Le pistolet rolling block Uberti en 22 Lr

Dans le passé, il était possible d’acquérir librement (sur présentation d’une pièce d’identité) des armes de poing en 22 Lr à un coup. Aujourd’hui, ce temps est révolu mais nous verrons ici une arme qui entre (ou entrait) dans cette catégorie : le pistolet rolling block du fabricant italien Uberti.

Cette arme est une copie du pistolet Remington rolling block modèle 1871.

Les caractéristiques de l’arme

  • Longueur de l’arme : 370 mm ;
  • Hauteur de l’arme : 150 mm ;
  • Épaisseur de l’arme : 37 mm (bas de poignée) ;
  • Le poids de l’arme : 1238 grammes ;
  • Le calibre : 22 Lr ;
  • Rayure du canon : 6 ;
  • Pas des rayures : 1 tour sur 254 mm (selon les normes CIP) ;
  • Longueur du canon (entrée de chambre à la bouche) :  240 mm ;
  • Capacité : 1 coups ;
  • Finition : jaspée et bronzée.

La carcasse est en acier. Le bloc capable de la pièce est : 25,6 mm x 178 mm x 60 mm. Elle pèse : 279 grammes. Un très beau jaspage recouvre la carcasse.

Une trace est frappante à l’arrière de la carcasse. Une trace qui ne me semble pas venir d’un usinage classique. Je pense que la queue de carcasse est rapportée sur le corps de la carcasse. Les traces visibles semblent être des traces de soudure.

Une large ouverture est taillée en dessous de la pièce, c’est le logement du pontet, du marteau et du bloc de verrouillage. L’ouverture a une largeur de 15 mm.

L’entre-axe des axes de bloc de verrouillage et de marteau est de 31,5 mm.

Les rares perçages latérales de la carcasse existent pour les vis de pontet, les axes de marteau et de bloc de verrouillage, la vis de plaquette de maintien des axes cités précédemment et la vis de maintien du canon (qui selon moi ne sert pas à grand chose, ce n’est pas cette vis qui empêche le canon de se déserrer).

Le filetage du canon n’est pas très courant. Il s’agit d’un pas trapézoïdal. Je suis surpris que le fabriquant ait choisi ce type de filetage car c’est plus complexe à réaliser. La carcasse est percée puis alésée à : 20,6 mm puis filetée.

Le marteau, son axe, sa bielle sont en acier. Le marteau est une pièce massive, elle pèse : 66 grammes.

La bielle est montée sur le chien. Elle est l’intermédiaire entre le ressort de marteau et le marteau. Elle pivote autour de son axe.

Le corps de marteau possède deux crans : un cran de sécurité  (qui de part sa forme particulière ne peut être relâché par la gâchette pour éviter un départ involontaire même si le ressort de percussion est faiblement bandé) et un cran d’armé. La hauteur du cran d’armé est de : 0,8 mm.

Le marteau participe au verrouillage. En effet , il y a verrouillage lorsque le marteau se déplace en avant pour faire percussion. Tant que le marteau est en position armé, le bloc de verrouillage peut être ouvert.

Je pense que le marteau est compatible avec les autres calibres.

L’axe de marteau en acier est massif, il a un diamètre utile de 10 mm et une largeur de tête de 11 mm.

Le ressort de marteau et sa vis sont en acier. Le filetage de la vis est : 5 x 80.

Il s’agit d’un ressort à lame classique d’une longueur de : 82,8 mm. L’épaisseur du ressort à sa base est de 2,5 mm. La largeur est de 8,5 mm (à la base également).

Le bloc de verrouillage et son axe sont en acier. Là encore, il s’agit d’une pièce massive : 72 grammes.

Le bloc contient le percuteur, sa goupille et son ressort. Le percuteur est excentré car la percussion est annulaire. Il aurait été intéressant de comparer cette pièce avec un bloc à percussion centrale. Il est probable qu’un seul bloc soit compatible pour toutes les munitions à percussion centrale.

Une rainure est usinée en son centre, il s’agit du logement de l’extracteur.

La pièce est traversée par un trou de gros diamètre, il est le logement de l’axe de bloc de verrouillage. Ce dernier est identique à l’axe de marteau, les deux axes sont interchangeables.

Une surface est particulièrement importante. On la voit sur une des photos ci-dessous, c’est la seule surface qui ne possède pas de bronzage. C’est elle qui est au contacte du marteau et qui participe au verrouillage.

Le verrou de percuteur maintien le percuteur en place dans le bloc de verrouillage. Il est en acier. Il est un cylindre de 8,5 mm de diamètre pour une longueur de 12,1 mm. Ce doit être la première fois que je vois une goupille de percuteur aussi grosse…sur une arme de poing. Il s’extrait du bloc de verrouillage de la droite vers la gauche.

Le percuteur est en acier, il est taillé dans un cylindre de 5 mm de diamètre, il a une longueur de 19,9 mm. La pointe du percuteur est un peu aplatie, elle aurait mérité un peu plus d’attention (c’est à dire un bel arrondi et polissage).

Le ressort de percuteur prend position à l’avant de ce dernier et le repousse en arrière pour éviter qu’il ne fasse saillie. Le diamètre externe est : 3,6 mm. Sa longueur dépliée : 6,5 mm. Le diamètre du fil : 0,5 mm.

Le  verrou des axes de marteau et de verrou est une petite plaquette en acier qui vient “chapeauter” la tête des axes cités. Les axes auraient pu être simplement vissés dans la carcasse mais il en a été décidé autrement. Cette pièce se vis sur le coté gauche de la carcasse.

L’extracteur est en acier. Il est taillé dans une tôle de 1,75 mm d’épaisseur. Il prend place au centre du bloc de verrouillage. Il est très bien ajusté, il n’y a pas de jeu entre l’extracteur et son logement.

Le pontet est en laiton. La finition externe a été soignée mais les surfaces internes sont brutes de fonderie.

Il est maintenu en place par trois vis en acier. Les trois vis ont un filetage de 5 x 80.

Le pontet est un sous ensemble qui contient : la queue de détente, la gâchette et un ressort à lame dont une des branches sert à la queue de détente via la gâchette et la seconde branche prend appui sur le bloc de verrouillage.

La gâchette et son axe sont en acier. L’axe a un diamètre de 3,5 mm et une longueur de 15 mm.

On peut voir sur les deux photos ci-dessous la position de la gâchette dans le cran de sécurité et dans le cran d’armé.

Cela donne une position différente au marteau par rapport au cran employé.

La queue de détente et son axe sont en acier. L’axe a un diamètre de 2,5 mm et une longueur de 15 mm.

Le ressort de queue de détente et de bloc de verrouillage est un ressort à lame. Il est obtenu dans une plaquette d’acier de section : 3,7 mm x 1,3 mm.

Le canon en acier est massif. La pièce est obtenue dans un barreau de 24 mm de diamètre et de 240 mm de longueur. Il est vissé sur la carcasse. Le diamètre externe du filetage est : 21,5 mm. La longueur entrant dans la carcasse : 31 mm. L’épaulement avant filetage a un diamètre de : 20, 3 mm.

La présente version est en calibre 22 Lr. Cette arme a été produite en divers calibres, j’ai trouvé un site qui vend des canons d’origine en 22 mag / 22 hornet / 357 mag / 45 long colt. Ce pistolet a t’il été produit dans d’autres calibres ? Si vous le savez, n’hésitez pas à me faire parvenir un message.

On peut prendre le problème à l’envers et se poser la question : à quelles munitions modernes un mécanisme de ce type peut il résister ?

Il n’a pas été très compliqué de dévisser le canon de la carcasse. Cependant, la tâche a demandé un montage très rigide pour que l’effort de la clé soit bien transmis sans perte à la carcasse.

Une petite vis de maintien du canon exerce une certaine pression sur le filetage du canon. Comme il est dit plus haut, ce n’est pas cette vis qui réduit le canon à l’immobilité. C’est en fait le couple de serrage du canon sur la carcasse.

La hausse est en acier. C’est un modèle plutôt courant pour une arme de cette époque. Elle est montée par queue d’aronde aussi.

Le guidon en acier est monté par queue d’aronde sur le canon. On a l’impression qu’il s’agit d’une double queue d’aronde, c’est à dire que le guidon est monté par queue d’aronde sur son support qui est lui même monté de la même façon sur le canon.

La poignée bois est parfaitement réalisée. Les ajustements bois/métal sont très propres.

Pour l’extraire, il faut démonter les trois vis de maintien du pontet et extraire le pontet.

Le garde main et sa vis prennent place sous le canon. Un tenon du garde main entre dans la carcasse, la vis finie de le plaquer sous le canon.

Un insert en acier, monté sous le canon par queue d’aronde, contient le filetage de la vis.

Conclusion

Cette arme ne figure plus au catalogue Uberti. C’est dommage car je pense qu’elle a encore sa place dans une collection ou sur tablette de stand de tir… La raison est probablement le changement de la réglementation qui rend la production moins rentable.

C’est une arme qui sous des aspects simples relève d’une certaine complexité. Paradoxalement, la simplicité est difficile à concevoir. Les formes des pièces ne sont pas si simple que cela.

Les pièces, les finitions sont bien réalisées. Le jaspage est très beau.

C’est en quelques sortes l’équivalent du pistolet Contender ou Encore de l’époque (mais sans l’interchangeabilité du canon, du moins pas dans cette version de rolling block).

En 22 Lr, c’est une arme lourde (par son poids, non par le calibre), le canon est massif et le diamètre d’âme est petit. Le bloc de verrouillage est tout aussi massif proportionnellement au calibre. Le mécanisme doit être le même pour toutes les versions du 22 Lr au 45 long colt.

Cette arme est un clone du Remington modèle 1871. Alors que depuis plusieurs décennies existaient les revolvers, pour quelle raison continuer à produire des armes à un coup ? Probablement pour bénéficier de munitions plus puissantes et d’armes plus rustiques.

Etant donné que ce pistolet existe en plusieurs calibre, personnellement, je ne l’aurais pas choisi en 22 Lr mais plutôt en 45 long colt ou en 357 magnum.

En dehors de l’aspect historique, et vu que le canon est fixe, je pense que ce pistolet aurait pu faire une bonne arme de chasse à l’approche ou à l’affût. Il aurait été intéressant  d’y ajouter une aide à la visée via un rail picatinny sur le dessus du canon et d’aller chasser tout ce qui peut se chasser au 357 mag ou 45 long colt.

Ce mécanisme est intemporel, je pense qu’on le verra encore et encore. Pour ma part, je le verrais bien dans une version moderne avec canons interchangeables (dont un canon silencieux, poignée caoutchouc type Hogue, rail picatinny…aide à la visée, une hausse micrométrique …et tralala !) afin de casser l’aspect historique et qu’il reparte dans nos mémoires pour un siècle de plus. Si un étudiant, un industriel veut se lancer dans l’aventure qu’il me fasse signe, je serais ravi de suivre ce projet.

A quels calibres modernes pourrait résister un mécanisme de ce type fabriqué avec des aciers modernes ?

Je souhaite rendre hommage à travers cet article aux créateurs de ce mécanisme et aux “copieurs”, talentueux industriels italiens, qui ont pris le temps de réinventer cette arme et ses techniques de fabrication pour nous la mettre dans les mains des décennies après la version originale.

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