Ruger MK II, démontage et remontage du canon

Alors que je recherchais des réponses à mes questions sur un forum américain, j’ai découvert une série de messages concernant le voeux émis par un usagé qui, voulant remplacer le canon de son pistolet Ruger MK2, n’arrivait pas à trouver d’informations sur le mode opératoire à appliquer.

Cela m’a donné l’envie de rechercher ces informations et de les mettre à disposition de la communauté. Comme on est jamais mieux servi que par soi même et que l’on ne peut croire que ce que l’on voit, j’ai préféré, au lieu de relayer des informations trouvées sur internet, prendre ces informations à la source, en l’occurrence, au pied de l’établis.

Vue sur un Ruger MK2 dont la canon a été démonté.

Ruger MK2, barrel disassembly démontage du canon

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L’outillage

  • Comme on l’a vu lors d’un précédent article, il n’est pas toujours aisé de trouver le matériel adéquate pour un travail donné. C’est encore le cas pour le pistolet Ruger. Si l’on trouve la filière pour refaire ou nettoyer le filetage du canon, en revanche, je n’ai jamais vu en vente d’interface adaptée à la boite de culasse. Ainsi, j’ai du la créer. Cette interface a la particularité de se positionner à l’avant de la boite de culasse. Elle utilise le méplat du dessous de boite de culasse comme surface d’appui au serrage et au déserrage. Je n’ai pas voulu me servir de l’usinage de la fenêtre d’éjection ni de l’encoche dans laquelle vient se loger l’arrière de la culasse pour ne pas risquer d’endommager la boite de culasse, voire de la vriller. L’interface présentée ici, bien que fonctionnelle, n’est pas parfaite. Il est probable que je rédigerai un article prochainement dédié à la réalisation d’une seconde interface optimisée.

Ruger MK2, l’interface de démontage/remontage

  • Deux clés de serrage dont on va se servir pour fixer l’interface sur la boite de culasse.

  • Une clé dynamométrique pour quantifier l’effort au déserrage. Ici, j’ai utilisé un modèle de la marque Wurth allant de 20 à 100 N/m. La référence est visible ci-dessous.

  • Un point rigide qui permette de maintenir fermement soit la boite de culasse, soit le canon. Une fois encore, j’ai préféré monter l’interface sur la boite de culasse et le canon sur le point fixe. Il serait possible de faire l’inverse. Mon point rigide est une fraiseuse ou plus exactement l’étau de la machine.

L’interface montée sur la boite de culasse, le tout est monté sur le point fixe.

  • Deux mors en V en aluminium pour protéger le canon

Opérations préalables au démontage

Avant démontage, l’endroit ou se visse le canon sur la boite de culasse (le tonnerre) a été chauffé au chalumeau. Cela ayant pour but de détecter si de la colle a été employée par le manufacturier lors du montage du canon. En chauffant cette partie et si les pièces ont été collées entre elles, il se dégage une fumée et une odeur caractéristique.  Ceci donne des informations supplémentaires sur ce que l’on peut trouver. Cela à pour but aussi de “bruler” la colle et de la rendre inopérante.

Le démontage du canon s’est fait à froid.

Montage de l’interface

Ruger MK2, l’interface est montée sur la boite de culasse.

Une fois l’interface montée, il existe un très léger jeu entre le montage et la boite de culasse pour ne pas risquer de contraindre  la boite de culasse vers l’intérieur et d’endommager le filetage du canon.

L”ensemble prêt à être démonté.

Le démontage,

détermination du couple

La détermination du couple au déserrage se fait de manière empirique en testant une valeur basse à la clé dynamométrique et en augmentant la valeur entre chaque test . Cette méthode permet d’avoir :

  • Une estimation du couple au serrage en usine,
  • Une estimation du couple au remontage.

C’est une technique que l’on a déjà vu sur l’article concernant le démontage et remontage d’un canon de Winchester 94.

On pourrait ne pas relever cette valeur et se passer de clé dynamométrique. Cependant se serait dommage de se priver d’informations importantes et peu répandues.

Un film montrant le mode opératoire est disponible ci-dessous.

Pour cette arme, le couple au démontage est de : 65 N/m.

Ruger MK2, le couple au démontage.

Les pièces démontées

Le démontage de ces deux pièces aura permis de prendre les vues suivantes et de relever certaines dimensions.

Le canon :

La boite de culasse :

Les valeurs relevées :

  • La longueur de la partie filetée de la boite de culasse : 17 mm ;
  • Diamètre du filetage sur le canon : 20,6 mm ;
  • Pas du filetage : 20 filets/pouce ;
  • La longueur du canon entrant dans la boite de culasse (sans la rampe d’alimentation)  : 34,9 mm ;
  • La longueur de la rampe d’alimentation : 4,7 mm ;
  • Largeur de la rampe d’alimentation : 4,8 mm ;
  • Diamètre interne de la boite de culasse : 19 mm.

Le remontage,

bon positionnement du canon

Les pièces doivent être propre avant remontage. Il faut s’assurer de l’absence de bavures et/ou de corps étrangers.

La première opération consiste au vissage à la main pour vérifier l’absence de point dur. La photo ci-dessous montre la position du canon par rapport à la boite de culasse en fin de vissage manuel.

Ruger MK2, serrage du canon à la main.

Ensuite, il faut faire correspondre le plat du canon et le plat du dessous de la boite de culasse. On peut s’aider des arrêtes vives ou traces d’usinages de la fenêtre d’éjection pour faire coïncider le canon et la boite de culasse. L’outillage et le mode opératoire est globalement le même que lors du démontage. En revanche, j’ai remarqué que le couple n’est pas le même au remontage. L’effort utile pour remettre le canon à sa place est moindre.

Ruger MK2, le canon est en bonne position.

Dans le cas ou l’on changerait le canon ou la boite de culasse,  c’est à dire que l’on dépareillerait l’association d’origine, il faudra serrer à un certain couple puis ajuster la butée du filetage pour que la rampe d’alimentation et le logement de l’extracteur tombe à la bonne place. Tout dépend du profil du canon.

On peut utiliser du frein filet si l’on renforcer l’effet du couple de serrage.

Le couple au remontage : 50 N/m.

Ruger MK2, le couple au remontage.

Conclusion

Il existe de nombreux modèles de cette arme. Pour s’en convaincre, vous pouvez cliquer sur ce lien :  liste des pistolets Ruger 22 Lr.

Nous avons vu, à travers cet article, une des armes de cette longue lignée. La méthodologie employée ici ne sera peut être pas adaptée à une autre arme de même type. Vous serez par conséquent peut être amené à modifier la méthode. Le site gunsmithdesigner.com décline toute responsabilité en cas de dommage.

L’outillage pourrait être plus minimal si on ne cherchait pas à obtenir des infos techniques. Dans ce dernier, cas, pas besoin de clé dynamométrique, une simple barre plus ou moins longue suffirait.

Le démontage et le remontage d’un canon d’origine est une étape. Le remplacement du canon ou de la boite de culasse en est une autre. En effet, il existe des règles à respecter pour qu’une arme fonctionne correctement et  ne pas risquer divers dommages pour soi ou autrui.

Si vous ne vous sentez pas capable de mener à bien ce genre d’opération technique confier le travail à un professionnel.

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