dimensions diverses qui seront le moment venu des références servant à des fins de comparaison et de formation.

Le Colt Combat Commander série 70 est un modèle qui n’est pas “modernisé”. L’apparition généralisée de sécurité de percuteur provient, à partir d’une certaine période, d’une probable volonté de ne pas ternir la réputation d’une marque, d’un modèle et de se mettre à l’abri d”éventuels procès

C’est une arme que j’apprécie pour son style incomparable, sa bonne conception, sa virilité, le fait qu’il soit entièrement démontable par le servant, son calibre, le nombre d’accessoires disponibles.

On peut mesurer à travers les armes de cette époque et notamment celle-ci l’absence de noblesse des armes modernes. L’emploi de procédés de fabrication très rapides retire à mes yeux la noblesse d’un produit en dévalorisant l’expression de la main humaine qui est remplacé par du moulage, de l’usinage rapide.

Dans un autre article (à lire ici), nous avons vu le moulage à la cire perdue d’une carcasse de 1911 Maximus Arms. Alors que le producteur de l’ébauche moulée avait accepté d’expliquer, de préciser les étapes utiles au moulage, le fabriquant (Maximus arms) avait refusé que les reporters filment l’usinage de l’ébauche. Cela est intéressant car bien que le 1911 soit une arme extrêmement rependue et copiée, les méthodes et la chronologie des usinages choisies par les fabricants sont jalousement gardées.


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