Le revolver Dan Wesson en 357 magnum

Que faire pour rajeunir un produit qui existe depuis plus d’un siècle : le revolver. Il y a quelques années, une entreprise a amené des fonctionnalités différentes sur la base d’une conception plutôt classique. Nous étudierons dans le présent article, le revolver Dan Wesson.

Les caractéristiques de l’arme :

  • Longueur de l’arme : 330 mm ;
  • Hauteur de l’arme : 150 mm ;
  • Epaisseur de l’arme : 42 mm ;
  • Poids de l’arme : 1174 grammes ;
  • Calibre : 357 magnum ;
  • Longueur du canon : environ 6 pouces / 152,3 mm.

Le mécanisme

Le mécanisme est classique, il n’amène pas de changement fondamental. Il reprend les fonctionnalités standards d’un revolver moderne mais en utilisant des formes de pièce propre au constructeur.

Le marteau est une pièce massive de micro-fusion en acier. Elle a des formes internes qui sortent de l’ordinaire, un trou en L traverse la pièce de part en part. Je serais tenté de dire que cette absence de matière peut accélérer l’amorce de fissures et la casse du marteau… à voir sur le long terme.

Cette arme est en simple et double action, il y a donc deux crans, un fixe pour la simple action, un escamotable pour la double action. Le cran simple action n’est pas spécialement travaillé.

Le doigt de double action, son ressort, son poussoir servent à la double action. Sans eux l’arme ne fonctionnera qu’en simple action.

La queue de détente est une pièce de micro-fusion en acier. Tout comme le marteau, c’est une pièce massive. On remarquera la surépaisseur en forme de croissant qui sert au calage latérale dans la carcasse. Cette surépaisseur permet, en cas de besoin d’ajustage, de ne retoucher qu’ une surface infime et limite les frottements.

Le ressort de queue de détente est original. Il est porté par le marteau et à un axe dédié sur la carcasse, ce qui n’est pas courant.

Le ressort de marteau est un ressort hélicoïdale. La longueur sans contrainte est : 63,5 mm, le diamètre extérieur est : 6 mm, le diamètre de fil est : 0,8 mm. Il se démonte par le haut de son logement.

Le poussoir de ressort de marteau est une tige en acier. Elle transmet la force du ressort de marteau au marteau. Un logement est prévu en bas de marteau pour recevoir le haut du poussoir de ressort de marteau.

La sécurité de percuteur est, me semble t’il, une tôle emboutie. Comme sur beaucoup de modèle, il est attelée sur la queue de détente. Une petite originalité consiste dans le fait que la sécurité de percuteur porte le ressort d’élévateur de barrillet.

L’élévateur de barrillet est lui aussi attelé sur la queue de détente. Il est forcé d’aller et venir de  haut en bas. C’est ce mouvement qui fait tourné le barrillet. Son ressort le met au contacte de l’étoile de percuteur.

Le ressort d’élévateur de barrillet est un fil travaillé qui se monte sur la sécurité de percuteur. Il agit sur l’élévateur de barrillet.

Le verrou de barrillet est une pièce dont je n’arrive pas à définir le mode de fabrication. Le poussoir et le ressort de verrou de barrillet oblige le verrou à faire saillie et donc à immobiliser le barrillet en rotation. Le logement du poussoir et du ressort est l’axe de pivot de barrillet.

Un dispositif limitant les mouvements du barillet est monté sur la carcasse. Il est composé d’une bille, d’un ressort, d’une vis. La bille pénètre superficiellement dans l’étoile de barrillet et applique une pression qui augmente l’effort à produire lors du basculement du barrillet.

Le percuteur, son ressort, sa goupille sont conservés dans la carcasse et non sur le marteau (qui serait alors un chien).

La carcasse et la plaque de recouvrement

La carcasse et la plaque de recouvrement sont des pièces de micro-fusion en acier. Ces pièces sont les éléments centraux de l’arme à plus d’un titre. Ils le sont comme sur tous les revolvers où toutes les pièces se montent dessus mais aussi car cet ensemble est la partie commune d’une modularité. Le canon est démontable et interchangeable.

Le bloc capable de la carcasse est : 127 mm x 105 mm x 23,7 mm.

Le bloc capable de la plaque de recouvrement est : 12 mm x 55 mm x 90 mm.

La plaque de recouvrement est simplifiée si on la compare à d’autres de ces concurrentes. Cela est dû au fait qu’elle ne porte pas le levier de déverrouillage du barillet. Elle est maintenue sur la carcasse par deux vis Allen.

La poignée

La poignée est en bois. Il s’agit d’une seule pièce de bois. Elle est maintenu sur la carcasse par une vis Allen, l’accès à cette vis se fait par le dessous de la poignée.

Contrairement à bon nombre de revolvers qui ont une ossature plus volumineuse, le tenon sur lequel vient se fixer la poignée bois est de faibles dimensions. Ce qui fait que la modularité évoquée pour le canon est vraie aussi pour la poignée. Dit autrement, en fonction de l’offre en accessoires et de la morphologie du tireur, il serait possible de monter sur une même carcasse une poignée de grand volume ou à l’opposé une poignée compacte.

Le barillet et son pivot

Le barillet est en acier, il a un diamètre de : 37,5 mm et une longueur de : 41,4 mm. Il possède 6 chambres. Le barillet bascule sur le coté gauche de l’arme.

Le bourrelet de la cartouche ne dépasse pas de la face arrière du barrillet.

L’indexation de l’extracteur se fait par une pièce rapportée qui est vissée dans le corps du barrillet et est maintenue en place par une vis de blocage.

Un épaulement dans le logement de l’axe de rotation du barrillet est le logement de l’intercalaire.

Le logement du verrouillage du barrillet se fait dans l’axe des chambres. Dit autrement, l’épaisseur de métal à ce niveau est faible car l’usinage a lieu sur la génératrice extérieure de la chambre.

L’étoile du barrillet ou l’extracteur d’étuis est une pièce de micro-fusion en acier. Elle n’amène pas de développement particulier, son fonctionnement est identique à une autre chez un concurrent, elle a juste des formes qui lui sont propre.

Le ressort d’extracteur et son poussoir sont en acier. Le ressort à un diamètre externe de : 5,7 mm, une longueur de : 46,5 mm et un diamètre de : 0,4 mm. Le poussoir est un petit tube épaulé en acier sur lequel vient s’appuyer le ressort.

Le poussoir d’extracteur est une petite tige en acier. Le tireur appuie dessus pour extraire les cartouches du barrillet. Cette tige est vissée à l’extrémité avant de l’étoile de barrillet.

Le pivot du barrillet est en plusieurs parties. Ce qui est logique d’ailleurs car la pièce serait plus complexe à fabriquer sinon. En fait, le tube/axe de barillet est rapporté sur le pivot. On n’aperçoit pas de traces de soudure, les pièces doivent être montées à la presse.

L’intercalaire de barrillet sert à donner une position longitudinale au barrillet. Dit autrement, il limite le jeu avant/arrière du barrillet dans son logement.

Le verrou du pivot de barillet empêche ce dernier de s’ouvrir sur le coté gauche, il est porté par le pivot lui même. Il est mu par un ressort et est tenu en place par une goupille. Le verrouillage de cette pièce se fait sur la carcasse (sous le filetage du canon).

Un petit fil d’acier en arc de cercle maintien le pivot de barrillet sur la carcasse. On le trouve sous la plaque de recouvrement du mécanisme. C’est dommage car cela veut dire que pour démonter le barrillet, il faudra au préalable démonter la plaque de recouvrement et prendre un certain soin à tout remettre à sa place. La mise en place d’une vis sur coté de la carcasse aurait été plus simple pour l’utilisateur.

Le canon

Le canon est un ensemble de 4 pièces :

  • Le canon ;
  • Le renfort ;
  • L’écrou de serrage;
  • Le guidon et sa goupille.

Le canon est un tube en acier qui est fileté à chaque extrémité. La longueur de ce tube sur la version détaillée ici est : 152,3 mm.

Le filetage coté carcasse mesure 30 mm de long (un léger épaulement existe en bout de canon). L’épaulement à un diamètre de : 13 mm, il s’étend sur 2,5 mm de longueur.

Le filetage coté bouche mesure 12,5 mm de long. C’est sur ce dernier que se visse l’écrou de serrage du canon. Les deux filetages sont identiques : 13,3 mm x 40 filets / pouce soit 0,635 mm.

Entre les deux filetages, le diamètre externe du canon est en retrait. Il a un diamètre externe de 13 mm soit un retrait de 0,3 mm au diamètre, 0,15 mm au rayon.

Le renfort de canon, du moins c’est comme cela que je l’ai nommé, est une pièce massive en acier. Le bloc capable de cette pièce est : 135,3 mm x 19,3 mm x 33 mm. Elle apporte une masse qui équilibre l’arme. La pièce est percée par un trou alésé de 13,5 mm, il est le logement du canon.

Un trou d’indexage sert de logement à une goupille élastique portée par la carcasse. Ce dispositif empêche que le renfort de canon ne tourne et que les éléments de visée ne soient plus alignés.

Un lamage est usiné coté bouche. Il est le logement de l’écrou de serrage. L’usinage mesure : 17,2 mm de diamètre pour une profondeur de : 6 mm.

C’est l’écrou de serrage qui maintien le tout dans un ensemble cohérent. L’écrou à un diamètre externe de 17 mm. A l’avant, une entaille parcoure la pièce en travers. C’est le logement de l’outil de serrage. Le filetage interne ne couvre pas toute la hauteur de la pièce, il existe sur une hauteur de 4 mm alors que la pièce mesure 6,3 mm de haut.

Le guidon lui aussi bénéficie d’une certaine modularité. Ce dernier est démontable par le servant, donc si l’offre existe, l’utilisateur pourra faire varier le guidon selon sa volonté. Pour ce faire, il faut dévisser à l’aide d’une clé Allen une vis en bout de tube renfort, le guidon peut alors être extrait par le haut.

Le montage du canon sur la carcasse

L’arme est fournie avec deux accessoires importants. Le premier est une cale en acier, le second est l’outil de serrage de l’écrou de canon.

Avant montage du canon, il faut s’assurer que les pièces soient propres et légèrement huilées :

  • Visser à la main le canon sur la carcasse. Avant d’arriver en butée sur la face du barillet, placer la cale entre la face arrière du canon et la face avant du barrillet ;
  • Visser sans forcer le canon de manière à venir pincer la cale entre le canon et le barillet ;
  • Visser, sans efforts excessifs, l’écrou de serrage sur le canon avec l’outil dédié (le filetage sera graissé au préalable) ;
  • La notice constructeur préconise de contrôler le canon toutes les 100 cartouches.

Les éléments de visée

Le guidon a été présenté ci-dessus.

La hausse est massive en acier. Elle est maintenue en place sur la carcasse par une goupille. La hausse est réglable en hauteur et en dérive.  Un petit liseret blanc entoure le cran de mire.

Conclusion

C’est la modularité de l’arme qui fait du revolver Dan Wesson une arme peu ordinaire et intéressante. Ce revolver est vendu avec divers canons que l’utilisateur peut changer à souhait.

La modularité est un bien fait … ou pas !!! Le problème est que, laissé la possibilité à un utilisateur de faire des interventions techniques importantes, c’est prendre le risque que le travail soit mal fait. Ainsi lorsque j’ai tiré avec l’arme présentée ici, des éclats arrosaient les cotés. L’espace entre la face arrière du canon et la face avant du barrillet était trop important. Je pense que c’est une arme destinée à des connaisseurs ou à des tireurs soigneux.

Globalement, c’est une arme massive, robuste. On a le sentiment d’avoir quelques chose dans la main.

Le procédé de la micro-fusion est très représenté sur cette arme. Les portées de certaines pièces ont été étudiées, diminuées ce qui limite les ajustements sans avoir trop de jeux non plus. Avec la micro-fusion, il est possible de lancer une production rapidement sans devoir posséder  un parc de machines important. La plus-value est alors dans la main d’œuvre qualifiée qui monte et ajuste l’ensemble des pièces.

Je trouve dommage que d’autres fabricants n’aient pas suivi la même inspiration. J’aurais bien aimé voir un Ruger basé sur le même principe. Il faudrait déterminer quel est le diamètre et le pas du filetage d’un canon d’un Ruger GP100 (par exemple) et tenter d’y appliquer soit directement un canon et renfort de Dan Wesson soit réaliser des pièces (canon, renfort et écrou) en conséquence.  Il faudrait tenté de greffer le procédé sur une version en 44 mag

Je pense qu’il était important de présenter cette arme car elle a apporté quelques nouveautés à un type d’arme qui était un peu figé. Cela me fait dire que même si l’on croit que rien ne va évoluer, il suffit d’attendre qu’un artiste donne vie à sa vision. Donnons donc aux artistes les moyens de nous étonner et de concrétiser leurs talents.

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