Le pistolet Manufrance Le français en 7,65 mm

Une fois encore les hasards de la vie m’ont apportés une arme que je souhaitais vous présenter depuis un certain temps. Celle-ci a une place particulière pour moi pour au moins deux raisons. Primo : je suis un fan de Manufrance, secundo : cette arme est pour moi un des ancêtres du pistolet Glock (pas pour son système de verrouillage car il n’y en a pas mais pour son mécanisme de détente et de percussion). Nous nous réunirons aujourd’hui autour du pistolet Manufrance Le Français en 7,65 mm.

Un second article sera consacré à la version en 6,35 mm. On pourra alors comparer les deux armes et voir s’il y a des différences significatives.

Les caractéristiques de l’arme

  • Longueur de l’arme :  177 mm ;
  • Hauteur de l’arme : 122,5 mm ;
  • Épaisseur de l’arme : 30,5 mm ;
  • Le poids de l’arme : 646 grammes ;
  • Le calibre : 32 acp ;
  • Rayure du canon : 6 ;
  • Pas des rayures : 1 tour sur 250 mm (selon les normes CIP) ;
  • Longueur du canon (entrée de chambre à la bouche) : 83 mm ;
  • Capacité du chargeur : 8 coups ;
  • Production : environ 10 000 exemplaires de 1950 à 1969.

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La carcasse assemblée

La carcasse assemblée pèse : 323 grammes (avec l’axe de basculage du canon).

Les éléments de la carcasse

La carcasse nue est en acier. Elle entre dans un bloc capable de dimension : 146 mm x 96,5 mm x 15 mm (sans les tenons de guidage de la culasse inclus à l’éjecteur) , 17,9 mm (si l’on inclus les tenons). La pièce pèse : 196 grammes.

Contrairement à la majorité des pistolets automatiques, le ressort récupérateur ne se trouve ni près ni dans l’axe du canon (en dessous, autour …) mais à l’avant du chargeur dans un axe quasi perpendiculaire à celui du canon.

Le logement de la queue de détente est usiné sur la face gauche de la carcasse. Grace à cette configuration, le servant peu démonté simplement la queue de détente et approfondir l’entretien de son arme.

Le logement du canon a une largeur de 7,3 mm.

L’éjecteur est une pièce rapportée, il est maintenu en place par deux goupilles serties. La culasse est guidée à l’avant par le canon et à l’arrière par deux petites “oreilles” de l’éjecteur qui empêche la culasse de se relever. Il n’y a pas de jeu entre l’éjecteur et la carcasse.

Un anneau de dragonne est monté sur le bas de la carcasse (coté gauche).

Le pontet est formé par l’usinage d’un trou oblong de dimensions : 24 mm x 36,2 mm.

Le logement du chargeur a une section : 27,5 mm x 11,1 mm.

Les bras relais de ressort récupérateur prennent place sur la carcasse dans deux alésages prévus à cet effet. Deux petits cylindres sont sertis sur la carcasse, il s’agit des butées de bras relais de ressort récupérateur. Il n’y a pas de jeu entre les pièces alors que les efforts du ressorts sont importants.

Sur la face gauche, un usinage important de la carcasse est la portée de la gâchette. Cette surface va donner à cette dernière sa position verticale. Dit autrement, selon la position de la gâchette sur cette portée, la gâchette sera plus ou moins haute. La gâchette et la queue de détente ne faisant qu’une seule pièce, c’est ainsi que le tir est commandé par l’action du doigt du tireur. On verra en détail cela dans un chapitre dédié au système de percussion et de détente.

Au même endroit mais sur la face droite de la carcasse, il existe la butée de la gâchette. Il s’agit de la butée avant.

L’axe de canon est en acier. Cette pièce est amovible, en enlevant cette pièce le canon peut être extrait de la carcasse. La tête de l’axe de canon se verrouille sur un pion porté par la carcasse. Pour désolidariser la culasse de l’arme, il faut au préalable démonter le canon.

L’axe de rotation a un diamètre de 4,5 mm. L’axe n’est pas maté par le pied du canon.

Le ressort et poussoir de relevage du canon est positionné à l’avant de la carcasse dans un logement prévu à cet effet. Lorsque l’utilisateur bascule la clé de démontage vers le bas ou enlève le chargeur, le canon se relève poussé vers le haut par le ressort et le poussoir de relevage.

La longueur dépliée est : 13 mm. Le diamètre extérieur du ressort est : 6 mm. Le diamètre du fil est : 1,1 mm.

La queue de détente est en acier. C’est une pièce complexe. On pourrait imaginer que cette dernière soit formée à partir de plusieurs pièces soudées. Ca ne semble pas être le cas. Il serait intéressant de se plonger dans les archives de Manufrance pour tenter de préciser les méthodes et moyens de production usités.

Il est à noter sur cette arme, qu’elle ne possède pas de barrette séparatrice. La barrette séparatrice sur un pistolet automatique est l’organe ou un des organes qui empêche le tir en rafale. Il n’est pas possible d’avoir de séparation de la gâchette et de la queue de détente sur le Le Français car la pièce est monobloc, elle ne peut par conséquent être déconnectée.

Le cran de gâchette a une hauteur de : 0,5 mm.

Une petite roue limite les frottements entre la queue de détente et la carcasse. Elle trouve sa place dans la queue de détente.

Le ressort de queue de détente et la tige guide de ressort de queue de détente ramène la queue de détente sur sa butée avant et sur le dessus de son rail de guidage. Les dimensions du ressort dépliée du ressort : 57 mm. Le diamètre externe du ressort est : 5 mm. Une des extrémités est évasée, elle mesure 5,5 mm. Le diamètre du fil est : 0,5 mm.

Le ressort récupérateur est très dur. Je n’ai pas désolidarisé le ressort de l’ensemble car la goupille est difficile à sortir. Monté sur sa pièce support, le ressort n’est pas compressible à la main. Le diamètre extérieur du ressort est 8,4 mm. Le diamètre du fil est d’environ 1,5 mm.

La tige guide du ressort récupérateur est en acier. Elle maintien le tout assemblé. Un trou existe sur le noyau de tige guide (près de l’entré du chargeur), ce qui permet d’y glisser une goupille ou autre ce qui va légèrement comprimé le ressort et permettre au servant de remonter la culasse plus facilement. L’effort sur les bras relais de ressort récupérateur sont importants.

Le logement du ressort récupérateur est en acier. Il coulisse dans un logement prévu à cet effet à l’avant du logement du chargeur. Il est usiné de sorte que deux petites oreilles sont présentes de chaque coté. C’est sur celle-ci que viennent reposer les bras relais de ressort récupérateur.

Les bras relais de ressort récupérateur sont en acier, ils sont au nombre de deux. Ils sont répartis de chaque coté du chargeur.  Bien que soumis à des efforts important du ressort de percuteur, les pièces n’ont que de très légères bavures.

Le ressort de clé de démontage a deux usages. Le premier est de maintenir dans son logement la clé de démontage. Le second usage est de la ramener en position d’origine.

Il s’agit d’un ensemble de trois pièces : un support, une lame ressort, un rivet.

La clé de démontage est en acier. Elle verrouille le canon en position basse. Le canon reste verrouillé tant que le chargeur est engagé. Une fois que le chargeur est désengagé de son logement de quelques centimètres, la clé de démontage pivote sous l’effet du ressort de clé de démontage et libère le canon. Le levier accessible par le servant est disponible sur le coté droit de la carcasse.

Les plaquettes de crosse sont composés de deux éléments, un support métallique et la plaquette en elle même.

Chaque plaquette est maintenue par une vis.

Je ne peux pas vous montrer de photo des vis de plaquettes car celles-ci ne me semblent pas d’origine.

Le canon

Le canon est monté sur la carcasse. Il mesure : 83 mm de longueur. Le corps du canon a un diamètre de : 12,5 mm. Soit une épaisseur de parois de : 2,34 mm au minimum.

Le bourrelet de la cartouche ne dépasse pas de la face arrière du canon mais est en revanche en retrait de 0,3 mm. Cette côte peut évoluer selon le fabricant de la cartouche. Il vient en butée sur un épaulement interne.

Deux excroissances existent sous le canon. Une à l’avant du canon sert de pivot au canon, elle a une largeur de 7,3 mm. Une à l’arrière qui sert à immobiliser le canon verrouillé en position basse, elle a une largeur inégale car le profile est conique, la partie haute est la plus large.

La chambre est entourée sur le dessus d’un renfort. Le diamètre de ce renfort est de : 17 mm. Trois stries servent de refroidisseur et “allègent” l’arme.

La rampe d’alimentation est en partie sur la carcasse et en partie sur le canon.

Le guidon est taillé dans le canon. Quelques usinages semblent obtenus par brochage ou par l’emploi d’étaux-limeur.

La culasse assemblée

Cet ensemble pèse : 208 grammes.

Les éléments de la culasse

La culasse nue est en acier. Le bloc capable de cette pièce est : 127,8 mm x 24,9 mm x 22,5 mm. Le poids de la pièce nue est : 187 grammes.

Le canal de percuteur a un diamètre de : 1,9 mm.

Le logement du percuteur est une succession de forage de divers diamètres. Un pour le canal de percuteur, un pour le logement du ressort de rebondissement, un pour le logement du ressort de percussion, un pour le logement du bouchon arrière. La profondeur de ces forages ont une grande importance car de ça dépendent certaines fonctionnalités de l’arme.

On retrouve en dessous de la culasse les rails de guidage de la culasse. Les encoches de bras relais de ressort récupérateur.

C’est marrant de noter qu’il n’y a pas de sécurité de percuteur. Rien d’anormal car il s’agit d’une arme ancienne … mais !! Est il nécessaire d’avoir ce genre de dispositif sur une arme qui utilise ce principe de percussion et de détente ?? Je lance le débat, qu’en pensez vous ? 

Une butée est aménagée à l’avant de la culasse. C’est cette surface qui est en contacte avec la carcasse. Il est à noter que cette butée est biseautée, elle n’est pas perpendiculaire au dessous de la culasse.

La face arrière de la culasse est aménagée pour recevoir le bouchon arrière de la culasse. Il est monté par un système d’encoche, il n’est pas vissé sur la culasse.

Le bouchon arrière est en acier. Ce système permet de démonter rapidement le percuteur et ses ressorts. L’entretien est aisé. Le corps de bouchon a un diamètre de 10,5 mm.

Le ressort de percussion a une longueur déplié de 53 mm. le diamètre extérieur est : 6,7 mm. Le diamètre de fil est : 0,8 mm.

La chose importante concernant le ressort de percuteur est que ce dernier arrête sa course avant que le percuteur n’atteigne sa butée, de sorte que le percuteur effectue un “vol libre” jusqu’à l’amorce de la cartouche

Le percuteur est en acier. La longueur du percuteur est : 68 mm. Le diamètre de la pointe du percuteur est : 1,8 mm.

Certaines parties du percuteur ont un diamètre diminué pour limiter les frottements.

Le percuteur est animé vers l’avant par le ressort de percuteur et repoussé hors de la cuvette de tir par le ressort de rebondissement.

Le ressort de rebondissement du percuteur est utile pour que la pointe du percuteur ne fasse pas saillie en permanence dans la cuvette de tir. La longueur du ressort est : 23 mm. Le diamètre extérieur est : 4,9 mm. Le diamètre de fil est : 0,6 mm.

Le second rôle du ressort de rebondissement du percuteur est de plaquer le percuteur en arrière afin que la gâchette vienne chercher ce dernier toujours au même endroit. La butée arrière du percuteur monté est le ressort de percussion.

En l’absence de ressort de rebondissement, le percuteur ne peut être saisi par la gâchette car il se trouve trop en avant. Il y a une différence de 2 mm entre les deux positions du percuteur entre butée arrière et butée avant (sans ressort de rebondissement).

L’extracteur, son ressort, son axe sont en acier. L’extracteur est monté sur le coté droit de la culasse.

L’extracteur est obtenu dans une tôle de 2,5 mm d’épaisseur. Attendu que la douille entre entièrement dans la chambre, la face arrière du canon doit avoir un usinage destiné au logement de l’extracteur.

Le ressort d’extracteur a un diamètre de 3,1 mm pour une longueur de 6,5 mm.

L’axe d’extracteur a deux diamètre, il est évasé. La partie inférieur a un diamètre de : 1,6 mm. La partie haute a un diamètre de 2,3 mm.

La hausse est en acier. Elle est montée par queue d’aronde sur le corps de la culasse. La largeur du cran de hausse est : 1,6 mm. La hausse dépasse de 2,7 mm du dessus de la culasse.

Le principe de détente et de percussion

C’est une des parties les plus intéressante de cette arme…enfin selon moi ! Elle demanderait à elle seule un article à part entière. C’est un dérivé de son petit frère en 6,35 mm, les mêmes principes ont été réutilisés ici.

La détente :

Comme nous l’avons déjà indiqué, la gâchette et la queue de détente ne font qu’une seule et même pièce. La butée avant et la hauteur de la gâchette sont commandées par des usinages sur la carcasse.

Bien que le tireur comprime le ressort de percussion en pressant la queue de détente, le poids du départ n’est pas insurmontable (probablement un peu plus compliqué pour une femme …selon le sujet observé). Le départ devient plus dur lorsque la gâchette atteint le pan incliné qui la forcera à s’abaisser et à libérer le percuteur. Il y a comme une bossette.

La percussion :

Pour qu’un cycle normal se produise, il faut que le percuteur soit sur sa butée arrière (c’est à dire sur le ressort de percussion grâce au ressort de rebondissement).

Le cycle de percussion peut avoir lieu. Le servant presse la queue de détente. La course de la détente se décompose en deux parties.

  • La première : La gâchette longe la portée parallèle au dessus de la carcasse , la gâchette conserve sa hauteur initiale. Cette course initiale existe pour comprimer le ressort de percussion.
  • La seconde : à la fin de première course, la gâchette rencontre un pan incliné vers le bas. Si le tireur continu son action sur la queue de détente, la gâchette s’effacera totalement vers le bas : le percuteur sera libéré.

Le chargeur

Sur le pistolet Le Français en 7,65 mm, le verrou du chargeur est porté par le chargeur lui même. L’encoche du crochet de chargeur se trouve à l’entrée du logement de chargeur.

Le profile du corps de chargeur mesure : 10,7 mm x 27 mm. La capacité du chargeur est : 8 cartouches.

Une large ouverture de 11,7 mm de large et 56 mm de haut traverse les cotés du chargeur.

L’élévateur de cartouche est en acier estampé. il se démonte par le haut ou par les larges ouvertures latérales.

Le ressort a une longueur dépliée de : 167 mm. Le profile extérieur du ressort mesure : 22,3 mm x 7,5 mm. Le diamètre du fil est : 0,9 mm.

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Conclusion

Je pense que le pistolet Le Français est une référence, un des jalons du schéma directeur menant aux pistolets modernes. Cette arme est pour moi un des ancêtres du pistolet Glock pour les raisons expliqués supra (pour son principe de détente et de percussion).

Manufrance est un manufacturier qui a un “truc” particulier. Toutes les armes de ce constructeur ont une conception optimisée et minimaliste mais terriblement efficace. Le nombre de pièce est minoré, les aciers et traitements thermiques sont bons, les finitions sont simples  mais de grande qualité. Ici pas de trace de micro-fusion. Cette arme est faite à l’ancienne, par des machines outils traditionnels : par tournage, fraisage, brochage, ajustage…

Le pistolet Le Français est une arme très bien conçue, il renaitra sous le nom Beretta des décennies après. Il est intéressant de voir que Beretta ne reprendra que le principe de ressort récupérateur porté par la poignée pistolet et le canon basculant. La marque italienne ne reprendra pas le principe de percussion et de détente. Mais ceci est une autre histoire. Le démontage utilisateur est rendu simple par la bonne conception générale.

Le calibre est très courant à cette époque. Il n’est pas étonnant que Manufrance ait cherchée à occuper une part de ce marché lorsque l’on voit le succès des pistolets concurrents (Browning…). Le volume du Le français en 7,65 mm est supérieur à celui du browning 1910 mais a un atout de choc : son principe de percussion. Totalement sécure, il autorise le port de l’arme chambrée sans que le percuteur ne soit armé, sans nécessité de sécurité de percuteur et près à l’emploi.

On parle le plus souvent des produits de Manufrance (en l’occurrence ici des armes) néanmoins, j’espère avoir la chance de pouvoir faire des recherches et rédiger plusieurs articles sur les ingénieurs qui ont conçus les produits de la marque. Quels étaient leurs noms ? Quelle était leur formation ? Combien d’années en moyenne restaient ils chez Manufrance ? Ou allaient t’ils après Manufrance ? De combien d’ingénieurs était formé le bureau d’étude ? Que sont devenus les recherches de ces cerveaux ? Y a t’il dans les cartons d’archive des projets non fabriqués ? Auprès de qui se fournissaient ils les matériaux ? …..

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Le pistolet Walther PP en 7,65 Browning

Le pistolet Walther PP est apparu en 1929. C’est une arme particulière qui est toujours très appréciée. Son design reste très actuel et encore agréable à regarder, même 90 ans après. Beaucoup de questions me viennent à l’esprit lorsque je vois cette arme, notamment : Où se situe t’elle par rapport à ces concurrents actuels ?  La conception est elle dépassée ? Que cache cette esthétique attractive ? Son successeur sera le pistolet P38, ont ils des points communs ? …

Si vous êtes un habitué de la maison, en l’occurrence du site gunsmithdesigner.com, vous devez savoir que la partie historique ne m’intéresse pas. Je me concentrerai alors sur la partie technique. 

Caractéristiques de l’arme :

  • Longueur de l’arme : 195 mm ;
  • Hauteur de l’arme : 110 mm ;
  • Épaisseur de l’arme : 30 mm ;
  • Le poids de l’arme : 675 grammes ;
  • Le calibre : 32 acp ;
  • Rayure du canon : 6 ;
  • Pas des rayures : 1 tour sur 250 mm (selon les normes CIP) ;
  • Longueur du canon (entrée de chambre à la bouche) : 98 mm ;
  • Capacité du chargeur : 8 coups .

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La carcasse assemblée

La carcasse assemblée seule pèse 405 grammes. Elle regroupe 33 pièces.

Les éléments de la carcasse

La carcasse nue est en acier. Le bloc capable de cette pièce est : 16 mm x 100 mm x 144 mm. Le poids de la pièce nue est : 239 grammes (avec la gâchette et ses axes).

Je n’ai pas trouvé de trace de test de dureté du matériau sur cette pièce.

L’angle de la poignée pistolet est très agréable, il est plus prononcé à l’arrière comme on peut le voir sur les photos car une légère extension  est présente en bas de poignée.

Les usinages sont fins, la pièce est très bien réalisée.

Le profil du logement du chargeur a les dimensions suivantes : 27,4 mm x 11,35 mm.

Le canon et sa goupille sont en acier. Le canon mesure 97,5 mm de long, il est maintenu par une goupille dans un logement cylindrique sur la carcasse.

Le diamètre du canon au niveau de la frette de la carcasse est de : 13 mm. La longueur prévue à cet effet est de : 24,5 mm.

Le canon n’est pas arrêté seulement par la goupille. Il y a aussi une butée sur le canon qui est représenté par un épaulement. Il est à noter que l’épaulement arrière (soit la partie la plus large du canon) ne sert pas au maintien du canon sur la carcasse car elle entre librement dans la carcasse. Cette dernière partie cylindrique a un diamètre de : 13,9 mm.

Le canon est une succession de 3 épaulements : le premier a un diamètre de 13,9 mm pour une longueur de 4 mm, le second a un diamètre de 13 mm pour un longueur de 24,5 mm, le troisième a un diamètre de 11,45 mm pour une longueur de 69 mm.

Le diamètre extérieur est 11,45 mm. Sachant que le diamètre en bas des rayures est de 7,82 mm, les parois du canon ont donc une épaisseur de : 1,815 mm environ.

Le bourrelet de la cartouche dépasse de la chambre. La face arrière du canon est la surface d’appui de la cartouche.

Une encoche est aménagée sur la face arrière du canon, elle est le logement de l’extracteur.

Le pontet est en acier. Il porte les traces d’un test de dureté du métal (sur sa face gauche, en haut). Il pivote autour d’un axe épaulé. Il sert de butée arrière à la culasse, il est la clé de démontage de l’arme.

Cette pièce est obtenue dans une “tôle” de 7,85 mm.

L’éjecteur / arrêtoir de culasse et son ressort sont en acier. Il porte les traces d’un test de dureté du matériau (sur sa face droite).

En fin de chargeur, la pièce pivote autour de son axe et maintien la culasse en arrière.

L’arrêtoir de chargeur est en acier. Il est placé sur le coté gauche de l’arme. Il porte la trace d’un test de dureté (sur la face coté chargeur).

L’arrêtoir de chargeur est mu par un ressort évasé de 7 mm de longueur, de 3,5 mm de diamètre externe. Une des extrémités de l’arrêtoir se termine en demi lune, probablement pour limiter ses mouvements (en rotation notamment)

La butée du ressort de percussion est un petit cylindre d’acier sur lequel s’appuie le ressort de marteau. Cette pièce est obtenue dans un cylindre d’acier de 9 mm de diamètre. Cette pièce ne porte pas de test de dureté. Elle est maintenue en place par une goupille en acier de diamètre 3 mm et de longueur 15,25 mm.

Le ressort de percussion est un ressort à boudin. Il mesure 39 mm au repos. Le diamètre externe est de 5,7 mm. Le diamètre de fil est de : 1 mm. Il s’appuie d’un coté sur la butée du ressort de marteau de l’autre sur la bielle de marteau.

La bielle du marteau est en acier. L’ébauche est obtenue par matriçage d’une tôle de 3 mm. Cette dernière est ensuite usinée. Elle ne porte pas de traces de test de dureté.

Le marteau est en acier, il est composé de 4 pièces. Il reprend les formes d’un chien de revolver ce qui apporte la double action à cette arme par l’emploi d’un cran d’armé double action qui est escamotable. Un second cran est utilisé pour la simple action.

La pièce porte une trace de test de dureté du matériau, elle se trouve sur la face droite près de la surface de contacte avec le percuteur.

L’axe du marteau a une tête très large. La raison est qu’il faut combler le trou fait, sur la face gauche, pour le logement du marteau. Le diamètre de l’axe de marteau est de 4 mm. La tête à un diamètre de : 16 mm.

Il ne porte pas de trace de test de dureté.

La queue de détente, son ressort et son axe sont en acier.

La pièce porte une trace de test de dureté de l’acier (sur le dessus, près du ressort).

L’axe de queue de détente est en acier. Il a un diamètre de 3 mm de diamètre pour une longueur de : 16,9 mm. Il y a une petite gorge qui sert à l’arrêt de l’axe. Cet arrêt s’opère par le ressort de queue de détente dont une branche apparait sur le passage de l’axe.

La barrette séparatrice est en acier. Son emplacement se trouve sur le coté droit de l’arme. Elle est attelée à la queue de détente et agit sur la gâchette.

Le ressort de rappel de marteau agit sur cette pièce et la force vers le haut.

Deux traces de tests de dureté sont visibles, l’un sur la face externe, l’autre sur la face interne

La gâchette et ses axes sont en acier. Elle a du servir de modèle à la conception de celle du P38 car les deux pièces sont très semblables.

Les deux petits axes sont sertis sur le corps de la gâchette.

Le poussoir de gâchette et son ressort sont en acier. Cet ensemble de pièces agit sur la gâchette et la force à redescendre vers le bas. Sans ça, la gâchette serait flottante.

Le levier de désarmement est en acier. Il s’agit d’une petite plaquette en acier qui est l’intermédiaire entre le levier de sûreté manuelle porté par la culasse et la gâchette portée par la carcasse. Cette pièce éloigne la gâchette du cran d’armé simple action du marteau lorsque le servant bascule la sûreté manuelle. 

Les plaquettes de crosses sont en plastique noir. La vis de plaquette de crosse est en acier. Un insert en acier est contenu sur la plaquette gauche, c’est dans ce dernier que la vis de plaquettes prend place.

L’intérieur des plaquettes est creusé laissant apparaitre des nervures servant à renforcer et alléger les plaquettes de crosse.

La culasse assemblée

La culasse assemblée regroupe 11 pièces. L’ensemble pèse 225 grammes. 

Les éléments de la culasse

Le corps de la culasse est en acier. Le bloc capable de  la culasse nue est : 29 mm x 22 mm x 156,4 mm. La pièce est finement polie et bronzée d’un noir profond.

Le poids de la pièce nue est : 209 grammes.

Le logement de ressort de poussoir d’extracteur et de levier de sûreté est percé de l’extérieur de la carcasse. Cela a son importance pour les amateurs de détails techniques.

L’encoche en arc de cercle, logement de la barrette séparatrice, se trouve sur le coté droit de la culasse. L’encoche a une profondeur de : 2,7 mm.

Le passage du canon à l’avant de culasse mesure 11,8 mm pour un diamètre de canon de 11,45 mm.

L’indicateur de chargement trouve sa place au dessus du percuteur. Un trou oblong est usiné au dessus du canal de percuteur. L’extrémité de la pièce ressort à l’arrière de la culasse. L’usinage du logement de l’indicateur de chargement nécessite d’ajourer le logement du percuteur.

Le percuteur et son ressort sont en acier. Le percuteur à une longueur de 40,4 mm. La pointe du percuteur a un diamètre de : 2 mm.

Trois tests de dureté du matériau ont laissés des traces à l’arrière. Il est logique de trouver des traces de ce type ici car c’est la partie qui retient le percuteur lorsque la sûreté est engagée.

Une petite flèche est frappée sur une des faces de l’arrière du percuteur. Au remontage, la flèche doit être positionnée vers le bas de la culasse.

Le ressort de percuteur a une longueur de 30 mm. Le diamètre extérieur est : 4,5 mm. Le fil a un diamètre de 0,5 mm.

L’extracteur, son poussoir et son ressort sont en acier. L’extracteur porte une trace de test du matériau (à l’avant, près de la griffe d’extracteur).

Le poussoir de l’extracteur est aussi le verrou de ce dernier. Dit autrement, il empêche l’extracteur de sortir de son logement.

Le ressort d’extracteur a une longueur de 16 mm pour un diamètre externe de : 3 mm.

L’indicateur de chargement et son ressort sont en acier. Au remontage, il faut commencer par engager l’arrière de l’indicateur. L’extension du ressort sert à maintenir l’indicateur vers le bas du trou oblong de la culasse. L’extension du ressort se monte coté canal de percuteur.

Lorsqu’une munition est chambrée, l’indicateur de chargement fait saillie sur la tranche arrière de la culasse, au dessus du marteau. Il dépasse d’environ de 3,5 mm.

Le levier de sûreté et son poussoir sont en acier. Lorsque le tireur abaisse ce levier, il immobilise le percuteur en position arrière et libère le marteau. Cela n’aboutira pas à la percussion de la munition chambrée car le percuteur est immobilisé par le corps de levier de sûreté et le marteau vient frapper le corps de levier de sûreté (et non le percuteur).

Le poussoir de levier de sûreté est mu par le ressort d’extracteur. Un coté du ressort agit sur le poussoir d’extracteur, l’autre sur le poussoir de levier de sûreté.

Le logement du levier de sûreté se trouve sur la face gauche de la culasse, elle est aisément accessible par le pouce d’un tireur droitier.

Le corps de levier de sûreté porte une trace de test de dureté du matériau.

La hausse en acier est une pièce ajoutée sur la culasse. Cette dernière est montée par queue d’aronde. Elle est potentiellement échangeable, ce qui permettrait d’adapter le tir à la vue du tireur.

Le guidon est taillé dans la culasse. Il n’est pas par conséquent non réglable et non démontable. La largeur du guidon est : 1,8 mm. La hauteur du guidon est : 2,4 mm.

Le chargeur

Le chargeur à pile unique contient 8 cartouches. Le corps semble être une tôle pliée et soudée sur la tranche arrière. Les traces de ce procédés ne sont pas flagrantes car la soudure et les finitions sont très fines et bien faites.

La section du corps de chargeur est : 11,1 mm x 27,1 mm. La tôle a une épaisseur de 0,7 mm.

Le logo du constructeur, le modèle d’arme pour lequel est destiné le chargeur et le calibre sont gravés en bas de la face gauche du chargeur.

Il regroupe 5 pièces en acier, il s’agit :

  • Du corps ;
  • Du fond de chargeur ;
  • Du verrou de fond de chargeur ;
  • Du ressort récupérateur ;
  • De l’élévateur.

L’ensemble récupérateur

L’ensemble récupérateur ne regroupe qu’une seule pièce : le ressort récupérateur. Au repos, il mesure 116 mm de long. Le diamètre du fil est : 1 mm. Le ressort est cylindrique sur sa majeure partie. A environ deux tour de la fin d’un coté, le diamètre augmente. La partie la plus évasée correspond à la bouche de l’arme.  Le diamètre extérieur de la base du ressort est : 14,2 mm. Le diamètre extérieur de la partie évasée est de : 15,8 mm.

Le démontage de l’arme

Le démontage “utilisateur” de l’arme se fait après après avoir ôté le chargeur et contrôlé que la chambre soit vide.

Une portion du pontet limite la course de la culasse. En abaissant le pontet (la butée est effacée), la course de la culasse en arrière est alors plus importante de 6 mm .

Donc une fois le pontet abaissé et la culasse en fin de course arrière, il suffit de lever l’arrière de la culasse pour sortir cette dernière de ses rails de guidage.

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Conclusion

Cette arme a pleinement sa place dans le schéma directeur des avancées techniques des pistolets automatiques à culasse non calée à cause de son mécanisme, de sa fiabilité, de sa supériorité technique, de son avant-gardisme, de son mécanisme en simple action.

C’est sous une esthétique un peu austère que le pistolet Walther PP a vu le jour. Par la suite, elle sera remplacé par une esthétique très sympa pour ne pas dire avant-gardiste si l’on regarde ses concurrents. C’est pour cette raison qu’elle est toujours très en vogue et copiée.

L’article sur le pistolet Walther PP démontre que, dès 1929, les concepteurs et fabricants allemands sont en avance. On se rappelera un précédent article gunsmithdesigner.com sur un pistolet de même calibre : le Lepage (lire l’article). Ce dernier est très en deçà du Walther PP alors qu’il provient d’un grand nom de l’armurerie et de la même époque. 

Une majorité des pièces a bénéficié d’un test de dureté des matériaux.

Bien que parfait, le pistolet Walther reste une arme en 7,65 browning. On se rappel, la relative faible puissance de ce calibre (lire l’article). Il sera un test pour son successeur, le Walther P38 reprendra notamment le mécanisme de chien, détente, barrette/séparatrice dans un calibre plus à la page et qui deviendra un standard : le 9 x 19.

On voit à travers ces articles les multiples intérêts donnés par la comparaison d’armes de même type. Des pistolets de même volume et de même calibre existent toujours. Quelles sont les évolutions existantes ou probables pour une arme de ce type ?

  • Une carcasse en matériau composite ou en aluminium faisant gagner un gain de poids, une plus grande rapidité dans la fabrication, pas de départ d’oxydation, pas de traitement de surface ;
  • Un chargeur à grande capacité.

 

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Le mécanisme Pedretti

De nombreux types de mécanisme existent, ils ont un intérêt plus ou moins prononcé et couvrent une plage d’utilisations ou d’utilisateurs plus ou moins variée. Tous méritent que l’on y prête attention…ne serait ce qu’à des fin de formation et d’étude de la diversité.

Je rencontre souvent un mécanisme qui pour moi porte le nom de Pedretti (c’est sous ce nom que je l’ai croisé la première fois). Par la suite, c’est sous d’autres noms.

C’est une arme simple peu chère et très répandue.

Il partage le même segment d’utilisation que les fusils Simplex, Harrington et Richardson, Baikal à un coup.

I Les pièces maîtresses

La bascule

La bascule est en acier. Elle entre dans un bloc capable de : 31,5 mm x 57,5 mm x 157 mm.

Des traces d’usinages et même des bavures (plus ou moins importantes) sont présentes un peu partout. Il serait opportun d’ébavurer les pièces avant remontage.

Le diamètre du canal de percuteur est : 2,6 mm. L’épaisseur de métal de chaque côté du pied de canon mesure (pour chaque coté) : 10,5 mm.

L’emplacement du pied de canon a une largeur de 10 mm.

Quelques soit le calibre (36, 20 , 16, 12) des armes que j’ai eu entre les mains, la bascule est la même.

Bien que très proche, on trouve au moins deux versions de bascule (selon le fabricant). La principale différence est l’emplacement de la goupille de basculage. Les canons de ces deux versions ne sont donc pas interchangeables sans adaptation lourde. J’entends par là le rebouchage du passage de la goupille de basculage sur le canon et reperçage d’un nouveau.

L’axe de basculage à un diamètre de : 10 mm. Il est vissé dans la bascule par un filetage de 9 x 100. Pour démonter le canon, il faut extraire l’axe puis le canon.

Un revêtement de surface est apposé sur la pièce, cela ressemble à un nickelage. Par endroit, l’oxydation prend le dessus sur le traitement de surface.

Le pontet

Le pontet est en acier, c’est une pièce lourde. Le pontet est en place sur la bascule par un axe en acier de 4 mm de diamètre et une encoche en queue d’aronde.

Cet élément est le support de la queue de détente et du marteau. Il est aussi le point d’appui du ressort de marteau.

Le filetage de la vis de crosse se fixe à l’arrière du pontet par un filetage de 6 x 100. La vis traverse toute la crosse. La tête de la vis est accessible sous la plaque de couche.

La frette du canon

La frette du canon est le bloc arrière du canon sur laquelle est soudé le tube du canon.

Ce bloc est en acier. Il est difficile de citer le poids de la frette car selon le calibre le poids change. Les dimensions du bloc capable sont :

Quelque soit le calibre, les dimensions externes de la frette du canon sont les mêmes. Seul l’extracteur change.

II Les fonctions de bases de ce fusil

L’ouverture, le verrouillage

L’ouverture se fait via la clé qui se trouve sur le dessus de la bascule, en la pivotant vers la droite pour l’ouverture. La clé reviendra a sa position d’origine sous l’effet d’un ressort de rappel.

Ce n’est pas la clé qui fait tout le travail d’ouverture. La clé est reliée à une pièce d’acier, le verrou, par une came.

La clé est une pièce de micro-fusion en acier.

La course de la clé est réglable, une vis agit sur la course. Une contre-vis verrouille la vis de réglage. Le déplacement arrière du verrou se fait sur une longueur de : 5 mm .

Le verrou est biseauté à l’avant. C’est ce biseau qui sera au contact avec le pan incliné ,logement du verrou, sur le canon.

Le verrou est un petite plaquette d’acier, ses dimensions sont 35,5 mm x 17 mm x 5 mm.

L’armement du marteau

Depuis qu’il existe des armes à marteau interne (hammerless : sans marteau. Ce qui est impropre car il existe néanmoins un ou plusieurs marteaux. Il faudrait dire : sans marteau apparent), il faut un dispositif pour armer ce ou ces marteaux. C’est ce que nous allons voir ici.

L’armement du marteau ne pouvant se faire de manière manuelle (car il n’est pas accessible par le tireur), il faut un dispositif interne. En l’occurrence ici, l’armement du marteau se fait par le verrou du canon. En effet, lorsque le tireur manipule la clé d’ouverture, une came déplace le verrou d’avant en arrière. C’est lorsque le verrou recul que ce dernier vient au contacte du marteau et le force à pivoter autour de son axe. Passée une certaine course, le marteau reste à l’armé sur la queue de détente.

L’effort utile à l’armement le marteau est transparent pour le tireur car la came du levier de démontage décuple la force à l’ouverture.

La percussion

La percussion est assurée par un marteau qui frappe un percuteur cylindrique.

Le marteau est porté par le pontet, le percuteur est porté par la bascule.

Le cran d’armé du marteau a une hauteur de : 0,9 mm.

Le ressort de marteau agit sur le marteau par une pièce intermédiaire : le poussoir du ressort. Les dimensions du ressort de marteau sont : longueur : 15 mm, diamètre externe : 5 mm, diamètre de fil : 0,5 mm.

Le percuteur est obtenu dans un cylindre d’acier de 6 mm de diamètre. La longueur du percuteur est de 32 mm. Le diamètre de la pointe du percuteur est : 2,5 mm.

La détente

La détente du mécanisme de percussion se fait par la queue de détente uniquement. Donc la détente est directe, c’est à dire qu’il n’y a pas de jeu entre les deux pièces car la queue de détente est en prise directe avec le marteau et reçoit l’effort du ressort de marteau.

Si l’on voulait qu’un léger jeu existe entre la queue de détente et le marteau, il faudrait ajouter une troisième (une gâchette) pièce entre les deux. La pièce intermédiaire serait en prise directe avec le marteau et ainsi le léger jeu pourrait exister entre la queue de détente et la pièce intermédiaire.

La queue de détente est soumise à l’action du doigt du tireur mais aussi à son ressort et son poussoir qui lorsque le tireur relâche son action sur la queue de détente, elle reprend sa place et peut ainsi saisir le cran d’armé du marteau lors du prochain réarmement (si le tireur n’agit pas sur la queue de détente, dans le cas inverse il n’y aura pas d’armement).

La sureté

Le levier de sureté manuelle est un petit poussoir qui se trouve sur le dessus de la bascule, à proximité de la clé. A l’intérieur de la bascule une pièce en U prend le relais du levier externe et vient s’interposer sur le passage de la queue de détente. Selon la position du levier de sureté, le tireur peut ou non actionner la queue de détente.

Une lame ressort marque les deux positions : arme à la sureté, arme prête à faire feu.

L’extraction

L’extraction de la cartouche ou de l’étui tiré se fait par une pièce qui est logée sous la chambre : l’extracteur. Une seconde pièce complète le corps de l’extracteur, il s’agit d’une sorte de clavette. Cette pièce est l’intermédiaire entre la bascule et le corps de l’extracteur.

Lorsque l’on bascule le canon, jusqu’à une certaine course, la clavette de corps d’extracteur entre dans un logement prévu à cet effet sur la bascule et commande la course de l’extracteur en fonction de l’ouverture du canon.

III Une évolution possible

Cette arme est momentanément figée dans des versions à canon lisse. Pour autant, on pourrait envisager des versions à canon rayé adaptées à la résistance de la bascule.

Je pense qu’il pourrait être amusant pour un étudiant en armurerie ou professionnel de concevoir et réaliser un coffret composé d’une base commune (la bascule) et de toute une série de canons lisses (410, 14 mm, 20, 16, 12) et rayés (22 hornet, 222 remington, 30-30, 44-40, 45 long colt…) .

Dans le cadre cité supra, une autre chose me parait intéressante à définir : A quel type de calibre et à combien de cycle résiste une bascule “Pedretti”. Comment savoir ? A mon humble niveau, je ne sais pas comment définir ni même comment circonscrire ce problème mathématiquement. Je serais donc partisan de l’essai grandeur nature, à l’aide d’une bascule témoin et d’une frette “universelle”, sur laquelle, il serait possible de visser des canons de divers calibres. Après chaque série d’un calibre donné, la bascule serait mesurée selon un protocole défini à l’avance pour tenter de déceler des débuts de rupture. Cet examen se ferait également sur le verrou du canon et la frette du canon (notamment au niveau du cran de verrouillage du canon).

Si un étudiant en armurerie ou un professionnel souhaite tenter cette aventure grandeur nature, je serais ravi de collecter les informations et de publier les résultats sur le présent site.

Si des spécialistes en résistance des matériaux savent ou ont des pistes pour calculer la résistance des pièces sans tests physiques, je suis intéressé pour connaitre et la méthode employées et les résultats théoriques. Quel bonheur que de comparer les résultats des uns et des autres, la théorie et la pratique.

Conclusion

C’est une arme rustique, simple, à faible coût qui convient pour ce type de segment d’utilisation. Je ne pense pas qu’elle supporte le même nombre de cartouches qu’un Simplex, Baikal, Harrington et Richardson. Car les bascules de ces trois armes me semblent plus robustes.

Il n’existe pas de fabricant de ce type d’arme en France. Pourquoi aucun industriel ne veut tenter l’aventure ? Peut être ne serait il pas compétitif face à des armes qui viendraient d’Italie ou d’ailleurs (Turquie par exemple).

Toutes les pièces du mécanisme sont en acier usiné sauf la clé d’ouverture qui est une pièce de micro-fusion usinée après moulage.

L’approche d’une arme à travers l’étude de ses fonctionnalités nous permet de voir ce qui est proposer au client pour un prix donné.

A ce jour, l’arme est figée dans des versions à canon lisse. Je serais ravi de suivre et de rédiger un nouvel article sur les travaux d’un étudiant ou d’un professionnel qui réaliserait une version à canon rayé et/ou d’un spécialiste en résistance des matériaux qui par calculs tenterait de quantifier la résistance de ce mécanisme. Quels calibres et combien de cycle peut supporter ce mécanisme ?

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