Le revolver Smith et Wesson Bodyguard en 38 sp + P

J’ai écrit précédemment que les revolvers étaient figés dans le passé, sous une certaine forme. Le fabricant Dan Wesson l’a fait évoluer par l’ajout d’un canon amovible aisément (voir l’article). Bien que le revolver que nous allons étudier possède les fonctions classiques d’une arme de ce type, il bouscule des dogmes par sa conception et réalisation qui sortent de l’ordinaire.

Photo issue du site : genitron.com

Le Smith et Wesson bodyguard que nous détaillerons ici n’est pas en très bon état, son ancien propriétaire l’a maltraité. Ce n’est pas très important, la relique sera suffisante pour éclaircir certains détails techniques. Par la suite, cette arme sera détruite conformément au souhait de l’administration.

Caractéristiques générales

  • L’épaisseur : 34,2 mm ;
  • La hauteur : 121 mm ;
  • La longueur (diagonale canon / crosse) : 196,5 mm ;
  • Longueur du canon : 48,3 mm ;
  • Le calibre : 38 Spécial + P;
  • La capacité : 5 cartouches ;
  • Poids de l’arme : 406 grammes ;
  • Mécanisme : double action.

La carcasse

La carcasse est en aluminium. Le bloc capable de la pièce est : 120 mm x 56 mm x 34 mm. Le poids de la pièce (avec le canon et le guidon) : 102 grammes.

Cette pièce est réalisée par usinages à commande numérique. C’est évident, mais je préfère le signaler tout de même.

Comme on peut le voir, la carcasse de cette arme ne reprend pas les formes “habituelles” des revolvers Smith et Wesson. La carcasse a bénéficié de ce que je nomme une simplification par la division. C’est à dire qu’une seule pièce cède la place à plusieurs éléments qui une fois combinés forment une carcasse.

Avec les pièces du mécanisme montées :

Elle est le support de toutes les fonctions. La carcasse comprend le renfort du canon, dit autrement, la carcasse entoure le canon. Cette conception est rare.

La face arrière de la fenêtre du barillet (en relation avec la face arrière du barillet) est simplifiée, il s’agit d’une surface plane percée par deux trous seulement (un dans l’axe du percuteur (qui est aussi l’axe du canon), le second dans l’axe de rotation du barillet).

Le canon

Le canon est un des points importants ayant déclenché la rédaction de cet article. Traditionnellement, les canons de revolvers sont en acier, ils sont vissés sur la carcasse. Comme on l’a vu ci-dessus, sur le Bodyguard ce n’est pas le cas.

Il semble que le guidon “morde” un peu la génératrice supérieure du canon. Est ce vrai ?

Le canon en acier est entouré par le métal de la carcasse soit de l’aluminium. Ce montage est inhabituel. La question que devrait se poser automatiquement le lecteur est : comment est monté le canon dans son logement ? Est il vissé ? Si c’est le cas, comment est ce possible puisqu’il n’y a pas de carré d’entrainement ? Est il monté à la presse ? Est il collé dans son logement ? Est il goupillé ? autre moyen pas classique ? Passer la carcasse aux rayons X permettrait d’obtenir des informations sur la question sans employer de moyen destructif…mais je n’ai pas accès à ce genre d’outils.

Après extraction, voici les informations relevées. Le canon est vissé sur la carcasse. Il n’est pas collé. Le profil extérieur est étagé.

  • Un premier étage donne un diamètre de 12 mm pour une longueur de 20,8 mm environ ;
  • Le second étage est un filetage de : 13 mm x 36 TPI (soit 0,705 mm) sur une longueur d’environ 14,5 mm ;
  • Le troisième étage est le logement du guidon : 13,2 mm x 10,5 mm ;
  • Le dernier étage est un évasement très court au niveau de la bouche.

Le barillet et son pivot

Un non initié ne trouvera pas de différences entre ce barillet et un autre. Il est certain qu’il parait classique. Cependant, il amène divers commentaires.

La capacité du barillet est : 5 cartouches. Les dimensions : le diamètre : 34,2 mm , la longueur : 41 mm.

Pour démonter le barillet, il faut extraire la goupille avant de pontet et extraire le pontet. Il aurait été plus simple pour l’utilisateur d’avoir une vis qui conditionne la fixation du barillet …mais bon ! l’opération se fait aisément.

Ce qui change sur cette arme et qui est important, c’est l’entrainement de la rotation du barillet. D’ordinaire, une came qui monte et descend (selon la position de la queue de détente) fait tourner le barillet autour de son axe en agissant directement sur l’étoile de barillet/l’éjecteur. Mais ici, la came fait pivoter le verrou de barillet et c’est cette dernière pièce qui fait pivoter le barillet. Il n’y a pas de pièce en plus car de toute façon il serait nécessaire d’avoir un verrou de barillet mais cette pièce reçoit des fonctions nouvelles : elle verrouille le barillet et l’entraine.

Les cinq logements du verrou de barrillet (verrouillage de la rotation) sont usinées entre deux chambres.

L’indexage de l’étoile de barillet/l’éjecteur est une pièce rapportée sur le barrillet.

Le bourrelet des cartouches ressortent du barillet. Il n’y a pas de drageoir.

Le pivot de barrillet est en aluminium. Comme toujours sur un revolver cette pièce est complexe. L’axe de rotation du barillet est un tube de diamètre : 7,5 mm. L’axe de pivot sur la carcasse a un diamètre de 6,2 mm.

Le poussoir de l’éjecteur n’est pas vissé sur l’étoile de barillet/l’éjecteur. C’est une vis qui retient cette dernière en place, sous la compression de son ressort.

Le mécanisme

Le mécanisme n’apporte rien de plus qu’un autre mécanisme de revolver. Les fonctions sont les mèmes. En revanche, la forme et la méthode de réalisation des pièces est propre à ce modèle. Ce mécanisme est très différent de ceux des anciens mécanismes de revolver Smith et Wesson.

Le percuteur est porté par la carcasse. Le diamètre du corps de percuteur est : 5 mm. Le diamètre de la pointe : 1,8 mm. L’extrémité du percuteur est très pointue. Le retrait du percuteur après percussion se fait par le fait que le percuteur est plus petit que son logement. Le marteau reste en appuie sur la tranche arrière de la carcasse après percussion. Le percuteur s’extrait par l’arrière après avoir démonté la sécurité de percuteur.

Le ressort de percuteur est hélicoïdal. Il a un diamètre extérieur de 4 mm. Sa longueur déployée est : 6,5 mm. Le diamètre du fil est : 0,3 mm.

Le bouchon du percuteur est monté à la presse (ou à l’aide d’un gros chasse-goupille) sur la carcasse. On peut l’extraire en le poussant depuis l’intérieur du logement du percuteur.

Le marteau est une pièce de micro-fusion en acier. Il ne possède pas de cran simple action, l’arme est en double action seulement. Il n’a pas de fonction de rebondissement, il reste en appui sur la face arrière de la carcasse. Il est intéressant de constater que l’arrière du  marteau a subit un rétreint après moulage (la surface est légèrement creusé).

Le marteau tourne autour d’un axe qui le lie à la carcasse. L’axe a un diamètre de : 3 mm x 12,2 mm.

La double action est assurée par une petite pièce montée sur le chien  (pièce de couleur noire sur les photos).

La bielle de marteau est en acier, elle est obtenue dans une tôle de 2 mm par emboutissage. La jonction bielle de marteau/marteau n’est pas courante. Cette jonction est haute, bien au dessus de l’axe de rotation du marteau.

Le ressort de marteau est hélicoïdale. Sa longueur déployée est : 45 mm, son diamètre externe : 5,3 mm, le diamètre de fil : 0,9 mm.

La butée du ressort de marteau est un petit cylindre en plastique moulé de 9,6 mm de diamètre. Il prend place dans le bas de la poignée.

La queue de détente est une pièce de micro-fusion en acier. Elle possède une forme unique qui ne peut être obtenue qu’en micro-fusion. La queue de détente pivote autour d’un axe qui ne peut être extrait que par le coté droit de la carcasse.

La commande du verrou de barillet est portée par la queue de détente. C’est également une pièce de micro-fusion. Elle est mue par un ressort hélicoïdale de dimensions : longueur : 9 mm, diamètre extérieur : 2,9 mm, diamètre du fil : 0,2 mm. un petit cylindre en acier le maintien sur la queue de détente.

Une poussoir et un ressort complètent la commande de verrou de barillet.

Le poussoir et le ressort sont utilisés aussi par la came de rotation du barillet.

Le verrou de barillet en rotation est une pièce de micro-fusion en acier. La largeur du verrou est : 2,55 mm. Il est mu par un ressort de faible volume : longueur : 5,5 mm, diamètre externe : 1,7 mm, diamètre de fil : moins de 0,2 mm. L’axe du verrou ne peut s’extraire que du coté droit de la carcasse à l’aide d’une pince. L’axe est identique à celui de la queue de détente, ils sont interchangeables.

Le ressort de queue de détente est hélicoïdale, il ramène la queue de détente en avant après que le tireur ait relâché son effort sur la queue de détente. Les dimensions du ressort sont : longueur : 25,5 mm, diamètre externe : 5 mm, diamètre de fil : 0,6 mm. Le poussoir de ressort de queue de détente est un cylindre en acier. Il me semble qu’il s’agit d’acier inoxydable. La butée arrière du ressort de queue de détente est un petit cylindre.

Le verrou/moteur de la rotation du barillet est un cylindre en acier obtenu par micro-fusion. C’est un élément peu courant sur un revolver. D’ordinaire, le verrou n’assure pas la rotation du barillet.

Le ressort de verrou/moteur de rotation du barillet est placé au centre.

Le levier de manœuvre du verrou de barillet est une came qui transforme un mouvement linéaire en rotation.

La sécurité de percuteur et son ressort ne sont pas communs non plus. Cette pièce se loge dans la carcasse, il immobilise le percuteur en entrant dans l’encoche de ce dernier. C’est l’élévateur de barillet/la came de rotation du barillet qui en arrivant à sa position haute efface la sécurité de percuteur. Il faut pour cela que le tireur appuie sur la queue de détente.

La poignée pistolet et la poignée caoutchouc

Je pensais que cette partie était en aluminium anodisée. Non, il s’agit de matière plastique.

Cette pièce est maintenue sur la carcasse alu par cinq vis Allen de diamètre 3 mm.

Deux inserts acier sont montés de chaque coté de la poignée pour rigidifier l’ensemble. D’autres parties métalliques sont visibles par des trous aménagés dans le plastique.

A quoi ressemble le ou les inserts qui sont noyés dans le plastique de la poignée. Une fois encore, le seul moyen de le savoir est de les sortir de leur support. Ce sujet fera l’objet d’un prochain article.

Sur les armes composées de plusieurs éléments et selon le calibre, il est nécessaire d’aménager une surface qui absorbe la force du recul. Il existe une portée de recul sur le revolver Bodyguard. La face arrière de la carcasse (perpendiculaire à l’axe du canon) vient au contact d’une butée au fond de la poignée pistolet.

Le poussoir de verrou de barillet (verrouillage au basculement) est portée par la poignée pistolet. On peut dire qu’il est ambidextre mais il n’est pas aisé de le manipuler.

Une poignée caoutchouc enlace l’ossature de la poignée pistolet. Elle tient par une goupille mécanindus. La poignée n’amène pas de commentaire particulier si ce n’est qu’elle tombe bien dans la main et que le caoutchouc assure un bon maintien, une bonne adhérence.

Le pontet

Il ne m’est pas possible de vous le présenter car il est en plastique et sur mon exemplaire, il a été cassé. La partie restante est le morceau qui maintient le barillet en place. L’arcade de pontet tient sur la carcasse par une goupille qui ne peut être extraite que par le coté droit de l’arme.

Les éléments de visée

La hausse est fixe, elle est taillée dans l’aluminium de la carcasse.

Le guidon est amovible, il est goupillé sur le renfort de canon (qui fait partie de la carcasse).

Le laser

L’arme est fournie d’origine avec un laser. Il est monté sur le coté droit de la carcasse. Il est maintenu en place par une vis. C’est elle qu’il faut déserrer pour accéder aux deux piles qui alimentent l’appareil.

L’interrupteur (petit bouton gris au dessus du dispositif) propose 3 positions : l’arrêt, un point rouge fixe, un point rouge  intermittent.

Deux vis de réglage, une en dérive, une seconde en hauteur permettent de superposer le point du laser avec le point d’impact.

Conclusion

Le revolver Bodyguard existe depuis de nombreuses années. Il n’a cessé d’évoluer au fil du temps. La présente version est une rupture avec les version précédentes (mod : 49, 649, 638). Le volume de l’arme est proche de celui de ses précurseurs mais la conception et la réalisation est peu commune. Il y a avec le Bodyguard moderne un changement de philosophie.

Il est amusant de voir que cette arme réunie plusieurs principes développés séparément sur le site gunsmithdesigner.com : la simplification par la division,  l’utilisation d’inserts métalliques moulés dans le plastique, l’utilisation omniprésente de la micro-fusion , le mix de matériaux légers…c’était une bonne chose d’en avoir parler précédemment, nous retrouverons ces principes régulièrement sur les armes récentes.

Si le constructeur a fait les choix que nous avons cités, il est probable qu’il soit gagnant sur le délais de fabrication et de manière générale sur les ressources employées. Je pense que cette arme amène une simplicité relative, elle n’est pas si simple qu’il n’y parait.

La technique et l’innovation c’est bien ! mais en pratique, qui utilise encore ce genre d’arme ? Cinq cartouches, c’est peu comparé à la capacité d’un pistolet moderne ? Tout dépend de l’utilisation me direz vous…certes, mais bon !

En utilisant l’ingénierie inverse ou rétro conception nous avons pu approfondir notre connaissance de cet objet. A partir de divers constats, nous pouvons comparer les fabrications d’époques variées et tenter de circonscrire les couts et ressources nécessaires par modèle. Cette technique nous donne à voir aussi les changements culturelles d’une entreprise.

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Le M4 A1 commando airsoft à ressort de Kiddos airsoft

Dernièrement, j’ai rédigé un article sur une Kalashnikov airsoft à ressort. Il me semble évident de présenter aussi son concurrent historique, le M4. Ces deux armes attirent bon nombre d’amateur, en parler peut en intéresser certains.

L’attirance pour ces deux armes provient, je pense, d’une surmédiatisation. Depuis de nombreuses années, on a accès à des vidéos de conflits montrant ces armes en action.

Les caractéristiques de l’arme :

  • La longueur : 850 mm ;
  • Le poids de l’arme : 0,7 kg ;
  • Type de mécanisme : à ressort ;
  • Réarmement : Manuel ;
  • Calibre : 6 mm ;
  • Energie : 0,9 joules max (selon le constructeur) ;
  • La longueur du canon : 180 mm ;
  • Matériaux : plastique ;
  • Contenu de la boite : une arme, un chargeur, une lampe, une poignée, une pochette de billes, deux piles, un tourne vis.

Le tir

Après avoir garni un chargeur et l’avoir introduit dans son logement, j’arme le levier d’armement et le relâche. Après quelques tirs, environ 4 ou 5 ….plus rien. Les billes ne montent plus, elles ne sont pas “chambrées”.

Pour que la comparaison soit efficace, j’ai réutilisé le même pas de tir que pour l’AK 47 à ressort de Cybergun, à savoir : ma terrasse. Les armes airsoft autorise ce genre de tir discret, pourvu que l’on use d’une sécurité minimal. Sans être des jouets, les armes airsoft sont moins dangereuses que les armes à air comprimé.

Toujours est il que notre arme neuve est tombée en rade après 4 à 5 tirs. J’avais installé un carton sur lequel j’avais dessiné une croix en guise de cible, les rares billes tirées ayant atteint la cible n’ont laissées aucunes traces. Il ne m’est pas possible de voir et de quantifier le groupement. Les billes sont projetées avec une énergie moins importante qu’avec l’AK 47.

De quoi est composée l’arme

En démontant l’arme, j’espère pouvoir répondre aux questions suivantes :

  • Est ce que l’on retrouvera des pièces communes à d’autres modèles ?
  • Le mécanisme est il fondamentalement différent de celui de l’AK 47 ?
  • Combien existe t’il de type de mécanisme à ressorts ?

L’arme que nous détaillons ici est composée de plusieurs modules. Il est probable que le fabricant use de cette modularité pour pouvoir proposer divers modèles basés sur un module de base (la carcasse et la boite de culasse). Par exemple : en faisant varier la longueur du canon, le type de crosse, le garde-main.

 

La crosse est en plastique, elle n’est pas réglable.

Un petit verrou en plastique la maintien en place. Pour la désolidariser de la carcasse, il faut effacer le verrou et extraire la crosse par le haut de l’arme. Un cylindre en acier est placé à l’intérieur de la crosse, il apporte du poids, il donne de la consistance à l’arme.

Le support de guidon est moulé avec le canon. Le guidon n’est pas réglable. Ce module inclus aussi le frein de bouche et l’anneau de brettelle. Il s’agit de deux coques en plastique : une pour le coté droit, la seconde pour le coté gauche. Sept vis maintiennent le tout.

Le canon se compose de deux modules clipsable mais le garde main n’est pas clipsé sur le canon. Le garde main est composé de deux coques en plastique, il faut déserrer six vis pour l’extraire. Les quatre rails picatinny  sont directement moulés sur les coques du garde-main.

L’œilleton propose deux positions, une basse et une haute. En basculant la pièce, on peut choisir l’une ou l’autre des positions.

Le carcasse se compose de deux coques en plastique. Pour ouvrir les deux coques de la carcasse, il faut au préalable démonter les deux coques de la poignée (4 vis).

Le levier d’armement est très proche de celui d’origine. Un ressort le ramène à l’avant après l’armement du piston.

Le canon réel n’est pas visible de l’utilisateur. La surprise sur cette arme est que le canon est composé de 3 parties, trois tubes en plastique. Elles sont emboitées les unes dans les autres. Autant le tube du milieu et le dernier s’emboite correctement, autant le premier(“la chambre”) ne tient quasiment pas sur le tube intermédiaire.

Les trois tubes du canon réel sont inclus dans un carter en plastique également.

Le mécanisme de rechargement et de propulsion est extrêmement proche de celui de l’AK 47 sauf qu’il est moins bien réalisé. L’étanchéité est mauvaise.

La compression est très minime. Le joint caoutchouc ne force pas suffisamment dans son logement ce qui fait qu’il y a peu de compression… d’où le faible impacte de la bille.

Le ressort de piston est un ressort hélicoïdal en acier. Les dimensions du ressort sont : longueur : 166 mm, le diamètre externe : 13,5 mm, le diamètre du fil :  1,3 mm.

Le levier de sûreté est fonctionnel mais est difficile à manœuvrer. Au point que je pensais qu’il était inopérant, fixe.

Le mécanisme de détente/gâchette est très basique. Deux pièces interviennent : la détente et la gâchette, tout comme sur l’AK 47.

Le chargeur est composé de deux coques en plastique. A l’intérieur, peu de pièces : un poussoir et le ressort qui donne l’énergie qui fait monter les billes.

Contrairement à celui de l’AK 47, le chargeur n’est pas muni d’une molette qui fait monter les billes dans le tube magasin.

L’arrêtoir de chargeur est un ensemble de trois pièces en plastique qui reprend les aspects des pièces d’origines.

Conclusion

Je suis triste que l’on puisse vendre ce genre d’objet. Alors certes, je ne l’ai pas payé cher… mais ce n’est pas une raison. Je ne l’ai pas acheté sachant qu’il provenait d’un lot de matériel retour au SAV, par exemple (ou du moins on ne me l’a pas dit). La description de l’article ne disait pas non plus : objet décoratif. Un objet neuf doit pouvoir fonctionner plus de 4 ou 5 cycles. 

La fabrication est moins soignée que celle de notre AK 47 à ressort de Cybergun (article rédigé précédemment). J’ai eu moins de plaisir à manipuler cette arme que l’AK 47.

Bien que le mécanisme interne utilise le même principe de fonctionnement, le dispositif d’alimentation et de compression est franchement de moindre qualité. L’étanchéité est quasi inexistante. L’entreprise qui m’a vendu cet objet devrait sélectionner plus correctement les articles qu’elle vend.

J’espère à travers cet article prévenir tout acheteur éventuel de ne pas faire l’acquisition de cet objet et même de se méfier de ce fabricant.  Il n’est d’ailleurs pas évident de prévenir ce genre d’évènement à moins d’essayer l’arme avant achat et/ou de tomber sur un professionnel sérieux.

L’arme se démonte et se remonte facilement sans rien endommager. On pourrait tenter d’utiliser des méthodes proches de celles des armuriers ou des maquettistes pour améliorer des armes de base… pourquoi pas ….mais sur du neuf !!

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Le revolver Dan Wesson en 357 magnum

Que faire pour rajeunir un produit qui existe depuis plus d’un siècle : le revolver. Il y a quelques années, une entreprise a amené des fonctionnalités différentes sur la base d’une conception plutôt classique. Nous étudierons dans le présent article, le revolver Dan Wesson.

Les caractéristiques de l’arme :

  • Longueur de l’arme : 330 mm ;
  • Hauteur de l’arme : 150 mm ;
  • Epaisseur de l’arme : 42 mm ;
  • Poids de l’arme : 1174 grammes ;
  • Calibre : 357 magnum ;
  • Longueur du canon : environ 6 pouces / 152,3 mm.

Le mécanisme

Le mécanisme est classique, il n’amène pas de changement fondamental. Il reprend les fonctionnalités standards d’un revolver moderne mais en utilisant des formes de pièce propre au constructeur.

Le marteau est une pièce massive de micro-fusion en acier. Elle a des formes internes qui sortent de l’ordinaire, un trou en L traverse la pièce de part en part. Je serais tenté de dire que cette absence de matière peut accélérer l’amorce de fissures et la casse du marteau… à voir sur le long terme.

Cette arme est en simple et double action, il y a donc deux crans, un fixe pour la simple action, un escamotable pour la double action. Le cran simple action n’est pas spécialement travaillé.

Le doigt de double action, son ressort, son poussoir servent à la double action. Sans eux l’arme ne fonctionnera qu’en simple action.

La queue de détente est une pièce de micro-fusion en acier. Tout comme le marteau, c’est une pièce massive. On remarquera la surépaisseur en forme de croissant qui sert au calage latérale dans la carcasse. Cette surépaisseur permet, en cas de besoin d’ajustage, de ne retoucher qu’ une surface infime et limite les frottements.

Le ressort de queue de détente est original. Il est porté par le marteau et à un axe dédié sur la carcasse, ce qui n’est pas courant.

Le ressort de marteau est un ressort hélicoïdale. La longueur sans contrainte est : 63,5 mm, le diamètre extérieur est : 6 mm, le diamètre de fil est : 0,8 mm. Il se démonte par le haut de son logement.

Le poussoir de ressort de marteau est une tige en acier. Elle transmet la force du ressort de marteau au marteau. Un logement est prévu en bas de marteau pour recevoir le haut du poussoir de ressort de marteau.

La sécurité de percuteur est, me semble t’il, une tôle emboutie. Comme sur beaucoup de modèle, il est attelée sur la queue de détente. Une petite originalité consiste dans le fait que la sécurité de percuteur porte le ressort d’élévateur de barrillet.

L’élévateur de barrillet est lui aussi attelé sur la queue de détente. Il est forcé d’aller et venir de  haut en bas. C’est ce mouvement qui fait tourné le barrillet. Son ressort le met au contacte de l’étoile de percuteur.

Le ressort d’élévateur de barrillet est un fil travaillé qui se monte sur la sécurité de percuteur. Il agit sur l’élévateur de barrillet.

Le verrou de barrillet est une pièce dont je n’arrive pas à définir le mode de fabrication. Le poussoir et le ressort de verrou de barrillet oblige le verrou à faire saillie et donc à immobiliser le barrillet en rotation. Le logement du poussoir et du ressort est l’axe de pivot de barrillet.

Un dispositif limitant les mouvements du barillet est monté sur la carcasse. Il est composé d’une bille, d’un ressort, d’une vis. La bille pénètre superficiellement dans l’étoile de barrillet et applique une pression qui augmente l’effort à produire lors du basculement du barrillet.

Le percuteur, son ressort, sa goupille sont conservés dans la carcasse et non sur le marteau (qui serait alors un chien).

La carcasse et la plaque de recouvrement

La carcasse et la plaque de recouvrement sont des pièces de micro-fusion en acier. Ces pièces sont les éléments centraux de l’arme à plus d’un titre. Ils le sont comme sur tous les revolvers où toutes les pièces se montent dessus mais aussi car cet ensemble est la partie commune d’une modularité. Le canon est démontable et interchangeable.

Le bloc capable de la carcasse est : 127 mm x 105 mm x 23,7 mm.

Le bloc capable de la plaque de recouvrement est : 12 mm x 55 mm x 90 mm.

La plaque de recouvrement est simplifiée si on la compare à d’autres de ces concurrentes. Cela est dû au fait qu’elle ne porte pas le levier de déverrouillage du barillet. Elle est maintenue sur la carcasse par deux vis Allen.

La poignée

La poignée est en bois. Il s’agit d’une seule pièce de bois. Elle est maintenu sur la carcasse par une vis Allen, l’accès à cette vis se fait par le dessous de la poignée.

Contrairement à bon nombre de revolvers qui ont une ossature plus volumineuse, le tenon sur lequel vient se fixer la poignée bois est de faibles dimensions. Ce qui fait que la modularité évoquée pour le canon est vraie aussi pour la poignée. Dit autrement, en fonction de l’offre en accessoires et de la morphologie du tireur, il serait possible de monter sur une même carcasse une poignée de grand volume ou à l’opposé une poignée compacte.

Le barillet et son pivot

Le barillet est en acier, il a un diamètre de : 37,5 mm et une longueur de : 41,4 mm. Il possède 6 chambres. Le barillet bascule sur le coté gauche de l’arme.

Le bourrelet de la cartouche ne dépasse pas de la face arrière du barrillet.

L’indexation de l’extracteur se fait par une pièce rapportée qui est vissée dans le corps du barrillet et est maintenue en place par une vis de blocage.

Un épaulement dans le logement de l’axe de rotation du barrillet est le logement de l’intercalaire.

Le logement du verrouillage du barrillet se fait dans l’axe des chambres. Dit autrement, l’épaisseur de métal à ce niveau est faible car l’usinage a lieu sur la génératrice extérieure de la chambre.

L’étoile du barrillet ou l’extracteur d’étuis est une pièce de micro-fusion en acier. Elle n’amène pas de développement particulier, son fonctionnement est identique à une autre chez un concurrent, elle a juste des formes qui lui sont propre.

Le ressort d’extracteur et son poussoir sont en acier. Le ressort à un diamètre externe de : 5,7 mm, une longueur de : 46,5 mm et un diamètre de : 0,4 mm. Le poussoir est un petit tube épaulé en acier sur lequel vient s’appuyer le ressort.

Le poussoir d’extracteur est une petite tige en acier. Le tireur appuie dessus pour extraire les cartouches du barrillet. Cette tige est vissée à l’extrémité avant de l’étoile de barrillet.

Le pivot du barrillet est en plusieurs parties. Ce qui est logique d’ailleurs car la pièce serait plus complexe à fabriquer sinon. En fait, le tube/axe de barillet est rapporté sur le pivot. On n’aperçoit pas de traces de soudure, les pièces doivent être montées à la presse.

L’intercalaire de barrillet sert à donner une position longitudinale au barrillet. Dit autrement, il limite le jeu avant/arrière du barrillet dans son logement.

Le verrou du pivot de barillet empêche ce dernier de s’ouvrir sur le coté gauche, il est porté par le pivot lui même. Il est mu par un ressort et est tenu en place par une goupille. Le verrouillage de cette pièce se fait sur la carcasse (sous le filetage du canon).

Un petit fil d’acier en arc de cercle maintien le pivot de barrillet sur la carcasse. On le trouve sous la plaque de recouvrement du mécanisme. C’est dommage car cela veut dire que pour démonter le barrillet, il faudra au préalable démonter la plaque de recouvrement et prendre un certain soin à tout remettre à sa place. La mise en place d’une vis sur coté de la carcasse aurait été plus simple pour l’utilisateur.

Le canon

Le canon est un ensemble de 4 pièces :

  • Le canon ;
  • Le renfort ;
  • L’écrou de serrage;
  • Le guidon et sa goupille.

Le canon est un tube en acier qui est fileté à chaque extrémité. La longueur de ce tube sur la version détaillée ici est : 152,3 mm.

Le filetage coté carcasse mesure 30 mm de long (un léger épaulement existe en bout de canon). L’épaulement à un diamètre de : 13 mm, il s’étend sur 2,5 mm de longueur.

Le filetage coté bouche mesure 12,5 mm de long. C’est sur ce dernier que se visse l’écrou de serrage du canon. Les deux filetages sont identiques : 13,3 mm x 40 filets / pouce soit 0,635 mm.

Entre les deux filetages, le diamètre externe du canon est en retrait. Il a un diamètre externe de 13 mm soit un retrait de 0,3 mm au diamètre, 0,15 mm au rayon.

Le renfort de canon, du moins c’est comme cela que je l’ai nommé, est une pièce massive en acier. Le bloc capable de cette pièce est : 135,3 mm x 19,3 mm x 33 mm. Elle apporte une masse qui équilibre l’arme. La pièce est percée par un trou alésé de 13,5 mm, il est le logement du canon.

Un trou d’indexage sert de logement à une goupille élastique portée par la carcasse. Ce dispositif empêche que le renfort de canon ne tourne et que les éléments de visée ne soient plus alignés.

Un lamage est usiné coté bouche. Il est le logement de l’écrou de serrage. L’usinage mesure : 17,2 mm de diamètre pour une profondeur de : 6 mm.

C’est l’écrou de serrage qui maintien le tout dans un ensemble cohérent. L’écrou à un diamètre externe de 17 mm. A l’avant, une entaille parcoure la pièce en travers. C’est le logement de l’outil de serrage. Le filetage interne ne couvre pas toute la hauteur de la pièce, il existe sur une hauteur de 4 mm alors que la pièce mesure 6,3 mm de haut.

Le guidon lui aussi bénéficie d’une certaine modularité. Ce dernier est démontable par le servant, donc si l’offre existe, l’utilisateur pourra faire varier le guidon selon sa volonté. Pour ce faire, il faut dévisser à l’aide d’une clé Allen une vis en bout de tube renfort, le guidon peut alors être extrait par le haut.

Le montage du canon sur la carcasse

L’arme est fournie avec deux accessoires importants. Le premier est une cale en acier, le second est l’outil de serrage de l’écrou de canon.

Avant montage du canon, il faut s’assurer que les pièces soient propres et légèrement huilées :

  • Visser à la main le canon sur la carcasse. Avant d’arriver en butée sur la face du barillet, placer la cale entre la face arrière du canon et la face avant du barrillet ;
  • Visser sans forcer le canon de manière à venir pincer la cale entre le canon et le barillet ;
  • Visser, sans efforts excessifs, l’écrou de serrage sur le canon avec l’outil dédié (le filetage sera graissé au préalable) ;
  • La notice constructeur préconise de contrôler le canon toutes les 100 cartouches.

Les éléments de visée

Le guidon a été présenté ci-dessus.

La hausse est massive en acier. Elle est maintenue en place sur la carcasse par une goupille. La hausse est réglable en hauteur et en dérive.  Un petit liseret blanc entoure le cran de mire.

Conclusion

C’est la modularité de l’arme qui fait du revolver Dan Wesson une arme peu ordinaire et intéressante. Ce revolver est vendu avec divers canons que l’utilisateur peut changer à souhait.

La modularité est un bien fait … ou pas !!! Le problème est que, laissé la possibilité à un utilisateur de faire des interventions techniques importantes, c’est prendre le risque que le travail soit mal fait. Ainsi lorsque j’ai tiré avec l’arme présentée ici, des éclats arrosaient les cotés. L’espace entre la face arrière du canon et la face avant du barrillet était trop important. Je pense que c’est une arme destinée à des connaisseurs ou à des tireurs soigneux.

Globalement, c’est une arme massive, robuste. On a le sentiment d’avoir quelques chose dans la main.

Le procédé de la micro-fusion est très représenté sur cette arme. Les portées de certaines pièces ont été étudiées, diminuées ce qui limite les ajustements sans avoir trop de jeux non plus. Avec la micro-fusion, il est possible de lancer une production rapidement sans devoir posséder  un parc de machines important. La plus-value est alors dans la main d’œuvre qualifiée qui monte et ajuste l’ensemble des pièces.

Je trouve dommage que d’autres fabricants n’aient pas suivi la même inspiration. J’aurais bien aimé voir un Ruger basé sur le même principe. Il faudrait déterminer quel est le diamètre et le pas du filetage d’un canon d’un Ruger GP100 (par exemple) et tenter d’y appliquer soit directement un canon et renfort de Dan Wesson soit réaliser des pièces (canon, renfort et écrou) en conséquence.  Il faudrait tenté de greffer le procédé sur une version en 44 mag

Je pense qu’il était important de présenter cette arme car elle a apporté quelques nouveautés à un type d’arme qui était un peu figé. Cela me fait dire que même si l’on croit que rien ne va évoluer, il suffit d’attendre qu’un artiste donne vie à sa vision. Donnons donc aux artistes les moyens de nous étonner et de concrétiser leurs talents.

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