Le pistolet Bernardelli baby en calibre 6,35 mm 2/2

Ce second article sur le pistolet Bernardelli baby  est la suite du premier, paru il y a quelques semaines. Les chapitres suivants concerneront la carcasse, la description des étapes successives d’un départ de coup, le chargeur, le tir avec le pistolet Baby et la conclusion. Bonne lecture …

La carcasse

Vue éclatée de l’ensemble des pièces composant la carcasse.

Le sous-ensemble carcasse est composé de 23 pièces :

  • La carcasse ;
  • La plaquette gauche ;
  • La plaquette droite ;
  • Vis de plaquette droite et gauche ;
  • Le ressort du levier de sureté ;
  • Le levier de sureté ;
  • La barrette ;
  • La queue de détente ;
  • La gâchette ;
  • L’axe de gâchette ;
  • La sécurité de chargeur ;
  • L’axe de sécurité de chargeur ;
  • Le levier d’assemblage ;
  • Le ressort et poussoir du levier d’assemblage ;
  • Le verrou de levier d’assemblage ;
  • Le ressort de verrou de levier d’assemblage ;
  • La barrette ;
  • L’axe de verrou de chargeur et de commande de gâchette ;
  • Le verrou de chargeur ;
  • Le levier de rappel de la queue de détente ;
  • Le ressort de verrou de chargeur et de commande de la gâchette .

Démontage armurier de la carcasse

Le démontage « armurier » de la carcasse est agréable à faire car plusieurs opérations ne nécessitent pas d’outillage. Les seuls outils utiles sont un tourne-vis et un chasse-goupille de 1,5 à 2 mm de diamètre. Voici les étapes :

  • Enlever le séparateur ;
  • A l’aide d’un tourne-vis, démonter les plaquettes de crosse droite et gauche (attention à ne pas perdre le ressort de levier de sureté qui se trouve dans la plaquette gauche) ;
  • Enlever le levier de sureté ;
  • Enlever la barrette ;
  • Enlever la queue de détente ;
  • A l’aide d’un chasse-goupille de diamètre 1,5 à 2 mm, extraire la goupille de gâchette. Vous pouvez alors démonter : la gâchette, le levier d’assemblage, le ressort et poussoir de levier d’assemblage, le verrou de levier d’assemblage, le ressort de verrou de levier d’assemblage ;

    Bernardelli Baby 6,35 mm / 25 acp

    Bernardelli Baby 6,35 mm / 25 acp

  • A l’aide du même-chasse goupille, extraire l’axe de sécurité de chargeur et démonter la sécurité de chargeur ;

    Bernardelli Baby 6,35 mm / 25 acp, vue de la sécurité de chargeur en cours de démontage.

  • La dernière action consiste à venir chasser, toujours avec le même chasse-goupille, l’axe de verrou de chargeur.

    Bernardelli Baby 6,35 mm / 25 acp, démontage de l’axe de verrou de chargeur. Présentation des pièces démontées.

A la fin de ces étapes, l’arme est entièrement démontée.

Le mécanisme de détente

Le mécanisme comporte peu de pièces. Bien que de faible dimension, elles sont bien usinées et ajustées.

Certains usinages de la carcasse sont complexes notamment le logement de la queue de détente. L’épaisseur des parois du puit de chargeur sont fines (1,2 et 1,36 mm). Et pourtant les pièces sont terriblement bien finies.

Le fonctionnement de la sécurité de chargeur : cette dernière pivote autour d’un axe et est mu par un petit ressort. Lorsque le chargeur n’est pas présent, la sécurité de chargeur bascule sous l’action de son ressort et empêche le déplacement de la queue de détente. Dans le cas ou le ressort de la sécurité de chargeur serait cassé et/ou il serait difficile d’en retrouver un, il peut être envisagé de supprimer momentanément la sécurité de chargeur de l’arme (le démontage est expliqué dans le précédent chapitre) afin de continuer à l’utiliser le temps de se fournir les éléments manquants. La suppression de cette pièce n’empêche pas l’arme de fonctionner. En revanche,  il ne faut pas oublier qu’une sécurité à été supprimer et donc que cela peut modifier vos habitudes.

Que se passe t’il lorsque le tireur presse la queue de détente, (prenons le cas ou un chargeur est engagé, que le percuteur est armé, que la culasse est fermé, une munition est chambrée) :

  1. Le tireur presse la queue de détente. En pressant la queue de détente, le tireur déplace la barrette en arrière. Les deux pièces sont lièes l’une à l’autre ;
  2. La barrette se trouvant au contacte du levier de rappel de la queue de détente, celui-ci pivote autour de son axe. Le levier de rappel de la queue de détente est mu  par la force du ressort commun au verrou de chargeur ;
  3. Le déplacement du levier de rappel de la queue de détente en arrière libère la gâchette. En effet, cette pièce est un verrou pour la gâchette, elle l’empêche de descendre et donc de libérer le percuteur dans diverses circonstances. Dit autrement :  après une certaine course de queue de détente, la gâchette n’est plus verrouillée ;
  4. Le tireur continu son action sur la queue de détente. L’arrière de la barrette entre en contacte avec la gâchette et force celle-ci à tourner (vers le bas) autour de son axe ;
  5. Passé une certaine course de queue de détente, le percuteur est libéré ;
  6. Le ressort de percuteur se détend ;
  7. Sous l’action du ressort de percuteur, le percuteur est lancé sur l’amorce de la cartouche ;
  8. L’amorce est percutée, la flamme produite met le feu à la poudre ;
  9. Sous l’action des gaz produits par la poudre de la cartouche, les parois de l’étui s’expanse et se colle contre les parois de la chambre, Il y a étanchéité ;
  10. La munition quitte son emplacement dans l’étui de la cartouche. L’ogive sort du canon ;
  11. L’impulsion produite par l’expansion des gaz est canalisée par le canon. Elle agit d’un coté sur le projectile et de l’autre coté sur l’étui de la cartouche et la culasse ;
  12. Une fois l’ogive sortie du canon, la pression interne chute. L’étui se rétracte, il ne colle plus à la chambre ;
  13. L’énergie acquise par la culasse brise l’inertie de cette dernière. La culasse commence à reculer ;
  14. Environ 7 mm après le début d’ouverture, le séparateur s’abaisse et désolidarise la gâchette de l’emprise de la barrette ;
  15. La gâchette libérée reprend sa position haute sous l’action de son ressort ;
  16. Ejection de la douille tirée ;
  17. Poussée par la planchette élévatrice et le ressort de chargeur, la munition suivante du chargeur vient prendre sa place sur les lèvres du chargeur  ;
  18. Le cran d’armé du percuteur dépasse le cran d’armé de la gâchette, il y armement du percuteur ;
  19. Le recule de la culasse est amorti par le ressort récupérateur ;
  20. Le ressort récupérateur se décomprime, la culasse entame sa course en avant ;
  21. Une nouvelle munition est poussée vers la chambre ;
  22. Le percuteur est retenu en arrière par la gâchette ;
  23. En fin de fermeture de culasse, le séparateur reprend sa place sous l’action du levier de rappel de la queue de détente ;
  24. En revenant en avant le levier de rappel de la queue de détente incite la barrette à remonter et donc à revenir au contacte de la gâchette ;
  25. Le tireur relâche la pression sur la queue de détente ;
  26. La barrette reprend sa place ;
  27. L’arme est prête à refaire le même cycle si le tireur presse de nouveau la queue de détente.

Le chargeur

Ce sous-ensemble est composé de 05 pièces :

  • Le corps de chargeur ;
  • Le ressort de planchette élévatrice ;
  • La planchette élévatrice ;
  • Le verrou de fond de chargeur ;
  • Le fond de chargeur .

Le chargeur est une tôle qui a été matricée puis soudée. Il est surprenant de voir que la soudure n’est pas située à l’arrière mais sur la partie latérale gauche. Ceci est peu courant d’autant plus que le chargeur du pistolet Baby comporte des ouvertures latérales. La pièce est parfaitement réalisée et n’a pas souffert des utilisations passées. La soudure est fine et peu visible, elle ne montre pas de signe de faiblesse. L’emplacement des ouvertures latérales ne constituent manifestement pas un problème pour la soudure .

Il existe deux types de chargeur pour cette arme. Une version en 5 coups et une en 8 coups. La dernière version dépasse de l’arme et fait office de prolongateur de poignée. Le rajout apporte un confort supérieur à l’utilisateur mais donne un peu plus de volume à l’arme. On ne peut pas tout avoir.

Peu de personne démonte entièrement et régulièrement le chargeur de leur arme. C’est un tort car ce nettoyage permet de supprimer toute sorte de dépôt, tels que : amas de poussière, peluches de vêtement, résidus de tir, huile … qui peuvent à un moment donné bloquer la planchette élévatrice et rendre inopérante l’alimentation. Quoi de plus inutile qu’un pistolet de défense qui ne marche pas quand on en a besoin. Si vous ne faites pas le démontage et nettoyage vous même, faites le faire par un connaisseur consciencieux voir mieux un professionnel.

Vous trouverez ci dessous le mode opératoire pour le démontage du chargeur :

  • A l’aide d’un outil, pousser le verrou de fond de chargeur à l’intérieur ;

    Insérer un outil

    Insérer l’outil et déverrouiller le fond de chargeur en poussant le verrou de fond de chargeur vers l’intérieur.

  • Pousser vers l’avant du chargeur le fond de chargeur ;

    Le fond de chargeur est déverrouillé.

    Le fond de chargeur est déverrouillé.

  • Retirer complètement le fond de chargeur en prenant soin de retenir le verrou de fond de chargeur ainsi que le ressort de la planchette élévatrice ;

    Le fond de chargeur et son verrou son déverrouillé.

    Le fond de chargeur et son verrou son déverrouillé.

  • Retirer la planchette élévatrice et son ressort ;

    Le chargeur entièrement démonté.

    Le chargeur entièrement démonté.

  • Faire attention au sens de démontage afin de ne pas faire d’erreur lors du remontage.

Sur le modèle à ma disposition, la planchette élévatrice possède des rebords latéraux qui améliore le guidage. La pièce semble être exécutée par matriçage d’une tôle plate.

Le tir au pistolet Bernardelli Baby

Le tir avec cette arme de petite taille est très agréable. Le recul est faible, il équivaut au tir d’une munition de calibre 22 Lr dans une arme similaire. La précision n’a pas été testée par manque de munitions disponibles de plus l’arme n’est pas vraiment destinée au tir de précision.

La pression moyenne d’une cartouche de calibre 6,35 mm est : 1300 bar (source : norme CIP).  La pression d’épreuve : 1690 bar (source : norme CIP). Pour un poids de balle  de : 3,2 grammes,  une vitesse de : 200 mètres par seconde cela nous donne une énergie d’ogive de : 70 joules (catalogue Fiocchi).

Le pouvoir d’arrêt du 6,35 mm n’est pas suffisant pour stopper net les assauts d’un individu décidé. Encore moins si il est sous l’emprise de stupéfiants ou dans un état de délire. L’intérêt de l’arme est son très faible volume mais pas son pouvoir d’arrêt. Par certains côtés, il peut être rassurant d’avoir ce type d’arme de défense en poche (si la réglementation vous le permet)  mais il faut avoir à l’esprit qu’elle ne sera pas forcement suffisante pour vous sortir de mauvaises situations.

Conclusion

Ce ne doit pas être simple d’usiner en série des pièces de petite taille. Le pistolet Baby de V.Bernardelli  est néanmoins très bien réalisé. Aucunes traces d’usinages ne sont visibles. Les choix industriels sont audacieux mais maitrisés. L’esthétique est très agréable. L’arme est bien proportionnée et bien équilibrée.

Il serait très intéressant de comparer le poids des culasses, la force du ressort récupérateur des versions en 22 short et 6,35 mm pour mettre en relation ces données avec la pression moyenne et le poids de balle des deux calibres cités. Ceci permettrait de déterminer un poids de culasse type, une longueur de canon type, une force de ressort récupérateur type pour un calibre donné et alors de nouveau les comparer avec les données d’autres fabricants. Si vous possédez ces informations, elles m’intéressent.

La réalisation d’un « torture test » et l’analyse des résultats apportent de nombreuses informations sur la conception et la durée de vie d’une arme. Alors que ce dernier n’est pas prévu pour un tir intensif, quel serait le comportement du pistolet Baby lors d’un torture test ? Après combien de munitions tirées arriverait le premier bris de pièce ? Quelles seraient les premières pièces casées ? Est ce que ce sont les même pièces qui cassent au même moment ? Comment y remédier ? A ce jour, j’ignore si la firme Bernardelli a réalisée ce genre de test pour cette arme. Ce serait intéressant d’avoir accès aux résultats d’un de ces tests.

Les choix des concepteurs, les validateurs de ces choix sont d’une grande importance. De bon choix techniques vont permettre à l’arme de devenir une icône de sa catégorie et de traverser les années pour devenir un objet indémodable. La conception, la réalisation, la promotion, la commercialisation sont des étapes profondément liées qui, si elles sont réussies, vont ancrer une arme dans les pensées. On retrouvera cette arme bien des années après sa fabrication toujours en état de marche (car bien conçue), toujours agréable à regarder ou à utiliser. Le temps lui donnera une patine charmante et une plus grande valeur. Je pense que le pistolet Baby en fait parti.

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2 réponses à Le pistolet Bernardelli baby en calibre 6,35 mm 2/2

  1. stephane dit :

    Bonjour,
    j’en possède un avec autorisation de port.

    Acheté d’occasion (antécédents inconnus), la première pièce à avoir laché a été le ressort de verrou de chargeur.
    Sinon, plusieurs boites de munitions tirées avec.

    Si l’auteur de l’article veut me contacter pour échanger sur cette arme, se serait avec plaisir.

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