Le pistolet CANIK TP9 SF

Le pistolet CANIK semble avoir bon nombre de fans et de chroniques favorables. Les reportages sur lui se ressemblent. Que trouve t’on sous sa belle esthétique ?

A quoi ressemble un pistolet CANIK TP9 SF de l’intérieur ?

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Présentation de l’arme

Caractéristiques de l’arme :

  • Calibre : 9 X19 ;
  • Longueur de l’arme : 230 mm ;
  • Hauteur de l’arme (avec chargeur) : 147 mm ;
  • Hauteur de l’arme (sans chargeur) : 138 mm ;
  • Epaisseur de l’arme :  33,5 mm ;
  • Poids de l’arme (avec chargeur vide) : 809 grammes ;
  • Capacité du chargeur : 18 coups ;
  • Matière : plastique, acier ;
  • Arme à culasse calée.
  • Lien vers le site web Canikarms : TP9 SF
  • Lien vers le manuel utilisateur

La carcasse

La carcasse reçoit les sous-ensembles suivants :

  • La queue de détente/barrette ;
  • Le bloc de support de canon ;
  • Le levier de démontage ;
  • L’arrêtoir de culasse ;
  • L’arrêtoir de chargeur ;
  • Le bloc arrière ;
  • Le dos de poignée.

La carcasse nue (dépouillée de tous ces éléments) pèse : 104 grammes. matière : plastique avec 4 inserts de guidage en acier.

A ce jour, il ne m’est pas possible de définir quel type de matière pastique est employé.

C’est une pièce joliment réalisée. Vous pourrez voir sur les prochaines photos, les emplacements des sous-ensembles sur la carcasse.

La queue de détente est en plastique. En son milieu, il y a un petit levier de sûreté. Lorsque le tireur presse la queue de détente, il efface la sureté.  La barrette séparatrice est classique, il s’agit d’une pièce en acier goupillée sur la queue de détente. Le ressort de rappel de queue de détente relie la barrette séparatrice et le bloc de détente à l’arrière de la poignée.

Désolidariser cet ensemble de la carcasse est compliqué. Pour ce faire, il faut extraire le levier de démontage puis le bloc de support de canon.

L’intérieur de la carcasse sans le bloc de détente.

Le bloc support de canon est une pièce en acier. Elle est issue de micro-fusion. Cette pièce commande le verrouillage ou le déverrouillage du canon lorsque l’on manipule la culasse. C’est une partie majeure de l’arme, elle absorbe de nombreux chocs et vibrations. Sur les pistolets Glock, cette pièce se fissure. Il est fort probable qu’il en soit ainsi sur cette arme également. La vitesse de recul de la culasse, l’usure du ressort récupérateur, le chargement des munitions sont directement liés à cet effet.

Le canon en position haute sur le bloc support de canon.

Pour démonter cette pièce, il faut au préalable démonter le levier de démontage. Ce qui n’est pas simple, on le verra plus loin. Le support de canon est maintenu dans son logement par deux goupilles dont une est l’axe de la queue de détente et d’arrêtoir de culasse.

Certaines parois de la pièce me paraissent fines. A combien de tir résisterait t’elle avant de se fissurer. Un torture test pourrait nous donner des indications sur le sujet. Je ne suis pas en mesure de faire ces tests à ce jour.

Pour désolidariser l’ensemble culasse/canon de l’arme, il faut abaisser le levier de démontage. Cela se fait via un petit axe transversal, il maintien le canon. L’effacer c’est libérer le canon, libérer le canon c’est démonter la culasse.

Ce sous-ensemble est particulièrement difficile à extraire de la carcasse. Je pense qu’il aurait pu bénéficier d’une meilleur conception, une goupille d’environ 1,5 mm a du mal à sortir de son logement. A chaque coup de marteau, le ressort de levier de démontage amorti l’effet du marteau.

L’arrêtoir de chargeur est un rectangle en acier. C’est une pièce de micro-fusion. Le ressort de cette pièce est un fil d’acier de bon diamètre. L’arrêtoir de chargeur est ambidextre. Si l’on souhaite échanger le poussoir de côté, il faut retirer le ressort d’arrêtoir de chargeur par le dessus du puit de chargeur pour inverser l’arrêtoir. C’est bien de pouvoir fournir cette fonctionnalité à ces clients mais sur le CANIK TP9 SF, il n’est pas aisé de remettre le ressort en place après changement de côté.

L’arrêtoir de culasse est une tôle d’acier matricée. Bien que complexe, cette pièce est très bien réalisée. L’axe de queue de détente est l’axe de l’arrêtoir de culasse. Son ressort est maintenu en place entre la carcasse plastique et le support de canon. Pour extraire le ressort de son logement, il faut commencer par démonter le bloc support de canon.

Le dos de poignée est en plastique. Il est amovible et échangeable. Il est maintenu en place par une goupille. Selon la morphologie du tireur, il est possible de  faire évoluer le volume de la poignée. Depuis plusieurs années cette fonctionnalité est très courante.

Le puit de chargeur possède deux sur-épaisseurs de chaque coté, droit et gauche, pour diminuer les frottements et limiter les effets de corps étrangers.

Le puit de chargeur.

Le mécanisme de détente

Le bloc de détente est une pièce massive en acier. L’éjecteur est inclus au bloc. C’est une pièce de micro-fusion. Il serait impossible de fabriquer cette pièce par fraisage.  Ce dernier contient :

  • La gâchette et son ressort ;
  • Le levier de gâchette et son ressort ;
  • Le ressort de rappel de queue de détente.

Il est maintenu sur la carcasse par une goupille.

La gâchette est une pièce de micro-fusion. C’est sur cette pièce que vient s’arrêter le percuteur au retour de la culasse.

Le levier de gâchette est une pièce de micro-fusion. Cette pièce empêche la gâchette de s’abaisser. Lorsque le tireur presse la queue de détente, c’est sur cette pièce que la barrette séparateur agit  pour libérer la gâchette.

Le ressort de queue de détente est relié d’un côté au bloc de détente, de l’autre à l’arrière de la barrette séparatrice.

Le canon

Le canon est en acier. Il mesure : 113,6 mm de longueur total. Il a une forme classique pour un canon de pistolet automatique en 9 mm. Il s’agit d’un système Colt sans biellette mais avec utilisation de pans inclinés. La surface de verrouillage semble avoir moins de surface que sur un Glock (notamment en hauteur).

Il entre dans un bloc capable de : 113,6 mm x 15,54 mm x 22,4 mm.

La longueur du bloc rectangulaire est :

Dimension de l’arrière du canon et de la fenêtre d’éjection.

La partie cylindrique a un diamètre extérieur de : 14 mm.

Les normes CIP donne pour ce calibre les dimensions d’âme minimum suivantes :

  • Sommet des rayures : 8,82 mm ;
  • Creux des rayures : 9,02 mm ;
  • Pas des rayures : Selon le constructeur : 1 tour sur 16 pouces  (soit 406 mm), selon les normes CIP : 250 mm ;
  • Nombre de rayures : Il y a 6 rayures sur la gauche.

La rampe d’alimentation est très propre, elle semble chromée. L’âme du canon aussi.

Le verrouillage du canon

La ou les biellettes du verrouillage type Colt ont été remplacées par des pans inclinés. Le principe reste le même. Selon la position du canon par rapport à une surface de référence, il se trouve en position haute (verrouillé) ou basse (déverrouillé). On peut voir sur les photos ci-dessous, la position du canon par rapport à la surface de référence qui est le bloc support de canon.

La culasse

La culasse est une pièce massive en acier très bien usinée. Elle entre dans un bloc capable de 191 mm x 28 mm x 33,8 mm. Son poids nu (avec la hausse et le guidon) : 352 grammes.

Les marquages :

  • Sur le coté droit : TP9SF , CENTURY ARMS INC GEORGIA, VT
  • Sur le coté gauche : CANIK , 9×19

Une peinture couleur sable recouvre cette pièce. Celle-ci ne semble pas très résistante.

La culasse est guidée par les 4 petits inserts de la carcasse (deux de chaque cotés). Le logement des inserts sur la carcasse est de dimensions : la hauteur du logement des inserts sur la culasse est de 1,7 mm de haut et 25,2 mm de large (de bord à bord).

De manière générale, le démontage de la culasse est un régal et permet un démontage rapide avec très peu d’outils. Je n’ai pas tenté de désolidariser les organes de visée.

La course de la culasse (de sa butée avant à sa butée arrière) : 37,5 mm.

La culasse nue

L’indicateur de chargement est une petite pièce qui trouve sa place sur le dessus de la culasse. L’axe de l’indicateur a un diamètre de 2 mm de diamètre. Il s’agit d’une goupille “élastique” (feuille d’acier roulée). En se relevant sous la présence d’une cartouche, elle laisse apparaitre un petit point rouge de chaque coté.

Les éléments de visée sont amovibles, ils sont montés par queue d’aronde. Le guidon mesure 3,8 mm de large.

La tige-guide et son ressort ne font qu’une seule pièce. La tige guide est en acier de bon diamètre, elle a un certain poids.

Le logement de l’extracteur est complexe, j’espère que les photos rendront cette complexité.

L’extracteur est une pièce en acier de micro-fusion. Il a une largeur de 4,92 mm. Une des choses intéressantes sur cette arme est l’axe d’extracteur. En effet, pas besoin de chasser un axe pour démonter l’extracteur et nettoyer son logement. L’axe est en fait un poussoir actionné par un ressort. Pour démonter l’extracteur, il faut enfoncer ce poussoir/axe dans la culasse. L’extracteur peut s’extraire lorsque l’on a enfoncé suffisamment le poussoir.

L’arme est dotée d’une sécurité de percuteur. C’est une pièce de micro-fusion en acier. Elle agit sur l’extrémité avant du percuteur d’où la forme de ce dernier.

Le système de percussion ressemble beaucoup à celui du PA Golck.

Le tube support du percuteur est une pièce en acier. il mesure : 33,6 mm. Son logement a un diamètre de 9 mm. Je pense qu’il s’agit d’une pièce de micro-fusion (ce n’est pas flagrant) car une très légère peau d’orange existe à l’intérieur. Sur le Glock, ce tube est en plastique.

Le percuteur est une pièce de micro-fusion en acier, il a une longueur de 65,4 mm.

Le ressort de percussion a un diamètre de 6,8 mm, une longueur sans charge de : 71,5 mm. Pour un diamètre de fil de 0,7 mm.

Le ressort de rebondissement du percuteur a un diamètre de : 6 mm, une longueur sans charge de : 11 mm, un diamètre de fil de : 0,4 mm. Le Glock n’a pas de ressort de rebondissement. Sur la photo ci-dessous, le ressort est autour du percuteur.

Deux petits demi-cylindre en plastique d’une longueur de 13,6 mm. Maintiennent le tout en place sur le tube support de percuteur. Diamètre ext de 5 mm et int de : 3,7 mm.

La plaque arrière est en plastique avec un insert en acier. Cette pièce se démonte très bien ce qui n’est pas le cas du pistolet Glock.

Le chargeur

Caractéristiques :

  • Dimensions du chargeur :  122,2 mm x 41,5 mm x  28,4 mm ;
  • Dimensions de la section du chargeur : 32 mm x 20,5 mm ;
  • Hauteur du chargeur : 122,2 mm ;
  • La contenance du chargeur : 18 cartouches ;
  • Nombre de pièces : 5 ;

L’arrière du chargeur.

Le chargeur est fabriqué par MEC GAR. Il est très bien fini. Le corps est en acier. La planchette élévatrice est en plastique, le verrou de fond de chargeur et le fond de chargeur sont en plastique. Il se démonte très bien.

Le chargeur démonté.

Conclusion

Sous des apparences modernes et robustes, on découvre un mécanisme de percussion  non pas de Glock mais un dérivé de MAB, Browning 1910 … Il semble difficile de trouver des mécanismes innovants.

Comme on l’a vu ci-dessus de nombreuses pièces sont réalisées par le procédé de la micro-fusion. Il sera intéressant de voir dans le temps comment vieillissent les nombreuses pièces de faible volume produites par ce procédé, notamment le support de canon.

Si le démontage est aisé pour la culasse et ses sous-ensembles, je suis déçu par le démontage du levier de démontage. Cela peut poser des problèmes si l’on souhaite remplacer certains accessoires.

J’espère avoir à travers cet articles vous avoir fourni des éléments peu courants qui complèteront les vidéos trouvées sur Youtube.

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