Le revolver Colt Python en 357 magnum

Il est impossible d’ébaucher un panorama, une cartographie des revolvers sans évoquer une icône de ce type d’arme : le revolver Colt Python en 357 magnum.

Ce revolver, dont la première version est apparu en 1955, est lui aussi le fruit d’une longue évolution culturelle et industrielle qui débute avec le modèle 1889. Ce dernier est le premier revolver moderne de la marque (tout dépend où l’on place le curseur de la modernité). Le modèle 1889 a été un cap pour le fabricant au même titre que l’ont été les modèles Paterson et 1873.

Colt et Smith et Wesson sont les deux fabricants emblématiques de revolvers. Ces deux manufacturiers ont débuté leurs activités industrielles avec ce type d’article et existent toujours à l’heure ou je rédige ces lignes, en 2020. Étudier leurs produits est très important pour cerner l’évolution du revolver en général ou de ces deux fabricants en particulier. Par la suite divers manufacturiers donneront d’autres impulsions : Ruger (avec le GP100), Manurhin (avec le MR 73)…

Les caractéristiques de l’arme :

  • l’épaisseur : 39,3 mm ;
  • la hauteur : 147 mm (avec cette poignée) ;
  • la longueur (diagonale canon / crosse) : 325 mm ;
  • longueur du canon : 151,5 mm ;
  • le calibre : 357 magnum ;
  • la capacité : 6 cartouches ;
  • poids de l’arme : 1240 grammes ;
  • mécanisme : simple et double action.

La carcasse

La carcasse est monobloc en acier. Le bloc capable de la pièce est : 25 mm x 123 mm x 122 mm.

A l’intérieur du logement de mécanisme, deux axes sont rapportés sur la carcasse : l’axe de marteau (diamètre : 4,9 mm) et l’axe de queue de détente (diamètre : 2,98 mm). Ces deux axes sont débouchants, c’est à dire qu’il est possible de les chasser de l’extérieur  (depuis le coté droit de l’arme) pour les remplacer. Les axes sont épaulés, les épaulements servent de butée sur la carcasse. Les diamètres des épaulements sont : 4,58 mm et 2,76 mm.

De fines traces d’usinage sont visibles à l’intérieur de la carcasse. Elles ne gênent en rien le mouvement des pièces internes. Ces traces nous donnent de précieuses informations sur les opérations finales d’usinage de la carcasse.

Le percuteur est maintenu en place par une plaquette en acier qui coulisse dans une rainure de la carcasse. La plaquette s’enlève vers le haut, il faut donc au préalable démonter la hausse.

Sur le coté droit de la carcasse se trouve la vis de maintien du barrillet. Elle est composée de trois pièces : un bouchon fileté, le ressort de poussoir, le poussoir.

L’épaisseur de la poignée sur laquelle vient se fixer les plaquettes : 9 mm. Un gros trou est usiné pour alléger la poignée, 31,8 mm de diamètre. Il existe un pion en bas de poignée pour indexer les plaquettes de crosse. Plusieurs marquages (des lettres ou des chiffres) sont présents en bas de poignée. Je pense qu’ils doivent servir tout au long des étapes d’usinage pour marquer la fin d’une étape et son contrôle.

La plaque de recouvrement est en acier, elle mesure 5 mm d’épaisseur. Elle est maintenue en place sur la carcasse par 2 vis. La carcasse et la plaque de recouvrement sont ajustées ensembles lors du montage. Pour les lier, le numéro de l’arme est frappé à l’intérieur de la plaque de recouvrement.

La butée arrière du barillet est directement usinée sur la face externe de la plaque de recouvrement. Elle représente une excroissance de 2 mm de haut.

Un cheval, logo de la marque, est gravé sur la face visible. La face externe est finement polie et bronzée. La face interne porte de fines traces d’usinage.

Des trous non débouchants sont les logements des axes de queue de détente et de chien.

Le poussoir du verrou de barillet est une pièce en acier de micro-fusion. La face visible est polie. Le poussoir du verrou de barillet est mu par un ressort et un poussoir.

Il est percé d’un trou non débouchant. Ce dernier est le logement du pion de verrou de barillet. Le diamètre de ce logement est : 3,3 mm.

Une petite butée en plastique est montée sous le poussoir de verrou de barillet. Elle évite les frottements sur la plaque de recouvrement par le poussoir de verrou de barillet.

Le verrou de barillet se tire en arrière pour ouvrir le barillet, contrairement au Smith et Wesson, qui sur celui-ci se pousse.

Le canon

Le revolver Colt Python existe en deux calibres : en 357 magnun et en 38 spécial. La version en 357 magnum est proposé avec un canon de 2″ 1/2 à 8″. La version en 38 spécial est proposé en 8″.

Le canon du revolver Colt Python en 357 magnum est monobloc en acier (sauf le guidon qui est rapporté). La longueur du canon est : 151,5 mm. Il y a un renfort sous le canon qui rend l’arme plus lourde, plus virile. Une bande ventilée ajoute à l’esthétique générale de l’arme (l’arme est elle censée chauffer tant que ça ?).

Le canon n’est pas goupillé sur la carcasse, il est simplement vissé. Le diamètre et le pas du filetage : 14 mm x 32 filets/pouce (soit 0,793 mm). La longueur du logement du canon sur la carcasse est de : 19 mm.

Le constructeur n’a pas jugé bon d’ajouter un verrou en bout d’éjecteur. C’est probablement en lien avec le fait que le levier de verrou de barillet se tire en arrière pour ouvrir le barillet et ne se pousse pas. En effet, généralement sur un Smith et Wesson, le fait de pousser le levier de verrou de barillet déverrouille le verrou avant qui est porté par le canon.

Le diamètre latéral externe du canon mesure 19 mm, soit une épaisseur de parois de : 5 mm environ.

Le barillet

Le corps de barillet est en acier. Six cartouches peuvent être chambrées. Le diamètre du corps est : 39,4 mm, la longueur du barillet est : 39,8 mm. La profondeur du logement de l’étoile sur le corps du barillet est : 2 mm. Le diamètre du logement d’étoile est : 25 mm.

Le logement du verrou de barillet en rotation est décentré par rapport à la génératrice du barillet. Il n’est pas dans l’axe des chambres là où l’épaisseur de matière est plus fine.

Une petite pièce cannelée est sertie sur le corps du barillet. Cette pièce indexe l’étoile de barillet/éjecteur sur le corps de barillet.

Il est possible d’extraire simplement la pièce centrale en la chassant de l’intérieur. L’opération a été réalisée pour le besoin de l’article mais il serait étonnant qu’un armurier ait à réaliser cette opération.

L’étoile de barillet/éjecteur est l’assemblage de deux pièces. Un axe et une “étoile”.

La partie centrale de l’étoile porte 6 encoches, ces dernières sont dédiées à la rotation du barillet. Le diamètre de cette partie centrale de l’étoile est : 15,2 mm. La barillet tourne dans le sens horaire.

L’axe est rapporté sur l’étoile, il est vissé. Le diamètre de l’axe mesure : 5,3 mm.

L’étoile de barillet/éjecteur est indexée sur le corps de barillet par deux petits pions (portés par le barillet) et par une rainure sur son axe.

La rallonge d’éjecteur est vissé sur l’étoile de barillet/éjecteur. Le vissage se fait dans le sens horaire (je le précise car parfois, c’est l’inverse).

Le pivot de barillet du revolver Colt Python en 357 magnum est en acier. Le diamètre de l’axe de barillet : 9,1 mm. Le diamètre du pivot de barillet : 8,9 mm. Le numéro de l’arme est frappé à l’intérieur du pivot. Une entaille en V existe sur l’axe de pivot du barillet, elle sert au poussoir de vis de montage/démontage du barillet.

L’intérieur de l’axe de barillet renferme une rondelle, un ressort, un écrou creux (une empreinte de tournevis est visible de l’extérieur).

Ce dispositif interne sert au rappel de l’étoile de barillet/éjecteur.

Le mécanisme

Le percuteur  est un petit cylindre étagé. La pointe du percuteur mesure 2 mm de diamètre.

Le ressort de percuteur est conique, ce qui permet d’avoir un logement plus court.

Le verrou de percuteur est une petite plaquette en acier de 2,35 mm d’épaisseur. Elle s’enlève par le dessus de l’arme. Pour ce faire, il faut au préalable démonter la hausse.

Le chien est en acier. L’épaisseur du corps de la pièce est : 7 mm (sauf la crête, forcément). Il existe un cran double action et un cran simple action. Le chien ne porte pas le percuteur (il est porté par la carcasse). L’armement du marteau est très souple bien plus que sur un Smith et Wesson.

L’élévateur de barillet n’est pas attelé sur le chien mais sur la queue de détente. D’ailleurs rien n’est attelé sur le chien sauf le ressort de chien. Une petite bielle relie le ressort de chien au chien.

Le ressort de chien est un ressort  en  acier. La section de la lame ressort est : 1,1 mm x 6,6 mm. Une petite griffe le lie au chien par la bielle de chien. La tension du ressort de chien n’est pas réglable via une vis de tension.

Le bras auxiliaire de ressort de chien est la pièce sur laquelle la branche inférieure du ressort de chien prend appui. Cette pièce a pour fonctions :

  • de commander le verrou du barillet à la rotation ;
  • de participer au rappel de l’élévateur de barillet et de la queue de détente.

Il est axé sur un cylindre en acier de 3 mm x 10 mm.

Le doigt élévateur de barillet est attelé sur la queue de détente via son axe. Il est libre sur la queue de détente. C’est le bras auxiliaire de ressort de chien qui le maintien en avant via son pan incliné et la pression du ressort de chien.

La queue de détente est en acier. La largeur de la pièce est : 6,7 mm.

Le cran de queue de détente est très fin.

Sur la face droite de la queue de détente, un petit pion sert d’axe pour la sécurité de percuteur. Le pion est monté à demeure sur la queue de détente.

Le verrou de barillet autorise ou non la rotation du barillet. Il est vissé sur la carcasse et est mu par un ressort. C’est le bras auxiliaire de ressort de chien qui commande cette pièce lorsque le tireur appui sur la queue de détente.

La sécurité de percuteur est en acier. C’est cette pièce qui vient s’intercaler entre la carcasse et le marteau dans le cas ou la queue de détente n’est pas pressée par le tireur. Dit autrement, il ne peut y avoir percussion si le tireur ne presse pas la queue de détente.

La sécurité de percuteur est manipulée par la queue de détente. Mais pas directement. Il y a une pièce intermédiaire à la queue de détente et à la sécurité de percuteur qui est axé au niveau de l’axe de marteau.

Le verrou de barrillet au basculage est un petit cylindre en acier. Le diamètre de la partie verrou est : 6,3 mm. Le diamètre du pion d’entrainement : 3mm. Cette pièce est la seule qui empêche le barillet de s’ouvrir, il n’y a pas de verrou avant (sous le canon).

Les éléments de visée

La hausse est en acier. La largeur du cran de hausse est : 3 mm. Elle est réglable en hauteur et en dérive. Le logement de hausse est usiné en haut de carcasse.

Le guidon est en acier. Il est goupillé sur le canon. Deux goupilles l’immobilisent. La largeur du guidon : 3,2 mm.

La crosse

La crosse est en caoutchouc, il s’agit d’une seule pièce. C’est un modèle de chez Pachmayr. Il me semble que cette arme a été vendue avec des plaquettes bois ou ce type de poignée, il peut donc s’agir de la poignée d’origine. Le modèle présenté est plutôt volumineux (ça dépend des morphologies, bien évidemment), mais elle correspond bien à l’arme qui a aussi un certain volume.

Sous la poignée, on peut lire la marque et le modèle. En haut de poignée, à l’intérieur, est inscrit le type de carcasse et la marque sur laquelle se monte cette poignée.

Une seule vis maintient la crosse sur la carcasse.

Conclusion

Le revolver Colt Python en 357 magnum est très bien fini. Le constructeur n’a pas négligé le temps passé pour cette étape même si les effets se font plus voir à l’extérieur qu’à l’intérieur.

Le mécanisme est souple, plus souple que sur un Smith et Wesson, selon moi.

L’esthétique est massive, le sentiment de puissance est bien présent. Le Colt Python en 357 magnum n’est pas une arme qui se dissimule facilement, qui plus est en 6 pouces.

Ce premier article, consacré à un revolver Colt Python en 357 magnum connu de tous, permet de poser la première pierre de la cartographie des revolvers Colt. J’espère au fil des années avoir l’opportunité de compléter ce tableau et ainsi en tirer certaines règles de conception de l’armement léger et de la culture de l’entreprise Colt.

De longue date, Smith et Wesson est un concurrent de Colt. Pouvoir comparer, débattre des arbitrages techniques tout au long de l’histoire de ces deux grandes marques est très instructif. Au fil des articles, il sera possible d’opposer les informations recueillies à celles d’un autre modèle de la même marque ou d’un concurrent. Un des premiers Colt que j’aimerais ajouter à ce tableau est le modèle 1889. Si vous en avez un, n’hésitez pas à me contacter.

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